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François Lagrange : De la farine dont on fait les musiciens

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Pour faire carrière en musique, il faut mettre la main à la pâte. Dans le cas de François Lagrange, c'est doublement vrai. Non seulement le Sherbrookois de 33 ans, demi-finaliste au 47e Festival international de la chanson de Granby, est actif musicalement depuis une quinzaine d'années dans la région, mais comme travail « alimentaire », pour parer aux périodes où le téléphone sonne moins, le musicien travaille à temps partiel dans... une pâtisserie.

« Tu n'es peut-être pas obligé d'en parler », dit-il, soudainement un peu gêné (même si c'est le lot de bien des musiciens qui ne peuvent pas compter uniquement sur la musique pour bien vivre et fonder une famille). « C'est un travail qui m'a permis de rendre moins stressantes les périodes musicalement plus tranquilles, comme après les Fêtes. Je fais partie de ceux qui préparent les mélanges des pâtes pour les tartes et les gâteaux. »

Des mélanges? Comme des mix... musicaux?

En tout cas, ses collègues de travail semblent très fiers de lui, car sur le site internet de la pâtisserie (Duquette, pour ne pas la nommer), on le décrit comme « l'artiste aux multiples talents ».

« J'ai déjà fait de la décoration de gâteaux », avoue enfin « l'artiste aux multiples talents »... et qui semble très apprécié tant par ses parents que par ses amis : il y a deux semaines, ils ont été 150 à se réunir au bar Le Liverpool pour le soutenir, tant amicalement et financièrement, et ainsi compenser les quatre semaines de salaires perdues pendant son séjour à Granby.

Rock et pop

Depuis qu'il est là-bas, à suivre toutes sortes d'ateliers sur la carrière d'artiste, François Lagrange vit beaucoup d'émotions fortes. De voir ses propres compositions (dont certaines qu'il a écrites quand il avait 19 ans) devenir le point de mire de ses énergies a quelque chose de très émouvant.

« Quand ça fait longtemps que tu joues de la musique, participer à Granby te rapproche d'une carrière. »

Il sent aussi la pression qui augmente à mesure que le spectacle approche. « Mais ça se transforme en adrénaline. Aujourd'hui, j'ai hâte de monter sur scène. »

À sa grande surprise, ce sont les trois chansons qu'il a présentées aux auditions qu'il jouera aussi lors de la demi-finale de demain. « Je pensais qu'on pourrait en changer en cours de route. J'avais envoyé des chansons plus pop, mais j'ai aussi un côté plus rock », précise celui qui a fait d'ailleurs partie de multiples groupes. En ce moment, il est compositeur et claviériste dans Elementhys, une formation de rock métal anglophone.

Les trois chansons que François Lagrange interprétera s'intitulent Ma croix, Y croire et T'as sacré le camp (coécrite avec Richard Belval).François Lagrange est un ancien petit garçon du quartier ouest de Sherbrooke, qui a fréquenté l'école Le Triolet, mais qui a développé par lui-même ses talents de musiciens, tant au chant qu'à la guitare et aux claviers.

À cause de mon oncle

« Je dois ça à mon oncle, qui m'a offert ma première guitare et qui m'a montré mes premiers accords. Ça me touche d'autant plus aujourd'hui qu'il est décédé en 2013. Chaque fois qu'il pouvait venir m'entendre dans un bar, il le faisait. »

Même si le contexte est parfois difficile, François Lagrange n'est pas frustré de sa vie de musicien de bars. Son duo Funnymusic, qui se consacre aux interprétations, joue souvent au Liverpool et au Café Saint-Michel de Magog.

« L'important, pour moi, c'est de continuer de jouer. Il y a des soirs où j'aimerais chanter ailleurs... et d'autres où les gens sautent devant toi tellement ils sont heureux de t'écouter. Ils te demandent des chansons qui te forcent à découvrir d'autres répertoires. J'aimerais bien me rendre à la finale de Granby [il le saura samedi], mais les gagnants du festival ne deviennent pas populaires du jour au lendemain, rappelle-t-il. Les bars, ça fait partie du job. Et la musique n'a jamais été un plan B pour moi. »

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