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Un spectacle qui parle des ébats de première

«Tout le monde a eu une première fois.... (Photo tirée de Facebook, crédit Mathieu Waddell)

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«Tout le monde a eu une première fois. Ou bien en aura une. Du moins, on le souhaite, parce que le sexe a quelque chose de plutôt sympa», estime Jonathan Roberge, qui avoue avoir réalisé, à la lecture de la pièce, que certains avaient le sens de l'aventure pas mal plus développé que le sien.

Photo tirée de Facebook, crédit Mathieu Waddell

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) La première fois. Oui, oui, cette première fois-là, vécue à la hâte ou pianissimo, sous la couette ou sur la banquette, ça dépend. On se la rappelle avec émotion. Ou bien on préférerait l'oublier. D'une façon ou d'une autre, elle a laissé sa marque: on se souvient de sa première relation sexuelle dans les menus détails. Mais on ne le raconte pas si souvent. Sauf si quelqu'un a la bonne idée de lancer un appel à tous sur son blogue. Alors, les langues se délient... dans l'anonymat que permet le clavier.

Le producteur américain Ken Davenport a ainsi recueilli 40 000 témoignages. Des histoiresfarfelues, rocambolesques, tristes, hétérosexuelles comme homosexuelles, drôles, banales ou étonnantes ont afflué des quatrecoins. Il en a fait une pièce, grand succès à Broadway, traduite dans huit pays, et adaptée ici par Jasmin Roy qui, en acquérant les droits, accédait à la bible de la production, c'est-à-dire aux 40 000 histoires recueillies sur le web. À partir du recueil, il a tressé sa propre version, présentée l'an dernier au Festival Juste pour rire et maintenant en tournée à travers le Québec.

«Quand on embarque dans un projet, c'est toujours un pari. La réaction du public a été vraiment enthousiaste, l'an dernier, au Monument-National. On pensait jouer trois semaines, on se retrouve avec des dates de spectacle jusqu'en 2016», raconte la comédienne Marie Soleil Dion, l'une des quatre mousquetaires de la piquante production, qui réunit aussi Roxane Bourdages, Jonathan Roberge et Martin Vachon.

La clé de ce tabac réside probablement dans le sujet abordé, éminemment personnel en même temps qu'universel.

«Tout le monde a eu une première fois. Ou bien en aura une. Du moins, on le souhaite, parce que le sexe a quelque chose de plutôt sympa», estime Jonathan Roberge, qui avoue avoir réalisé, à la lecture de la pièce, que certains avaient le sens de l'aventure pas mal plus développé que le sien.

Il faut laisser la pudeur dans les coulisses et ne pas avoir peur d'appeler un chat un chat si on se lance dans pareil projet théâtral.

«Si je n'avais pas été à l'aise avec le concept, je ne me serais même pas présenté aux auditions. Avec un titre comme Ma première fois, je savais que j'allais parler de sexe pendant une heure et demie. Honnêtement, je m'attendais à ce que ce soit pire. Entre autres parce que le spectacle avait fait sensation à New York et que plus rien ne les surprend, là-bas. J'avais peur de devoir me mettre tout nu. Je l'aurais fait, si nécessaire, mais quand même, je n'ai pas le corps de Ryan Gosling! Il reste que c'est parfois cru, mais ce n'est pas vulgaire. Tout est dans le jeu, dans l'intelligence de certains propos», explique Jonathan.

Pour faire rire le public sans le choquer, il fallait trouver le bon ton.

«Parce qu'on souhaitait être audacieux, mais on ne voulait pas provoquer pour provoquer. Il y avait un tableau, entre autres, qui nous semblait moins pertinent. On en a parlé en équipe, on a décidé de le retirer. C'est un show d'humour dans lequel on parle de sexe, on l'image, on suggère, mais ce n'est pas graphique», précise Marie Soleil.

Pour pimenter le spectacle déjà haut en révélations, le public est aussi mis à contribution.

«Avant le show, on invite les spectateurs à écrire leur première fois. On lit les témoignages pendant l'entracte et on s'en inspire pour teinter la deuxième partie. Ça fait en sorte que le spectacle change tout le temps.»

Dans tout ça, un constat : les premiers ébats se passent rarement comme au cinéma. Le désir de bien faire conjugué à l'inexpérience met la table pour des trucs cocasses au cube. Et, paraît-il, se faire raconter toutes ces drôles de premières fois met la table pour autre chose. Les jeunes libéraux qui disaient récemment vouloir faire remonter le taux de natalité au Québec devraient songer à inclure le spectacle à leur plateforme électorale : «Les gens repartent émoustillés, assure Jonathan. Sans blague. On a reçu plein de témoignages : tout le monde quitte la salle avec l'envie de faire l'amour.»

Ma première fois

Vieux Clocher de Magog

27, 28 et 29 août, 20h30

Entrée :38,50$

* S'adresse à un public de 16 ans et plus

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