Drôles d'humains

Dans son deuxième spectacle solo intitulé Trop humain... (Photo La Presse, collaboration spéciale Ulysse Lemerise)

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Dans son deuxième spectacle solo intitulé Trop humain et dont il achève le rodage, Guillaume Wagner revient notamment sur la controverse née de ses blagues sur Marie-Élaine Thibert et Marie-Mai, jugées de mauvais goût par plusieurs.

Photo La Presse, collaboration spéciale Ulysse Lemerise

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Après son premier tour de piste, le commentaire revenait souvent. On disait à Guillaume Wagner que son humour cinglant et agressif était efficace, mais qu'il manquait parfois de facteur humain. L'humoriste a décidé de prendre son humanité par les cornes et d'en faire le coeur de son deuxième effort solo.

«On me reprochait de ne pas me dévoiler suffisamment. Alors j'y vais à fond... et je me dévoile même un peu trop!»

Impossible de savoir en quoi consiste ce trop. «Si j'en dis davantage, ça gâche la finale de mon show», dit celui qui, en choisissant d'explorer le filon de la bêtise humaine, savait qu'il avait un riche terreau à gags dans lequel creuser.

«Je touche à des travers culturels, c'est donc très québécois. Ici, on a un malaise avec l'ambition, on veut que tout le monde soit très humble. On a aussi cette manie de se méfier des gens intelligents et de glorifier l'imbécilité.»

Dans sa façon de raconter les choses et d'en faire des blagues, il y a du cynisme, beaucoup de cynisme.

«Plus que dans mon premier spectacle, même. Je n'ai pas de misère avec ça, le cynisme. J'y vois du réalisme. Voire de l'humanisme. Parce que l'humour que je fais, dans le fond, pointe les choses qui ne vont pas bien, qu'on pourrait changer. Et je suis convaincu qu'on a le potentiel pour le faire, que l'être humain est bon et ca-pable de mieux. Dans le fond, je suis plein d'espoir, mais ça ne paraît pas tant que ça. Probablement parce que j'ai un certain talent pour le négatif.»

Il a aussi un attachement avoué pour les philosophes qui savent aller à contre-courant.

«La philo, au cégep, ça ne me disait rien. Jusqu'à ce que je lise Nietzsche, un penseur incisif et tranchant, qui remettait en question des idées bien ancrées. Le titre de mon spectacle est un clin d'oeil à l'un de ses livres (Humain, trop humain), parce que c'est après l'avoir lu que j'ai changé mon styled'humour. Quand j'ai commencédans le métier, je faisais un humour d'observation très conventionnel et consensuel.»

Les deux Marie

Il a ensuite bifurqué dans une voie pavée de briques et de fanaux. En osant l'humour grinçant, il s'est retrouvé dans l'oeil de la tempête médiatique pour avoir fait des blagues de mauvais goût sur Marie-Mai et Marie-Élaine Thibert. On lui en parle encore. Lui aussi, il en parle encore.

«Je commence le spectacle avec ça, en fait. Je me questionne sur les limites de l'humour, sur ce qu'on peut dire ou pas.»

Les deux épisodes avec les deux Marie ont changé sa vision.

«J'ai modifié la façon dont j'aborde mes sujets, j'y vais avec plus de finesse et de subtilité. Quand tu arrives avec un premier spectacle, tu veux faire ta place. Tu t'affiches en étant un peu plus rebelle que tu ne devrais l'être, en parlant fort, en tapant du pied. Je suis plus incisif maintenant, mais moins agressif dans mon approche. Tu me demandes si je réfléchis davantage avant de lancer le nom de quelqu'un dans un gag? Oui. Présentement, je nomme trois per-sonnes dans le show, et je ne sais pas si les noms vont rester, à part celui de Richard Martineau. Je réfléchis encore. Pour moi, utiliser le nom d'une vedette, c'est faire appel à un symbole, mais ça n'a rien de personnel. Je ne fais pas ça pour détruire des vies ou faire de la peine aux gens. J'ai pu m'expliquer avec Marie-Mai et Marie-Élaine, je suis en très bons termes avec elles. Elles seront peut-être présentes à la première montréalaise.»

31 fois sur 150

D'ici cette première en octobre, au Théâtre Maisonneuve, il enchaîne les représentations de rodage.

«Le spectacle est pas mal placé.Je travaille beaucoup mes trucs. Quand j'arrive en rodage, je suis prêt, mais ces premières représentations me permettent de tester les limites, de réaliser où il peut y avoir des malaises. Je suis ensuite en mesure de rebondir sur ceux-ci ou de carrément réajuster le tir.»

Au Vieux Clocher de Magog, où il s'arrête quatre soirs, il ne risque pas de se perdre en cou-lisses :»J'y ai présenté mon premier spectacle 31 fois, sur un total de 150 représentations.»

Trop humain

Guillaume Wagner

11, 12, 25 et 26 septembre,

20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 34,50 $

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