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Publier une chronique familiale à 89 ans

Rachel Villeneuve-Lafleur... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Rachel Villeneuve-Lafleur

Imacom, Jocelyn Riendeau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Il y en a qui, à 89 ans, coulent des jours paisibles et les regardent passer. Et d'autres qui publient la chronique de leur famille en 260 pages.

Ce petit exploit, c'est la Sherbrookoise Rachel Villeneuve-Lafleur qui vient de l'accomplir. Elle se surnomme d'ailleurs elle-même le «tsunami».

«Du moins, à côté de mon mari, qui était plutôt un fleuve tranquille. Moi, j'étais celle pour qui tout devait aller vite. Il fallait que ça bouge! Alors que lui, c'était l'homme calme, posé, à l'esprit scientifique... Nous étions des tempéraments complètement différents. Et je me plais à dire que nous avons été jeunes mariés pendant 43 ans.»

Rachel Villeneuve-Lafleur parle au passé, car son mari, Roméo Lafleur, est décédé en juillet 2013. Il a été emporté par un cancer du cerveau à l'âge de 91 ans.

«Un an après sa mort, je pleurais toujours. Jusqu'au jour où je me suis dit : Arrête de pleurer et fais quelque chose!» Et j'ai eu l'idée d'écrire sa biographie.»

Laquelle s'est finalement terminée en chronique familiale des Lafleur. Il faut dire que Rachel Villeneuve-Lafleur est une historienne de formation. Diplômée de l'Université Laval, elle a longtemps travaillé à la formation des maîtres, en histoire et en littérature.

Longue réflexion

Rachel et Roméo ont aussi eu un destin particulier. Tous deux ont fait partie de communautés religieuses, comme enseignants, elle chez les Ursulines, lui chez les Frères des écoles chrétiennes (Roméo a même été missionnaire au Cameroun). Et tous deux ont quitté la vie religieuse à la fin des années 1960.

«Nous nous sommes rencontrés après. Tous les deux, nous avons mené une longue réflexion (quatre ans dans mon cas) avant de décider que notre cheminement religieux était terminé. Ce fut le cas de la plupart des gens qui ont eux aussi quitté la vie religieuse à l'époque. Plusieurs ne voyaient pas ce qu'ils pourraient y faire de plus.»

D'ailleurs, dans les années 1970 et 1980, le couple Villeneuve-Lafleur a longuement milité pour la création d'une loi spéciale, pour que les anciens religieux (surtout ceux qui oeuvraient dans l'enseignement) voient reconnaître leur ancienneté pleine et entière dans le calcul de leur rente de retraite. Avant, le gouvernement ne calculait que les années après la vie religieuse.

Cet épisode est largement documenté dans le livre de Rachel Villeneuve-Lafleur, qui a aussi obtenu l'aide de ses beaux-frères, belles-soeurs, neveux et nièces pour la rédaction et la cueillette des photos. Elle y a aussi investi toute une année de travail, en plus d'une partie de ses économies.

Et aujourd'hui, elle croit que plusieurs aînés pourraient l'imiter. «Le véritable patrimoine du Québec, c'est sa richesse humaine, ce sont les gens du Québec. Toutes les familles ont des trésors photographiques cachés dans des boîtes au fond des armoires!»

Étant donné les coûts, le livre a été tiré à seulement 50 exemplaires. «Mais si on en manque, on va en commander d'autres!»

Vous voulez y aller?

Dimanche 13 septembre, 11h

151, rue de l'Ontario

Entrée gratuite

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