Un plaisir devenu tradition

Pour le dixième concert d'Orford Six Pianos en...

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Pour le dixième concert d'Orford Six Pianos en autant d'années, Sandra Murray, Francis Perron, Marianne Patenaude et leurs trois autres collègues (Claire Ouellet, Louis-Dominique Roy et Pamela Reimer) ont préparé un programme consacré aux compositeurs d'origine espagnole et sud-américaine.

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Dire que c'était pour le simple plaisir de jouer ensemble. En 2006, les pianistes accompagnateurs de l'Académie du Centre d'arts Orford, ceux qui accompagnent les étudiants lorsque ces derniers doivent jouer devant un professeur ou un public, avaient songé à un concert à six pianos. Ce qui fut fait, en clôture du festival Orford...

Déjà, il avait fallu ajouter une supplémentaire en matinée. À la première pièce jouée, ce fut l'ovation. Reprise en 2007. Un album est paru en 2008 sur étiquette ATMA. L'ensemble s'est aussi promené, se produisant à Ottawa, Parry Sound, Lanaudière, Lachine, Québec (avec l'Orchestre symphonique), et ce, malgré l'imposante logistique de déplacer six pianos. Mais le rendez-vous annuel d'Orford était toujours à l'agenda.

Mine de rien, l'ensemble Orford Six Pianos donnera demain son dixième concert à la salle Gilles-Lefebvre en autant d'années. L'engouement du public ne se dément toujours pas : l'auditorium affiche complet.

«Ce n'était qu'un trip de gang», se remémorent Francis Perron, Sandra Murray et Mariane Patenaude, très heureux que le plaisir se soit ainsi étiré dans le temps.

Après l'effet de magie...

Des six mousquetaires originaux, quatre y sont toujours. Olivier Godin, celui qui a lancé l'idée et s'occupait de l'essentiel des arrangements, s'est retiré en 2012, tandis que Lorraine Prieur, avec ses 44 ans de métier, a pris une retraite bien méritée cette année. Ils ont été remplacés par Louis-Dominique Roy et Pamela Reimer, qui étaient déjà pianistes accompagnateurs à l'Académie du Centre d'arts. Claire Ouellet complète le sextuor.

«Les pianistes accompagnateurs jouent avec tout le monde... sauf avec leurs collègues. Leur métier, c'est d'écouter les autres et de les mettre en valeur. Alors imaginez quand on met ensemble six pianistes qui s'écoutent les uns les autres», fait valoir le trio de musiciens. «Il faut dire que l'ensemble a beaucoup évolué depuis. L'effet de magie des six pianos, il est passé. Il faut maintenant miser sur la richesse des arrangements et du répertoire.»

Aujourd'hui, ils ont des classiques : leur Danse macabre, leur Sacre du printemps, leur Mer de Debussy. Ce sont Francis, Louis-Dominique et Gilbert Patenaude (le père de Mariane et chef des Petits Chanteurs de Montréal) qui assument aujourd'hui la majorité des arrangements.

À sa fondation, l'ensemble se permettait quelques incartades, telles des oeuvres pour deux pianos huit mains. «Mais Jean-François Rivest, lui, tenait à ce que nous fassions que du six pianos. Ça a augmenté la tâche des arrangeurs, car du répertoire, il n'y en a pas», rapporte Sandra Murray.

Francisco Dompiedra

Le concert de demain sera consacré au répertoire des compositeurs d'origine latine, avec La danse rituelle du feu et des extraits du Tricorne de Manuel de Falla, le célèbre tango Por una cabeza de Gardel et la Fantaisie sur des airs de Carmen de Bizet. Exceptions : un autre tango signée par Francis Perron lui-même et un extrait de Demain matin Montréal m'attend intitulé Entrer dans la danse et signé François Dompierre, compositeur à l'honneur cet été.

«C'est Louis-Dominique qui a fait l'arrangement... à partir d'un enregistrement, parce que monsieur Dompierre avait perdu la partition», racontent-ils en riant.

Autre fantaisie : la danseuse de flamenco Katherine Oliveri viendra offrir quelques pas aux spectateurs. «C'est une suggestion de Jean-François Rivest. Il voulait quelque chose de très léger. Et ça se prêtait bien, car une danseuse de flamenco n'a pas besoin d'un grand espace pour s'exécuter», souligne Mariane Patenaude.

C'est déjà assez compliqué de faire entrer tous les pianos (deux pianos à queue et quatre quarts de queue) sur la scène!

Un disque pour fêter

En 2016, ce sera l'année du dixième anniversaire d'Orford Six Pianos. Et quelle meilleure façon de fêter que de produire un nouvel album?

«Nous l'avons enregistré au début de juin, ici même. Il faut d'ailleurs souligner le soutien du Centre d'arts et de notre septième membre : notre accordeur de pianos Serge Harel. Le disque devrait paraître au printemps, toujours sur ATMA», souligne Mariane Patenaude.

L'album sera consacré à la musique russe, qui se prête bien à un ensemble de pianos, parce qu'elle est très rythmée, explique Francis Perron. «On n'a qu'à penser aux nombreux ballets. Comme les notes d'un piano ne peuvent être tenues longtemps (par rapport à un violon ou une flûte), les oeuvres avec beaucoup de soutien ou de legato se prêtent moins bien au sextuor de pianos. On ne fera jamais de symphonies de Mahler!»

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