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Dans ta cour : de charismatiques envahisseurs

La première de quatre représentations du spectacle Dans... (IMACOM, Maxime Picard)

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La première de quatre représentations du spectacle Dans ta cour de la compagnie Vague de cirque avait lieu vendredi soir à la place Nikitotek.

IMACOM, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Dans ta cour n'est assurément pas le spectacle de cirque le plus époustouflant qui soit, mais c'est certes un des plus mignons. À défaut d'avoir la mâchoire constamment pendante, on s'attache aux personnages, on rit d'eux (ou avec eux) et on repart avec le goût de transformer son jardin en terrain de jeux plutôt qu'en impeccable mise en scène de banlieusard.

Jeu : c'est probablement le mot clef de cette prestation, qui fait beaucoup de place au ludique comme à la comédie. Dans ce nouveau bébé de la compagnie Vague de cirque, on joue à s'entortiller dans un hamac entre ciel et terre, à marcher sur des bouteilles, à faire tenir une chaise pliante en équilibre sur son front et, presque accessoirement, à faire écarquiller le public des yeux.

Non pas que les acrobaties soient tièdes. Au contraire, certains numéros suscitent beaucoup d'admiration, notamment ceux de roue allemande, de diabolo, de lustre (notamment le totem à l'envers), de contorsion au sol et de funambule (surtout la fin, en fait). Mais on sent que le plaisir passe avant la performance extrême. À l'image de la philosophie du spectacle.

Éléphants et porcelaine

Cette leçon d'amusement, elle est inculquée au personnage (clown) principal, un monsieur au cheveu hirsute qui bichonne ses plates-bandes comme la prunelle de ses yeux, en écoutant Cerisier rose et pommier blanc. Jusqu'au moment où débarquent, tels des éléphants dans un magasin de porcelaine, cinq bruyants voisins (ou amis, on ne le sait pas), qui ont tôt fait de tout mettre sens dessus dessous. Au grand désespoir du monsieur qui prend son gazon égal.

Dès lors, tout ce qui traîne dans la cour servira à grimper, se jucher, s'étirer, basculer, tourner sur soi-même... Le balai à feuilles et le souffleur de feuilles deviennent même des instruments de séduction. Bref, une cour, comprendra-t-on, n'est pas faite pour regarder l'herbe pousser ni pour impressionner le voisin, mais pour profiter de la vie, même si ça veut dire qu'il y aura quelques dommages collatéraux.

Par exemple lorsque notre banlieusard découvre ses fleurs saccagées, allant ensuite brailler sa vie dans les bras du public (moment touchant, une petite fille s'est ruée pour lui donner un gros câlin). Mais le disciple de la pelouse parfaite finira (parfois malgré lui) par concéder qu'il fait bon de se lâcher lousse...

Ses «amis» lui réserveront d'ailleurs une délicieuse surprise finale pour qu'il lâche son fou, au grand plaisir de l'assistance.

Kiki plus haut

Il est vrai de dire que les acrobates féminines tiennent le haut du pavé dans cette trop courte prestation de 90 minutes (entracte inclus). Cela donne une soirée plus délicate et aérienne, moins dans l'épreuve de force (excepté un beau jeune homme bien bâti qui s'amuse à se suspendre dans toutes sortes de position avec une corde).

Dans le numéro de tissu aérien, on souhaiterait d'ailleurs que Kiki la Japonaise soit plus en hauteur, pour créer plus de suspense.

Comme cela arrive régulièrement avec les spectacles de cirque, il reste une impression d'une mise en scène encore brouillonne, probablement parce que l'aspect théâtral n'a pas été bien ficelé. Ce ne serait d'ailleurs pas mauvais de demander un regard extérieur par un spécialiste des planches, qui finirait d'attacher les derniers fils. Le personnage principal, par exemple, est un peu trop cantonné dans le rôle de victime passive.

Il reste aussi à régler le problème du son, parfois déficient, le plus souvent insuffisant dans un environnement ouvert comme la place Nikitotek. Il faut vraiment une sonorisation parfaite dans un tel contexte, car les risques de perdre des répliques sont trop grands, par exemple lors du numéro du lustre avec les trois acrobates féminines. Celles-ci s'envoient de trop drôles vacheries. On ne veut pas en manquer une seule.

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