Les femmes d'Adèle Blais

La série de nouveaux tableaux qu'Adèle Blais expose... (IMACOM, Jessica Garneau)

Agrandir

La série de nouveaux tableaux qu'Adèle Blais expose au Centre d'arts Orford marque le début d'un cycle nouveau.

IMACOM, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(ORFORD) Sa mère l'a élevée seule, avec des moyens modestes mais une réserve débordante de possibles. Sa grand-mère est une pionnière de la politique municipale, qui fêtera bientôt ses 100 ans.

Adèle Blais a toujours été entourée de femmes fortes. «En amitié, j'aime aussi côtoyer des femmes de tête, très intelligentes, qui vont me confronter dans mes idées.»

Elles sont des modèles dans sa vie. Mais lui servent également de modèles dans sa création.

Depuis dix ans, la Sherbrookoise peint des tableaux qui magnifient ses semblables, morcèlent leur beauté en parcelles de textures et de motifs, donnant des mosaïques baroques, aussi mystérieuses que séduisantes. «J'essaie de peindre des hommes, mais ils sont laids. Ils finissent toujours par avoir l'air d'hommes-femmes. Les femmes reviennent tout le temps, naturellement. J'aime les costumer, leur mettre des fleurs, les placer en situation de séduction.»

Nouveau cycle

La série de nouveaux tableaux qu'elle expose au Centre d'arts Orford marque le début d'un cycle nouveau. Pour la première fois, les dames d'Adèle sont placées devant un décor, et non seulement un arrière-plan abstrait. C'est la série de romans fantastiques Amblystome, de l'auteure sherbrookoise Véronique Drouin (qui écrit sous le pseudonyme M. V. Fontaine), qui l'a lancée sur cette piste. «Je me suis naturellement mise à imager le paysage dont elle parle dans ses livres, celui d'un monde qui recommence, qui retourne au Moyen-Âge. J'ai eu envie de raconter des histoires.»

Adèle Blais s'est aussi amusée à glisser dans ses huiles des clins d'oeil aux chefs-d'oeuvre des maîtres, comme les ballerines de Degas, la Jeune fille à la perle de Vermeer et le Déjeuner sur l'herbe de Manet. Elle a aussi intégré des dentelles anciennes à ses courtepointes.

Jamais elle n'aurait eu ces audaces avant, admet-elle.

«J'ai presque 40 ans. On dirait que je me donne maintenant le droit d'aller dans des zones où je n'allais pas. Avant, ça restait très naïf. Je ne voulais pas trop sortir de ce que je faisais, de changer le style que les gens aimaient. Pourtant, à mes débuts, j'étalais du couscous dans mes tableaux. J'ai l'impression que je reviens à mes sources, à qui je suis», reconnaît la pétillante maman de deux enfants.

Retour aux sources

Cette liberté n'est pas étrangère à son retour dans sa ville d'origine, Sherbrooke. Il y a deux ans, l'artiste quittait Montréal, où elle a lancé sa carrière dans un petit atelier d'Hochelaga et où son réseau de contacts était solide, pour revenir s'installer ici, quitte à tout recommencer. «Il le fallait. À Montréal avec des enfants, je perdais la boule.»

Lentement mais sûrement, elle se fait connaître dans la région, un bien petit marché pour une créatrice dont l'art n'a pas de frontières. Représentée par la Galerie Artêria, à Bromont, Adèle Blais a participé, l'an dernier seulement, à des foires à Londres, New York et Miami notamment. Le Brésil pourrait être le prochain pays à accueillir ses toiles colorées, qui possèdent certainement une âme latine. Elle a expédié une toile au Danemark la semaine dernière et en envoie parfois d'autres à des collectionneurs en Irlande. Un couple de Montréal possède même 28 de ses portraits.

Autant de sources de fierté pour cette autodidacte, qui avoue manquer de confiance. Derrière ces femmes parées de fleurs et de rubans, c'est beaucoup elle qui cherche à séduire.

«Ma création est viscérale. Je suis assise par terre, il y a de la peinture partout autour. Parfois, j'émets même des sons bestiaux. C'est presque animal, décrit celle qui a appris cette semaine qu'elle fera partie de La Fabrique, une nouvelle coopérative d'artistes qui s'installera dans les locaux chez Espace-Inc. Si je commence à travailler avec ma tête, c'est foutu. Je ne me serais pas donné le droit de faire ce que je fais présentement si j'avais étudié en beaux-arts. Le regard critique est fort envers le figuratif en général. Et moi, je peints des filles avec des fleurs! Pour être capable de créer, je dois m'isoler, retourner dans mon pays de licornes et de femmes fortes.»

Vous voulez y aller?

Adèle Blais

Jusqu'au 19 juillet

Hall de la salle

Gilles-Lefebvre

Centre d'arts Orford

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer