La chanson pour se faire entendre

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Un an après avoir remporté la quatrième édition de l'événement Sherbrooklyn, les membres du groupe estrien Édwar 7 ont déménagé leurs pénates à Montréal. Dans le but, avoué, de se rapprocher de l'industrie.

« En habitant la métropole, on peut aller voir des spectacles, être à l'affût de ce qui se passe sur la scène musicale, y faire notre place », disent Julien Thibault et Marcus Quirion.

Le quatuor qu'ils forment depuis deux ans avec Simon Bilodeau et Tania Lapointe-Dupont n'a pas chômé depuis qu'il a gagné le concours musical sherbrookois. La bourse (7500 $) et les prix qu'il a raflés ont fait du chemin. Lundi, le groupe lançait un premier vidéoclip (Quand ton coeur casse) sur YouTube. Et en octobre, il promet la parution d'un deuxième minidisque. Intitulée Est-ce que tu m'entends?, la galette de cinq titres est une prise de parole, elle illustre la voix d'une génération qui cherche à se faire entendre et qui espère qu'on lui tendra l'oreille.

« Le grand thème de ce disque-là, c'est comment on peut se sentir quand on a 20 ans et qu'on essaie de définir son identité en amour, en société, dans n'importe quoi. Parfois ça sort avec fougue, d'autres fois avec rage. »

« Une colère, disons. On fait partie de ceux qui, au printemps 2012, sont sortis dehors et ont tapé sur des casseroles. On s'est fait entendre... mais on ne s'est pas fait comprendre. On a mis des efforts pour améliorer des choses, pour promouvoir des valeurs auxquelles on croyait. Et on n'a pas été pris au sérieux. Ça a laissé une blessure. »

Petites catastrophes

À les entendre causer, on pourrait penser que leurs neuves chansons auront une teinte politique et un ton revendicateur. Que nenni!

« On est très nationalistes, on forme un groupe engagé dans cette perspective où on chante en français et où on défend notre identité culturelle, mais on n'aborde pas de sujets politiques ni environnementaux dans ce qu'on écrit. On traite plutôt des douleurs émotives, de ces petites catastrophes qui nous bouleversent à l'interne. C'est ça, le coeur de nos chansons. »

Les chansons, justement, ont pris un nouvel envol. Fraîchement diplômés de l'École nationale de la chanson de Granby, Julien et Marcus ont l'impression d'avoir maintenant une boîte à outils beaucoup mieux garnie.

« Cette formation a élargi nos horizons, en tant qu'artistes et en tant qu'humains. Le contact avec des professionnels de la chanson était très riche, parfois confrontant aussi. Il y a eu des larmes, des moments de doute, mais à la fin, tout ça nous a aidés à solidifier notre signature. On connaît mieux l'industrie de la musique maintenant. On sait qu'elle ne va pas bien, mais on sait aussi comment on peut s'en sortir en restant intègres. »

Colocs de Coco

Ils se retroussent donc les manches. Au cours des prochains mois, ils iront cogner aux portes des maisons de disque, des distributeurs et des producteurs en même temps qu'ils travailleront sur un nouveau disque. Pas mini, celui-là. Mais toujours rock, ça oui.

« On s'est acheté de l'équipement neuf, on a approfondi notre son. Ça s'entend sur notre prochain EP. Notre rock est un peu plus décapant. Des guitares, une basse, une batterie, c'est encore ça, la base de notre couleur musicale, mais on a rajouté des couches. »

Samedi, pendant la délibération du jury, les quatre vingtenaires remonteront sur la scène du Sherbrooklyn, au Théâtre Granada. Avec bonheur, sans la pression de la concurrence.

« On n'aime pas l'esprit compétitif qui peut régner dans les concours, mais ce sont de belles vitrines. On envisage de déposer notre candidature pour les Francouvertes et le Festival de la chanson de Granby. Sherbrooklyn, ça nous a donné un élan. On est reparti avec un bon montant d'argent, on a pu aller en studio et on a fraternisé avec Coco Méliès, les gagnants de l'édition précédente (ils ont joué le soir de la finale, comme on le fera nous aussi samedi). On a gardé contact, et maintenant, à Montréal, on est colocs de local de répétition! »

Comme quoi, même à Montréal, Sherbrooklyn laisse son empreinte.

Événement Sherbrooklyn

10 et 11 septembre

(demi-finales), 19h30

12 septembre

(grande finale), 19h30

Théâtre Granada

Entrée : 10$

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