Centennial : l'année sauvée des eaux

Dave Saint-Pierre... (Archives, La Presse)

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Dave Saint-Pierre

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) L'espace qu'il y a entre l'arbre et l'écorce, Luce Couture le connaît désormais de fond en comble. La directrice du Théâtre Centennial aurait voulu prendre la parole cent fois au cours des six derniers mois. Depuis, en fait, que l'on sait que la saison 2015-2016 est menacée d'annulation. Mais parce que d'importantes négociations avaient cours entre l'Université Bishop's, la Ville de Sherbrooke et le Conseil des arts et lettres du Québec, elle s'est souvent mordu la langue, même si l'envie de défendre et de faire connaître sa programmation culturelle la démangeait à cor et à cri.

Mais depuis le 19 août, elle peut enfin parler. Du moins, de cette fameuse programmation qu'elle a concoctée en catimini, prévenant les artistes de ne pas ébruiter leur passage (quelques-uns ont désobéi) au cas où un échec des négociations viendrait tout faire planter. De fait, il lui est toujours impossible d'en dire davantage sur le contexte qui a rendu le sauvetage possible (on lorgne la date du 8 septembre), mais elle a au moins fait comprendre à ses partenaires que, pour attirer des convives, il faut minimalement leur donner le menu!

« Maintenant, si les gens veulent vraiment nous aider, il faut qu'ils s'abonnent, qu'ils achètent des billets! », souligne haut et fort celle qui aura un seul mois au lieu de quatre pour faire connaître artistes et spectacles annoncés pour l'automne et l'hiver à venir. Elle espère maintenant que le public, qui a démontré son attachement au Centennial lors de la campagne de sociofinancement ayant permis d'amasser 11 000 $ d'avril à juin, sera conséquent et viendra se gaver de danse, de jazz, de musique classique et de musique du monde.

Visite de Dave

Le coup de maître de cette saison reste sans contredit la toute première présentation, en Estrie, d'un spectacle du chorégraphe Dave Saint-Pierre. Non seulement le public estrien aura-t-il droit à une sélection des passages les plus marquants de ses précédentes oeuvres (Foudres, La pornographie des âmes, Et la tendresse bordel de merde!, etc.), mais Dave Saint-Pierre devrait danser lui-même dans le spectacle. Chose plutôt exceptionnelle depuis que l'artiste, atteint de fibrose kystique, a subi une greffe des poumons en 2009 (ce qui lui avait quand même sauvé la vie).

« C'est la première tournée de Dave au Québec, même si, en Europe, il cartonne », confirme Luce Couture. « Dave devrait aussi montrer un extrait de sa prochaine production. »

La marraine de la campagne de sociofinancement, Louise Lecavalier, ouvrira quant à elle la saison le 29 septembre, avec son spectacle So Blue. Son dernier passage, en février 2012, avait déjà fait forte impression. « Les critiques européens la qualifient de lumineuse, de fantastique, de danseuse unique. Elle a toujours dix fois plus d'énergie que ceux avec qui elle danse. »

Le flamenco de La otra orilla et le hip-hop métissé de RubberbanDance (« notre compagnie chouchou », dit Luce Couture) complètent la série. L'abonnement de danse conjoint avec le Centre culturel de l'Université de Sherbrooke tient toujours.

Reggae et rigodon

Pour la moitié de cette année culturelle sauvée des eaux, Luce Couture s'est tournée vers des valeurs sûres, des habitués du Centennial. En classique, c'est le cas de la harpiste Valérie Milot et du Cecilia String Quartet, qui a pris beaucoup de maturité depuis son dernier passage, souligne-t-elle. En musique du monde, c'est l'ensemble Constantinople, qui s'associe cette fois au joueur de kora Ablaye Cissoko. En jazz, ce sont la très créative chanteuse Elizabeth Shepherd ainsi que les pianistes Mariane Trudel et Matt Herskowitz (ce dernier fera un duo avec John Roney, où tous deux mélangeront classique et jazz).

Mais il y aura aussi de l'inattendu, tel Sylvain Picard qui interprétera une messe jazz en dix tableaux. Wesli, qui mêlera son Haïti natale à une mixture dancehall, reggae, afrobeat, rara, konpa, funk, merengue, jazz, rigodon. Vidéo Phase, qui offre un savant cocktail de percussions, de vidéo et d'électronique, concocté en temps réel. Et Collectif9, composé de neuf musiciens classiques hors-normes ayant le charisme d'un groupe rock.

« Toutes les salles les voulaient cette année. Ils bougent, ils parlent, ils jouent fort! »

Certains spectacles À la carte ont commencé à s'ajouter au calendrier, dont l'inévitable guitariste flamenco Jesse Cook (le 17 novembre) ainsi qu'un concert de Noël de la nouvelle génération des Leahy.

Luce Couture a tout de même dû faire son bout de chemin et accepté d'augmenter les tarifs et de diminuer l'offre. De 31 spectacles l'an dernier, il y en aura 25 cette année. Les séries passent presque toutes à 145 $ (elles coûtaient entre 120 et 140 $ l'an dernier), sauf la série À la carte (150 $). Le sixième spectacle gratuit, « excellent incitatif », est toujours offert à ceux qui s'abonneront avant le 11 septembre (et non le 31 août comme il est écrit dans le dépliant).

À noter qu'un lancement officiel de la saison aura lieu le 16 septembre. « C'est gratuit, mais il faut réserver », précise Luce Couture.

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