Dominic Paquet : cerveau de gosse

Dominic Paquet... (Archives, La Presse)

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Dominic Paquet

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Dominic Paquet l'a avoué à Tout le monde en parle : une des raisons pour lesquelles il a baptisé son troisième spectacle Rien qu's'une gosse est l'assouvissement d'un petit fantasme, celui d'entendre dans la bouche d'animateurs et journalistes très sérieux cette expression québécoise très peu raffinée. Dont Pierre Bruneau, pour ne pas le nommer.

«Mon cerveau d'enfant rit chaque fois que je l'entends dire par une nouvelle personne. Ça me fait un petit velours. La dernière fois, c'était dans le bureau du médecin. Je suis allé passer un test médical pour une nouvelle production télé (c'est une procédure habituelle, pour les assurances). Tu vas voir un médecin qui remplit un questionnaire sur ton usage du tabac, ta consommation d'alcool, etc. Sauf que le médecin était un petit monsieur d'environ 65 ans, qui me demande mes autres professions... Je lui parle de mon spectacle. Il me demande le titre. Je lui donne : Paquet, rien qu's'une gosse. Ça faisait juste drôle de voir ça écrit sur un papier de médecin.»

Tiens! Tiens! Une nouvelle production télé? «Oui, en tant qu'acteur, mais je dois encore garder le secret, parce que ça pourrait nuire au projet. Je trouve ça vraiment plat de me taire, parce que c'est quelque chose qui me fait vraiment triper. J'ai très hâte. Je pense que ça va faire parler et que les gens vont aimer ça. On devrait le dévoiler d'ici septembre», dit celui qui est déjà chroniqueur à l'émission Direct dans l'net, animée par P.-A. Méthot, et fera une nouvelle apparition dans la troisième saison des Pêcheurs (le même épisode que François Massicotte et Alex Kovalev). On pourra aussi le voir dans la deuxième saison de La théorie du K.O.

Il retrouvera aussi à l'automne l'équipe d'À la semaine prochaine, à laquelle il s'est joint en 2013 après le départ de Pierre Brassard. C'est Philippe Laguë qui l'avait appelé pour le recruter. Une offre que Dominic Paquet pensait d'abord refuser.

«Je l'ai trouvé super gentil d'avoir pensé à moi, mais j'avais déjà fait de l'humour fastfood à NRJ. Ça ne me tentait plus. Mais Philippe est un hyper bon vendeur. Il m'a expliqué que je n'aurais aucun gag à écrire, qu'il y avait des auteurs, et que je ne remplacerais pas Pierre (que je trouve d'ailleurs fort talentueux). Il voulait juste que je fasse ce que je fais habituellement. Et je ne regrette tellement pas d'avoir dit oui! C'est vraiment une belle équipe. Et ça m'a ouvert à un autre public.»

Philippe Laguë ne tenait pas non plus à ce que l'humoriste se transforme en imitateur. «Le vrai imitateur de l'équipe, c'est Pierre Verville. C'est même un personnificateur. Il a toutes les mimiques. Il n'a pas encore dit un seul mot que sa face commence à changer, et je sais tout de suite qui il va faire. Moi, j'ai quelques imitations, tout comme Philippe et Michèle Deslauriers, mais c'est plus de la caricature. Mon docteur Barrette n'est pas très ressemblant, mais le monde aime bien que je le fasse toujours essoufflé.»

Consécration en vue

Amorcée en avril après un an de rodage, la troisième tournée de Dominic Paquet s'annonce comme celle de la consécration. En à peine quelques mois, le spectacle atteint les 40 000 billets vendus. Quand on sait que la précédente, Paquet voit le jour, s'est arrêtée à 57 000 billets vendus en deux ans et demi...

«C'est au-delà de mes attentes. Nous avions fait des projections, mais les ventes les dépassent toutes. Mais le plus important pour moi, c'est d'atteindre mon but premier : faire rire. Et ça rit!»

Dominic Paquet ressent pour la première fois que les spectateurs viennent voir quelqu'un qu'ils connaissent déjà. «Il y a une grosse différence entre le public qui vient te voir et celui qui se retrouve là parce que le spectacle fait partie d'un abonnement. Ça s'entend dès le début du show, dans les applaudissements. Une salle pleine où la clap est forte, ça donne confiance. Personne ne me fera croire du contraire.»

Rien de comparable avec son premier spectacle solo, lancé en 2006, et qui avait battu retraite après seulement 50 représentations. Un semi-échec qu'il attribue à une mauvaise stratégie de ses anciens producteurs.

«Ce n'étaient pas de mauvais producteurs : ils ont lancé Louis-José Houde et Patrick Groulx! Mais Louis-José et Patrick étaient déjà connus du public. Ils avaient chacun leur émission à MusiquePlus. Ils n'avaient pas besoin de publicité à outrance. Moi, on m'a lancé de la même façon, même si je n'étais pas connu. Le show n'a pas levé. J'ai quand même eu quatre nominations aux Olivier, le spectacle a été diffusé par Super Écran, puis par TVA. Même que les ventes de DVD de ce spectacle-là sont relativement bonnes pour un premier show.»

Aujourd'hui, Dominic Paquet s'amuse, au rappel, à demander combien de personnes ont vu son premier bébé. «C'est une vraie joke! Sur une salle de 1200 personnes, il y en a dix qui applaudissent. La plupart des gens ignorent qu'il y en a eu un premier. Mais je ne peux pas dire que ce spectacle-là n'a rien apporté à ma carrière. Il a mis la table pour plein de choses.»

Ses amis le coq et l'âne

Dominic Paquet a confié la mise en scène de Rien qu's'une gosse à Réal Béland, qui succède à Michel Courtemanche. «J'aurais bien aimé retravailler avec Michel , sauf qu'il était au Mexique. Avec son look d'ado, Réal peut laisser l'impression de ne pas être à son affaire, mais c'est quelqu'un qui travaille avec beaucoup plus de rigueur qu'on pourrait le penser. Il est dans le même style que Michel : il est bon public et il te laisse aller. On a vraiment tripé.»

Réputé pour ses spectacles sans fil conducteur, Dominic Paquet estime être allé encore plus loin dans cette veine. «Plusieurs numéros du deuxième spectacle avaient été écrits devant l'ordi. Mais cette fois, presque pas. J'ai continué d'enregistrer mes idées sur mon cellulaire, mais là, je les ai d'abord jouées sur scène, puis quelqu'un les a retranscrites.»

«C'est quand même un spectacle qui coule bien. Moi-même, je déteste quand je perçois la fin d'un paragraphe dans un spectacle», commente celui qui aborde toutes sortes de sujets, allant des émissions de Canal Vie aux restaurants à déjeuner.

Le clou de son spectacle est un numéro portant sur le... calendrier. «Pour l'avoir vécu moi-même, c'est le genre de numéro qui fait dire aux autres humoristes : mais pourquoi je n'ai pas pensé à ça avant? Au départ, les gens ne rient pas beaucoup, ils ne savent pas trop où je m'en vais, mais une fois qu'ils sont accrochés, ils embarquent à 100 pour cent. C'est un numéro qui me représente bien et dont je suis très fier. J'ai beaucoup de plaisir à le faire.»

Pardon, culture québécoise

Cette propension au stand up comic américain vient de son enfance et de son adolescence à Kirkland, où il a grandi dans les deux langues (en français à la maison, en anglais à l'école, avec ses amis).

«J'ai vécu une période adolescente où tout ce qui se faisait en français (cinéma, télé, musique), c'était de la m... Seule la culture américaine trouvait grâce à nos yeux, mes amis et moi. Quand j'ai découvert la culture québécoise et que je l'ai aimée, j'ai regretté de l'avoir ratée pendant toutes ces années et d'en avoir parlé en mal sans la connaître. Par contre, mon héritage en humour vient surtout des États-Unis, et là-bas, les humoristes n'ont pas besoin d'un fil conducteur. Juste d'un micro pour faire leurs blagues. D'ailleurs, le titre du spectacle est souvent un des gags. On dirait que ce n'est qu'au Québec qu'il faut absolument un thème. Mais est-ce mon travail d'instruire ou de sensibiliser les gens? Aujourd'hui, j'assume pleinement mon style d'humour.»

Et il répond toujours en français quand on le sert en anglais à Montréal. «C'est le legs de mon père. Je devais avoir sept ou huit ans quand je l'ai vu s'énerver avec une dame qui ne le servait qu'en anglais. Après, je lui ai demandé pourquoi il ne lui avait pas parlé en anglais. Il m'a répondu que nous étions francophones, que nous avions le droit d'être servis en français, et qu'il aurait dit quelques mots en anglais si la dame avait fait le moindre effort pour parler français. J'ai gardé cette mentalité-là.»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Rien qu's'une gosse

Dominic Paquet

Du 21 au 25 juillet

Du 11 au 15 août

20h30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 40,50 $ ou 44,50 $

***

13 et 14 novembre, 20 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 47 $

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