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Marysole Gagnière : danser pour s'habiter

Contrainte à créer un spectacle solo (faute de... (Photo Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Contrainte à créer un spectacle solo (faute de moyens financiers), Marysole Gagnière a finalement découvert les vertus d'habiter l'espace et de s'habiter soi-même lorsqu'on est seul sur scène. Son essai chorégraphique Ce qui compte explore le thème du décalage entre une culture standardisée et ce qui peut animer profondément chaque être humain.

Photo Imacom, Jocelyn Riendeau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Entre ce qui anime profondément un individu et la vie qu'il mène dans la réalité, il y a souvent un sérieux décalage. Surtout en notre époque de surconsommation. Quand le verbe être demande patience et longueur de temps, il est si facile de se tourner vers le verbe avoir. Quand la définition du bon goût est déjà socialement prédéterminée, la créativité est-elle pleinement libre? Et dans un monde où le paraître est si important, à quoi bon révéler au grand jour ses émotions réelles?

Cette dérogation à nos sentiments profonds, cette cloison entre les standards de la vie occidentale et l'essence des êtres humains, Marysole Gagnière a eu envie de les danser. De les jouer aussi, car elle traîne avec elle un bagage de théâtre et de comédienne. Elle en a fait un solo, Ce qui compte. Et, contre toute attente, elle a goûté, lors du processus de création, à sa propre réflexion.

« Si j'ai fait un solo, c'est d'abord par dépit financier. Créer un spectacle de danse à plusieurs interprètes semble de moins en moins faisable. Mais le solo m'a permis d'approfondir ce que je cherchais, d'aller vers l'essentiel. En solo, on n'a pas le choix d'habiter complètement la scène. C'est très précieux », rapporte la danseuse et chorégraphe établie à Eastman.

Lorsqu'elle a terminé sa maîtrise en création à Montréal, Marysole Gagnière s'est fait dire par sa directrice de thèse que sa force était l'espace. D'où son ardent désir de l'occuper avec plusieurs interprètes.

« J'ai trouvé ça difficile de travailler seule, mais j'ai fini par apprendre, en m'aidant d'une caméra et, vers la fin, en recourant à un regard extérieur. »

L'humain sur scène

Ce qui compte se décline à la fois comme une succession de portraits humains et comme un parcours de A à Z. « Mais je ne suis pas sûre qu'on se rend à Z », précise Marysole Gagnière. « Au début, je pensais à une oeuvre en quatre tableaux, mais je me suis aperçue que ça se suivait très bien », rapporte celle qui en a présenté publiquement un premier extrait lors de l'événement Ici Danse, au printemps de 2014.

« Je me vois comme une éponge. J'absorbe tout ce qui me touche, me dérange, me bouleverse. En ce moment, c'est ce sentiment que nous sommes souvent à côté de nos pompes, parce que notre vie n'est pas conforme avec ce que nous ressentons. Nous cherchons des réponses à l'extérieur (car nous sommes très sollicités par l'extérieur), mais cela finit par créer un vide, un malaise invisible. L'espoir est difficile dans un tel contexte, car on n'atteint jamais ce qu'on espère. »

Elle donne comme exemple le sentiment d'imposture qui l'a habitée lorsque, déménagée en Montérégie pour suivre son conjoint, elle s'est retrouvée dans un milieu plus ouvert au théâtre qu'à la danse et a commencé à jouer des personnages dans les écoles. « Durant toute cette période, je ne me sentais pas vraiment comédienne. »

Établie en Estrie depuis quatre ans, Marysole Gagnière a trouvé une communauté qui lui a permis de réintégrer le milieu de la danse (elle a notamment travaillé avec Liliane Saint-Arnaud, Francine Châteauvert et Catherine Archambault), mais elle n'a pas renié ses années d'actrice. Ce qui compte est d'ailleurs meublé d'éléments de théâtre.

« Le théâtre m'a permis de connecter avec le public, ce dont j'avais grand besoin. J'ai davantage le sentiment de partager. C'est pourquoi je dis que la personne qui est sur scène dans mon spectacle est un être humain avant d'être une danseuse. »

Vous voulez y aller?Ce qui compte

Première partie :

Nos ombres d'Ingrid Vallus

Vendredi 2 octobre, 20 h

Samedi 3 octobre,

15 h et 20 h

Théâtre Léonard-Saint-Laurent

Entrée : 15 $ (étudiants : 12 $)

 

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