Artiste en tous sens

Originaire d'Asbestos, Pierre-Philippe Côté, alias Pilou, est devenu... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Originaire d'Asbestos, Pierre-Philippe Côté, alias Pilou, est devenu une figure incontournable de la musique québécoise, tant comme chanteur que musicien, compositeur ou réalisateur. Mais depuis vendredi, il est possible de découvrir Peter Henry Phillips, l'auteur-compositeur-interprète, qui vient de faire paraître son premier opus, The Origin.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Saint-Adrien-de-Ham) Il aurait pu faire carrière uniquement comme musicien. Ses talents de multi-instrumentiste sont si convoités qu'ils ont été requis par Jorane, Ariane Moffatt, Elisapie Isaac, Tomas Jensen et Navet confit. Mais il aurait pu aussi être réalisateur à temps plein. En font notamment foi le travail accompli sur les rondelles de Moran, Marie-Jo Thério, Sébastien Lacombe, David Giguère et Philippe Brach. Remarquez, sa voix est si unique que chanter pourrait aussi être sa seule occupation, telle sa participation aux deux derniers albums de Champion (Resistance et Degré 1), ou à l'époque où il interprétait chaque semaine la «chanson vinyle» à Belle et bum.

Mais l'Asbestrien Pierre-Philippe Côté, alias Pilou, alias (désormais) Peter Henry Phillips, voulait être auteur-compositeur-interprète depuis le début. Plus qu'un rêve, c'était sa nature profonde. La parution hier de The Origin, son opus 1 comportant une douzaine de chansons en anglais, n'est pas tant un accomplissement qu'une affirmation : celle d'avoir enfin fait passer son désir avant celui des autres.

«Au fil des années, plein de projets artistiques inspirants et excitants se sont présentés, mais ça a retardé mon but d'avoir une carrière solo. Remarque, je n'étais peut-être pas prêt...» concède-t-il.

L'élément déclencheur? «D'avoir acheté ma terre à Saint-Adrien et d'y avoir construit ma maison et mon studio, de composer de plus en plus de musique de film [notamment Le règne de la beauté de Denys Arcand], d'avoir ainsi la liberté de travailler mes projets, à mon compte...»

«Et aussi la trentaine et la paternité, ajoute-t-il. Je me suis dit que c'était maintenant, sinon je me réveillerais à 40 ans en étant passé à côté. Certaines de mes chansons me suivent depuis dix ans, même plus. Il y en a une que j'ai écrite à 17 ans.»

Passé classique

Avec une mère qui a fait son conservatoire et un père chansonnier à Montréal dans les années 1970, tout semblait prédestiner Pierre-Philippe Côté (que sa mère a surnommé Pilou dès la petite enfance) à une carrière musicale.

«La chanson a toujours fait partie de ma vie. En 5e secondaire, j'ai quitté la polyvalente L'Escale d'Asbestos pour aller étudier la contrebasse au Boisé à Victoriaville. Les lundis soir et les week-ends, j'allais jouer à l'Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke. C'est là que j'ai rencontré Mathieu Désy [contrebassiste professionnel originaire de Bromptonville], qui a été mon mentor (avant de devenir mon coloc et ami). C'est lui qui m'a recommandé d'aller faire les auditions au Conservatoire de Montréal.»

Mais même s'il a étudié d'abord la contrebasse classique (dont un an à l'École Glenn Gould de Toronto après avoir décroché une bourse), puis a joué avec plaisir dans des orchestres symphoniques (ceux de Sherbrooke, Drummondville et de la Baie georgienne, notamment), Pilou a toujours su qu'il se tournerait un jour vers le populaire.

«À Toronto, j'avais jusqu'à huit heures de répétition par jour, en plus des cours! C'était tellement de travail! À mon retour à Montréal, j'ai fini mon conservatoire, mais j'ai commencé à jouer avec des groupes, à rencontrer d'autres musiciens...»

Que reste-t-il aujourd'hui de toutes ces années classiques?

«Quand on me demande mes influences musicales, je réponds que j'écoute Beethoven et Mahler, dit-il en riant. Mais j'ai aussi été bercé par Cohen et Cat Stevens.»

Voyage intérieur

«Aujourd'hui, j'écoute très peu de musique, car je suis toujours en train d'en écrire. Certains ont trouvé que The Origin avait des ressemblances avec Patrick Watson et Half Moon Run, mais la réalité est que je suis d'abord influencé par la musique que je fais et par celle des artistes que j'ai accompagnés ou dont j'ai réalisé les albums.»

Pierre-Philippe Côté dit avoir concrétisé The Origin pour partager son amour de la vie, de la musique et de l'humanité.

«Oui, je trouve ça vraiment tough d'aimer l'humanité de nos jours, mais j'ai vraiment foi en la bonté profonde de l'être humain, même si elle parfois très enfouie. J'ai quand même peur pour l'avenir, mais j'espère qu'on va se réveiller. Ma part, c'est d'aller rencontrer les gens en tant que moi-même. Je souhaite que les chansons les accompagnent dans des moments de leur vie. Habiter une chanson, pour moi, c'est en faire sa propre histoire.Ça tombe bien, car la plupart de mes chansons peuvent être interprétées de multiples façons.»Pilou voit The Origin comme une création lui rappelant d'où il vient et l'aidant à mieux comprendre où il va. «Écrire des chansons, c'est la meilleure façon de faire un voyage à l'intérieur de soi.»

PETER HENRY PHILLIPS

The Origin

POP-ROCK

Coyote

Peter Henry Phillips

Jeudi 24 septembre, 19 h 30

Parc Marie-Victorin

de Kingsey Falls

Entrée : 10$

Samedi 28 novembre, 20 h

P'tit Bonheur de Saint-Camille

Entrée : 29$

Vendredi 18 mars, 20 h 30

Carré 150, Victoriaville

Entrée : 25$

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