Le jeu des chansons de Martine Francke

Martine Francke... (Imacom, Jessica Garneau)

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Martine Francke

Imacom, Jessica Garneau

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Emanuelle Boutin-Gilbert
La Tribune

(EASTMAN) Les yeux bleu clair, si limpides qu'ils transpercent par leur vérité. Une voix douce, ponctuée de rires cristallins. Difficile de rester insensible devant la beauté de Martine Francke. Une beauté complète, naturelle, tant charnelle qu'intellectuelle. Quand elle ouvre la bouche, qu'elle se met à parler de ses projets et que ses yeux se mettent à briller, on la sent prête à s'envoler.

Martine Francke n'a pas chômé dans la dernière année. Présentement, elle en profite pour se produire sur la scène du mythique théâtre de la Marjolaine d'Eastman, alors qu'elle présentera une pièce de son cru, la première qu'elle ait écrite, intitulée Aller-retour.

Cette pièce est le résultat d'un travail de broderie minutieux. Une exposition en constitue l'idée de départ. Une exposition de photographies d'un ami, mais dont les descriptifs, au lieu de plaquettes vissées au mur, auraient été des chansons, signées par la comédienne et chantées par d'autres acteurs. Chaque chanson ou pièce musicale aurait ainsi raconté l'histoire d'une photo. Malheureusement, le projet, trop coûteux, n'a pas tenu la route. Le producteur proposa alors de faire un album, doté d'un livret composé des photographies. Nouveau chou blanc.

Martine Francke s'est ainsi retrouvée avec de magnifiques chansons orphelines. Son conjoint, André Robitaille, a alors fait germer l'idée de créer un spectacle solo.

« C'est une histoire qui vient vraiment de moi, j'avais vraiment envie de broder autour », explique-t-elle. « C'est aussi l'impatience qui m'a propulsée. J'avais le goût de faire quelque chose de ces chansons-là. Je n'étais plus capable de les trainer dans ma poche arrière. Il fallait que ça sorte », se rappelle-t-elle.

« Il faut du courage pour se lancer seule dans une aventure scénique. J'ai pris mon courage à deux mains, je me suis assise et je me suis mise à écrire une chanson qui englobait celles que j'avais déjà écrites. Parallèlement, j'ai commencé à écrire l'histoire autour de ces chansons. »

Insistant musicien

En cours d'écriture, elle fit une rencontre fortuite, celle de Jean-Claude Marsan, qui lui demanda de lui envoyer ses créations. Quelques mois plus tard, alors qu'elle ne les avait toujours pas fait parvenir, il les redemanda. Le musicien fignola la musique. Surprise par le résultat, l'actrice accepta de collaborer avec lui.

« Mon imagination est devenue effervescente grâce à sa musique. Conjointement, je travaillais les chansons et le texte. Ces chansons m'emmenaient dans mon univers d'écriture. Pas un univers de chanson, mais un univers d'écriture de texte théâtral. »

Ne voulant pas se borner à un style de pièce en particulier, l'actrice a laissé dériver son imagination. « Ne cherchons pas tout de suite si c'est une oeuvre dramatique ou une oeuvre comique. C'est quoi, cette oeuvre-là? On verra bien ce que ça va donner. Permettons-nous tout! » dépeint-elle, alors qu'elle se relate ce qu'elle avait dit à son conjoint au moment où ce dernier avait signifié son intérêt de mettre en scène la pièce de sa douce moitié.

Cette ouverture aura mené à la création d'une pièce tout originale, simple et complexe à la fois, mêlant musique, voix et histoire. L'univers de Martine Francke ne se limitant pas qu'à un seul personnage, la comédienne enfilera plusieurs peaux durant le spectacle.

« Tout au long de l'histoire, je suis accompagnée de Jean-Claude, et pas qu'en musique, car il y a tout un environnement sonore dans lequel est submergé le spectateur. À un moment donné, je suis au marché Jean-Talon, on entend un camion, des sirènes, des chiens qui jappent... Je me retrouve dans différents lieux où j'ai un accompagnement sonore. »

Pourquoi revient-on?

Enlacé dans des thèmes comme la fuite, l'introspection, l'amour, mais aussi la mort et la maladie, le spectateur se fera raconter l'aventure d'une Élodie qui est partie brusquement de Montréal, et qui revient après 20 ans. On apprend de fil en aiguille qu'il lui est arrivé quelque chose. Impossible de déterminer la raison pour laquelle elle est partie. On sait toutefois qu'elle a été obligée de revenir pour régler le trouble très grave qui la poursuit.

Martine Francke parle d'une histoire touchante, parfois ponctuée d'humour, tricotée à partir de grandes questions. Pourquoi part-on? Pourquoi revient-on? Et surtout, pourquoi finit-on toujours inévitablement par revenir à son point de départ? « Quand on fuit quelque chose dans la vie, parce que cette chose nous trouble trop, celle-ci finit par nous envahir, et pour ne plus être envahi, il faut régler ce trouble. »

Avec simplement une chaise, une valise et sa voix, l'actrice devenue chanteuse, puis auteure, espère faire vivre à son public des moments de rires et de pleurs à travers cet hommage à la vie dans lequel elle a mis beaucoup d'elle-même. Elle est impatiente de voir la réaction de la salle.

La pièce se transportera jusqu'au théâtre de Quat'sous, à Montréal, au printemps de 2016.

Aller-retour

Les dimanches et mardis, du 26 juillet au 16 août 19 h 30

Au Piano rouge du théâtre La Marjolaine

Entrée : 18 $

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