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«J'aime amener les gens à réfléchir»

Parler d'itinérance ou de vagabondage dans une oeuvre, ce n'est pas forcément... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Parler d'itinérance ou de vagabondage dans une oeuvre, ce n'est pas forcément verser dans la dénonciation. Parfois, il s'agit simplement d'un désir de montrer, de mettre en lumière une réalité qui parvient rarement aux yeux de la moyenne des gens.

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Olivier Bonnard, Do Lessard, Guillaume Cabana et Vincent Cloutier

Imacom, René Marquis

«J'aime amener les gens à réfléchir», affirme Olivier Bonnard, qui a réalisé avec son ami Do Lessard l'oeuvre la plus imposante de l'édition 2015 du Festival Amalgam sur l'échangeur des Grandes-Fourches Nord.

On y aperçoit un homme, baluchon sur l'épaule et bouteille à la main, longeant un chemin de fer, les yeux fermés. «J'ai dessiné un personnage qui est serein. Je trouve ça le fun d'illustrer quelque chose qui comporte une certaine dualité», poursuit l'artiste sherbrookois. «Il n'est pas nécessairement mal, il est pensif. Il marche le long du chemin de fer et fait partie du paysage urbain.»

Olivier Bonnard, qui participait pour la deuxième fois au Festival Amalgam, aime raconter une histoire dans chacune de ses oeuvres et présenter un concept différent dans chacune d'entre elles plutôt que de recourir à des personnages récurrents. «C'est un personnage intéressant, qui a une histoire. C'est ce que je voulais exploiter. Du côté esthétique, ç'a été fait de façon instinctive, avec des coups de pinceau assez rapides, et on lui a donné un aspect un peu cartoon.»

Cette murale fait face au chemin de fer qui traverse Sherbrooke, un détail qui plaît probablement à Guillaume Bureau, un amateur d'art urbain qui n'a manqué aucune édition d'Amalgam.

«J'aime quand les artistes exploitent le matériel urbain pour faire une oeuvre en lien avec celui-ci. Je trouve que [l'art urbain] est une forme d'expression particulièrement directe, et il y a une proximité entre les artistes et leur public», explique celui qui fait le tour de plusieurs événements de ce genre chaque année à travers le Québec. «Avec le temps, c'est intéressant de voir l'évolution des artistes.»

Participation grandissante

Ils étaient d'ailleurs 40 artistes à avoir participé au Festival Amalgam, qui se tenait samedi et hier au centre-ville de Sherbrooke. Près de la moitié d'entre eux venaient d'ailleurs de l'Estrie. «On a toujours plus de demandes, on aimerait avoir accès à plus de murs ou d'espaces l'an prochain», avance Guillaume Cabana, l'un des organisateurs du festival.

La participation du public a été plus importante cette année que lors des éditions précédentes. Des bénévoles patrouillaient samedi entre les kiosques de Bouffe ton Centro samedi, encourageant les festivaliers à faire un détour par l'échangeur des Grandes-Fourches Nord pour admirer les oeuvres en création. La galerie temporaire installée dans un local en face de l'hôtel de ville aura également attiré des curieux. «Il y a eu beaucoup plus de visiteurs que ce qu'on pensait. Les artistes ont vendu des oeuvres, ont pu échanger avec le public, montrer les tableaux qu'ils font et le reste de leur démarche. Il ne faut pas oublier que certains vivent de ça», rappelle Guillaume Cabana.

En plus des oeuvres réalisées sur l'échangeur, on peut apercevoir une nouvelle murale sur le restaurant O Chevreuil (réalisée par Jessica Chabot), ainsi qu'une autre sur une bâtisse privée de la rue Frontenac (réalisée par Lyfer et Shaddy Cyr).

Le Sherbrookois Pierre Beaulieu habite dans le secteur du centre-ville. Il observait les artistes mettre les dernières touches à leurs réalisations, hier. «Depuis que les oeuvres sont là, c'est plus égayé quand on rentre dans l'échangeur en voiture. Ça semble moins défraîchi! C'est une belle initiative», dit-il. «Je ne suis pas un connaisseur, mais j'apprécie.»

Amalgam reviendra l'an prochain avec une cinquième édition.

cdauphinais@latribune.qc.ca

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