L'art de l'improvisation sans angoisse

La pianiste et compositrice jazz Marianne Trudel... (Photo courtoisie)

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La pianiste et compositrice jazz Marianne Trudel

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(MAGOG) L'improvisation occupe une place centrale dans l'oeuvre de la pianiste et compositrice jazz Marianne Trudel. Loin de l'angoisser, l'idée d'improviser devant une salle bondée la stimule.

«Le jazz rime avec improvisation, lance Marianne Trudel. Moi, je trouve ça excitant de ne pas savoir exactement vers où on s'en va à un moment précis pendant une pièce musicale. Ça peut paraître drôle comme comparaison, mais ça ressemble un peu à un match de hockey : tu ne sais jamais comment ça va se terminer.»

La pianiste sera l'une des quatre femmes qui seront en vedette lors du concert qu'offrira l'Orchestre national de jazz au Centre d'arts Orford samedi à 20 h. Et bien qu'improvisation et large orchestre peuvent paraître deux choses irréconciliables, l'artiste promet que tous les musiciens mettront à profit leur créativité à différents moments du spectacle.

«L'impro en grand groupe, c'est très délicat, admet Marianne Trudel. Parfois, il y a un soliste qui improvise et le reste de l'orchestre l'accompagne. Mais moi, ce que je souhaite, c'est que tout le monde participe. Ça ne se fait pas sans qu'on répète au préalable et qu'on place une fondation. Le résultat, quand ça marche, est magique. Ça fait une grande vague d'impro que rien n'arrête.»

Ces dernières années, Marianne Trudel a notamment vécu une expérience fort convaincante d'improvisation avec l'American Composers Orchestra, un large ensemble de la région de New York. Elle avoue garder de cette expérience un souvenir impérissable.

Si sa conception du jazz fait une place presque prépondérante à la spontanéité, la pianiste sait qu'une «forme de conformisme» s'est installée dans certains cercles de musiciens.

«C'était plus à l'oreille dans le passé, le jazz. Par contre, je considère que les vrais artistes jazz continuent à se démarquer. On entend vite qui sont les vrais musiciens ou les compositeurs authentiques quand on assiste à un spectacle.»

Bien sûr, il faut être «créatif et inspiré» pour s'adonner à l'improvisation en plein coeur d'une pièce. L'artiste le reconnaît sans difficulté. Toutefois, la créativité et l'inspiration ne semble nullement lui manquer. Elle a d'ailleurs six disques à son actif. Ses CD lui ont valu un prix Opus ainsi que deux nominations aux Juno et une au Gala de l'ADISQ.

La forêt de ma mémoire

Au Centre d'arts Orford ce soir, l'Orchestre national de jazz interprétera une suite composée par Marianne Trudel. L'oeuvre s'intitule Dans la forêt de ma mémoire. «Elle compte sept mouvements et intègre des mélodies fortes, mentionne l'artiste. Les spectateurs reconnaîtront des sonorités jazz, classiques et d'autres encore rappelant l'univers de la chanson.»

Ce ne sera pas la première fois que l'Orchestre national de jazz livrera cette suite en spectacle et Marianne Trudel s'attend vraisemblablement à vivre des moments d'une grande intensité à Orford, entre autres parce que la trompettiste Ingrid Jensen partagera la scène avec l'orchestre. «Ingrid est une des meilleures au monde à la trompette», note-t-elle.

La pianiste est très attachée au volet composition de son travail, mais la scène lui plaît également. «Lorsque je suis en spectacle, c'est important pour moi de communiquer quelque chose aux gens, dit-elle. Je veux être présente aux spectateurs. La musique que je compose, je la crée en pensant aux gens. Je ne veux pas rester enfermer dans ma bulle.»

Une seconde Jensen

Deux membres de la famille Jensen monteront sur scène ce soir au Centre d'arts Orford. La soeur d'Ingrid, la saxophoniste Christine Jensen, se chargera en effet de la direction musicale. Deux de ses compositions, Blue Yonder et Wink, ont été intégrées au programme.

Malgré qu'elle aime aussi beaucoup joué en compagnie de petits groupes, Christine Jensen admet qu'elle adore les spectacles en compagnie de grands ensembles. «Ça t'amène à rencontrer des défis particuliers. Surtout quand Marianne Trudel est là, car elle n'a pas peur de l'improvisation en grand groupe», confie-t-elle.

L'auteure-compositrice-interprète Karen Young est la quatrième artiste du «carré d'as» qui brillera lors du concert de ce soir. On retrouvera 19 personnes au total sur scène. Le directeur artistique du Centre d'arts Orford, Jean-François Rivest, promet rien de moins qu'un «feu d'artifice à grand déploiement».

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