Rencontrer l'autre

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Cet automne, non seulement Guylaine Tremblay reprend le chemin de l'Unité 9 de Lietteville à ICI Radio-Canada, mais elle mène aussi de grandes entrevues sur le Banc public de Télé-Québec.

La Presse, Marco Campanozzi

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) C'était mercredi dernier, au Théâtre Granada. Entre deux entrevues et une séance de photos, l'horaire de Guylaine Tremblay était réglé au quart de tour. « C'est comme ça depuis ce matin, c'est souvent comme ça en septembre, quand la machine repart. »

Et la machine repart en grand, cette année, pour la comédienne. Non seulement elle reprend le chemin de l'Unité 9 de Lietteville à ICI Radio-Canada, mais elle mène aussi de grandes entrevues sur le Banc public de Télé-Québec.

« Je savoure chacun de ces projets, j'apprécie ce qu'ils m'apportent et me font vivre. »

On se doute que la vie carcérale ne fera pas de cadeaux à son personnage cet automne. Le dernier épisode d'Unité 9 s'est terminé avec des catastrophes plurielles et des points d'interrogation grands comme ça le printemps dernier.

« On est presque pas fins d'avoir laissé le public comme ça! dit la comédienne en riant. Je ne peux rien révéler sur ce qui s'en vient, mais disons qu'il y aura bien des surprises. Danielle Trottier, l'auteure du téléroman, est loin d'être essoufflée! Elle arrive toujours à nous étonner. Marie, on pensait qu'elle s'en sortait, qu'elle s'en allait vers plus de lumière, et voilà que tout bascule. Elle retombe encore plus profondément dans sa douleur. C'est comme si elle avait enlevé un diachylon sur une blessure profonde qui n'avait pas eu le temps de guérir. Ça fait encore plus mal. »

Bref, sa Marie n'a pas fini de composer avec les démons de son enfance. Certains ne comprennent pas le silence dans lequel elle s'emmure. Devant ceux-là, Guylaine Tremblay défend son personnage bec et ongles. Comme si c'était sa soeur.

Noeud de chaînes

« C'est une victime. Elle a vécu l'inceste, on lui a imposé le silence, son père l'a mise enceinte alors qu'elle avait 14 ans! Elle a un paquet de noeuds pris en-dedans. L'image qui me vient, c'est celle d'un coffre à bijoux à l'intérieur duquel les chaînes seraient toutes mélangées. On pense qu'on défait un noeud et on s'aperçoit qu'il y en a d'autres et d'autres encore. »

Unique dans le panorama de la télévision québécoise, Unité 9 amène la comédienne sur des sentiers neufs. Dans le jeu comme dans la vie. Elle raconte avec émotion cette fois où, avec toutes les comédiennes, elle s'est rendue à la prison Tanguay pour rencontrer les femmes derrière les barreaux.

« Elles nous ont remerciées de les incarner avec autant d'humanité. On les regardait, on voyait nos personnages. »

À un moment, l'une d'elles a levé la main pour demander à Guylaine Tremblay de chanter De la main gauche. A capella. Elle s'est lancée, sans être certaine de pouvoir se rappeler de tous les couplets. Elle n'a pas eu besoin de fouiller dans sa mémoire : toutes les détenues ont entonné la chanson avec elle. C'était touchant, c'était magique. C'était une rencontre, une vraie. Et la rencontre avec l'autre est un essentiel pour Guylaine Tremblay.

« C'est la plus grande passion de ma vie, les êtres humains. C'est pour ça que je suis devenue comédienne : ça me permet d'approcher différents parcours, de plonger dans divers personnages. »

Toujours à l'écoute

C'est pour ça, aussi, qu'elle a dit oui lorsque France Beaudoin (avec son chapeau de productrice) lui a proposé l'animation de Banc public, tout nouveau rendez-vous d'une heure à « l'autre télé », le mercredi soir.

« Je suis une vraie curieuse, j'aime apprendre. Me retrouver du côté de l'intervieweuse, ça me sort de ma zone de confort, mais j'aime affronter mes craintes, les surmonter. Il reste qu'il y a un lien avec le jeu. Lorsqu'on interprète un rôle, on doit être à l'écoute de l'autre, toujours. Et je pense que ça me sert dans l'animation. Là aussi, il faut être à l'écoute. »

La paternité tardive, la chimiothérapie qu'on refuse parce qu'elle rend plus malade qu'elle ne guérit, les chaînes de dons d'organes, les soins palliatifs à domicile et l'impact des mauvaises nouvelles sur notre moral sont autant de sujets que la comédienne a creusés pour la caméra de Télé-Québec, avec des invités de tous horizons.

« Mes entretiens sont entrecoupés de reportages plus journalistiques. Je pense que les gens vont apprendre des choses. J'espère qu'ils auront, comme moi, envie de pousser plus loin la discussion. J'espère qu'à notre petite échelle, on ouvre la porte à la réflexion sur des faits de société. On n'est pas obligé d'être d'accord avec ce que l'autre dit, mais on peut quand même essayer de le comprendre, d'envisager les choses avec nuance, empathie et tolérance, en s'éloignant des généralités. »

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