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Correspondances d'Eastman: Écrire au sujet du père et du fils

Devant une foule d'une quarantaine de personnes, l'animatrice... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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Devant une foule d'une quarantaine de personnes, l'animatrice Catherine Voyer-Léger a conversé avec le poète François Turcot et l'illustrateur Éric Godin, vendredi matin, lors d'un café littéraire tenu dans le cadre des Correspondances d'Eastman.

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(EASTMAN) Être père. Être fils. De multiples sentiments et expériences sont liés à ces deux rôles familiaux. Évidemment, pour l'écrivain, une matière dense peut se trouver au coeur de la relation entre un père et son garçon. Les Correspondances d'Eastman ont invité trois auteurs à parler du sujet dans le cadre d'un café littéraire.

À cause d'un problème hors de son contrôle, l'auteur de Remèdes pour la faim, Deni Yvan Béchard, n'a pas pu participer au café littéraire comme prévu. L'animatrice Catherine Voyer-Léger a donc uniquement conversé avec le poète François Turcot et l'illustrateur Éric Godin.

Ayant longtemps résidé en Estrie, Éric Godin a écrit Lettre à Vincent, une sorte de message à son fils Vincent, qui s'est suicidé en 2009. Le peintre Zilon a participé au projet en réalisant une série d'encres qui ont été intégrées au livre.

«C'est mon vieil ami Zilon qui m'a proposé de faire quelque chose sur le suicide de mon fils. Au début, je ne voulais pas, puis j'ai commencé à coucher des choses sur le papier. J'avais arrêté de créer et ce texte m'a débloqué. J'ai fait cinq livres depuis, dont celui avec la fille de Guy A. Lepage», a relaté l'auteur de Lettre à Vincent.

Éric Godin va plus loin et avoue que Lettre à Vincent a «complètement changé» sa vie. «Ça m'a permis de découvrir une facette de ma personnalité que je ne connaissais pas. C'est encore difficile de penser au suicide de mon fils, mais cette épreuve m'amène ailleurs», a-t-il expliqué.

L'auteur aurait pu se censurer en écrivant sur le suicide de son garçon, mais il semble qu'il n'a rien retenu pendant la phase d'écriture.

«C'était un cri du coeur. C'était le sixième suicide dans mon entourage en peu de temps. Ce projet était une nécessité pour moi.»

Malgré que beaucoup de regards se soient tournés vers lui ces dernières années, Éric Godin affirme avoir refusé de «devenir le porte-étendard de la cause». Il admet que les «retours de la sortie de son livre sont parfois durs à gérer».

Le papa «dinosaure»

Pour sa part, François Turcot est l'auteur de Mon dinosaure, une oeuvre plutôt inclassable qui traite à la foi de la vie de son père et de ce que la figure paternelle représente.

«Je m'étais toujours promis de faire un livre sur la figure du père, a-t-il confié hier. Ça a pris des années avant que je découvre la bonne façon de construire l'oeuvre que je voulais livrer. Pendant l'année qui a précédé la mort de mon père, je lui ai demandé de me raconter des tas d'histoires et j'ai visité des lieux avec lui pour préparer l'écriture de Mon dinosaure.»

François Turcot estime qu'un écrivain «travaille constamment à élucider un mystère» lorsqu'il prend la plume. «À force de creuser, on trouve, affirme-t-il. Mais on ne peut jamais circonscrire parfaitement la vie d'un homme.»

jean-francois.gagnon@latribune.qc.ca

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