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Vague de cirque s'installe dans nos cours

Quand Noémie Gervais a fondé la compagnie Vague de cirque avec son conjoint... (Photo fournie)

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Quand Noémie Gervais a fondé la compagnie Vague de cirque avec son conjoint Alain Boudreau, c'était notamment pour reprendre pied au Québec. Pendant quinze ans, le couple d'acrobates avait fait les quatre coins de la planète au sein de différents spectacles (dont ceux du Cirque du Soleil et du Cirque Éloize) et avait envie d'un peu de stabilité pour fonder une famille. Il voulait aussi retrouver un cirque à dimension humaine, avec une équipe réduite, qui pourrait facilement visiter tous les recoins de la province, surtout les petites municipalités où les cirques ne vont jamais.

Six ans plus tard, Noémie Gervais constate qu'un artiste de cirque ne pourra jamais complètement bouder les tournées à l'international. Même si, de mai à octobre, Vague de cirque s'est bâti des saisons bien remplies en terre québécoise, ce n'est pas suffisant pour conserver vos acrobates, qui risquent d'aller voir ailleurs une fois l'hiver venu.

« C'est pourquoi notre précédent spectacle, Carrousel et corde à linge [que les Sherbrookois ont pu voir en été 2013], s'apprête à partir pour l'Allemagne. L'international permet de faire vivre les spectacles longtemps. Mais la percée de Vague de cirque ici est tout de même au-delà de nos espérances », s'empresse-t-elle d'ajouter.

« Ce sera toujours un défi, mais nous avons quand même tourné deux ans avec le précédent spectacle avant de l'exporter et nous sommes allés jusqu'à Fermont et Blanc-Sablon. Nous avons aussi débordé dans les provinces maritimes et en Ontario. Il suffirait d'ajouter quelques mois de spectacles aux États-Unis et la compagnie pourrait être viable sans changer de continent. »

Monter sur le barbecue

Pour la première fois, donc, Vague de cirque mène deux spectacles de front. Pendant que Carrousel et corde à linge s'envole outre-mer, Dans ta cour fait ses premiers pas ici. Avec une cinquantaine de représentations derrière la cravate, la prestation est déjà bien rodée. De l'univers forain, on passe à un contexte très familier pour le public : une cour de maison.

« La première chose que les gens verront sur scène, c'est un gazon totalement propre et des fleurs parfaitement bien placées. Bref, la cour de banlieue idéale », raconte Noémie Gervais, qui voyait dans ce thème de grandes possibilités non seulement de mise en scène, mais aussi d'intégration d'accessoires inattendus, tels du mobilier de jardin, des parasols, des hamacs... Même des barbecues, des nains de plâtre et des oiseaux en plastique!

La directrice artistique a aussi songé à une myriade de thèmes liés au voisinage, ce qui a permis à Alain Boudreau d'épicer sa mise en scène. Tel est d'ailleurs le secret du renouvellement en cirque : si on ne peut réinventer indéfiniment les disciplines comme la contorsion, le trapèze, la jonglerie ou la roue allemande, on peut revoir tout ce qui les entoure.

« Qui dit cour de maison dit voisinage, dit compétition entre voisins qui veulent chacun avoir le plus gros barbecue... Dans sa cour, on choisit ce qu'on veut montrer et ce qu'on ne veut pas montrer. Encore aujourd'hui, l'opinion du voisin est très importante. Encore récemment, j'étais chez ma mère avec mon bébé, qui se promenait tout nu dehors. Et elle d'aussitôt réagir : «Mon Dieu! Qu'est-ce que les voisins vont dire!?» On se sert de ça comme ressort humoristique. »

Le retour du clown

Le spectacle est construit autour d'un personnage principal, une sorte de mononcle qui veille avec obsession à ce que tout soit parfait entre les plates-bandes et la terrasse. Même s'il ne porte pas de nez rouge ni de souliers démesurément longs, le personnage fait office de clown du spectacle, offrant quelques cascades en prime. Le spectacle précédent comportait aussi le même genre de bouffon. Pour Noémie Gervais, c'est une tradition qui s'est quelque peu perdue avec le cirque moderne, mais qu'elle tenait à ramener.

« Pour moi, c'est tout aussi valorisant de voir des spectateurs avoir le souffle coupé que de les entendre rire d'un gros rire gras », résume-t-elle. « Je suis d'ailleurs chanceuse, car la plupart des acrobates du spectacle ont de bonnes aptitudes d'acteurs, même si nous avons eu recours à une direction clownesque pour le personnage principal. »

Dans ta cour réunit six acrobates, trois hommes et trois femmes. « Nous ne nous en sommes pas aperçus tout de suite, mais c'est une prestation en grande partie portée par les personnages féminins. Nous avons une grande rousse flamboyante, une minuscule Japonaise et une Française qui n'arrête pas de parler. »

Aujourd'hui, la plupart des compagnies de cirque n'ont pas de problèmes à recruter des artistes. « L'École de cirque de Montréal est tellement reconnue mondialement (celle de Québec a aussi une excellente réputation) que les étudiants arrivent de partout dans le monde. Et la plupart restent ici par la suite. La base se renouvelle chaque année. »

Vous voulez y aller?

Dans ta cour

Vague de cirque

Les 4 et 5 septembre, 19 h

Les 6 et 7 septembre, 15 h

Place Nikitotek

Entrée : 23 $ (étudiants : 14 $; enfants de 4 ans et moins : gratuit)

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