Zebda, entre musique et humanisme

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Zebda se compose de Rémi Sanchez, Joël Saurin, Magyd Cherfi et des frères Hakim et Mustapha « Mouss » Amokrane.

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Douze ans. C'est le temps écoulé depuis la dernière saucette de Zebda au Québec. En un peu plus d'une décennie, le groupe toulousain a eu le temps de prendre une pause, puis de se retrouver, de lancer deux nouveaux disques et d'amorcer tournée. Dans quelques jours, il sera au Québec, le temps de trois concerts à Montréal, Québec et Sherbrooke. À la veille de prendre l'avion pour traverser la grande flaque, les musiciens ont l'impatience rivée au coeur.

« On garde des souvenirs impérissables de nos précédents passages au pays, de cet état d'esprit très particulier qu'on y retrouve. Tous les Français qui vont chez vous vivent la même chose et ressentent cette espèce de sentiment si près, si loin» auprès du public québécois. Parce qu'il y a cet héritage européen métissé à vos racines nord-américaines », explique Mouss, l'un des membres de la formation.

Il promet des retrouvailles heureuses. Avec un Zebda à l'âme inchangée.

« On a remis le groupe en selle en 2009 avec enthousiasme, énergie, et ce souci de parler de la société. Avant de former un groupe, on était tous concernés par toutes sortes de choses, on avait une réflexion sur le monde dans lequel on est. Avec la musique, c'est fabuleux : on a la chance de dire ce qui nous habite, de partager notre idée de l'humanisme. On est un groupe engagé, mais on ne fait pas de politique. À la place de faire des discours, on écrit des chansons. Et au lieu de prendre part à des meetings, on donne des concerts. »

Depuis les débuts du groupe, à l'aube des années 1990, les mêmes thèmes reviennent donc. Maintenant comme avant, ils trouvent un écho. Parce que l'injustice reste tristement toujours d'actualité. Plus ça change, plus c'est pareil, dit l'adage.

« On a toujours pensé que la musique toute seule ne change pas les choses. Mais depuis la nuit des temps, elle accompagne les gens. Dans l'amour, la joie et la nostalgie autant que dans la colère, les luttes et les revendications. On a le sentiment, peut-être, d'avoir un rôle à jouer encore plus pointu dans la période que l'on traverse, une période qui dure depuis toujours, finalement. Parce qu'on prône une harmonie rassembleuse plutôt rassurante... dans un contexte qui ne l'est pas vraiment! On a besoin de ces formes de sécurité affective pour avancer. Et là où on se retrouve, tous, c'est dans les émotions. À ce chapitre, la solidarité envers les plus démunis, les plus défavorisés de ce monde, ça devrait aller de soi. Faire l'autruche, être radin, ça ne sert à rien. Et les conséquences des iniquités sont dramatiques pour tous. On n'est pas obligés d'être d'accord sur tout pour être d'accord là-dessus. »

Et on n'a pas à partager le même accent non plus, chante Zebda dans L'accent tué, une chanson qui devrait provoquer une réaction forte au Québec.

« On l'espère... et on est assez convaincus, en fait. On est nous-mêmes considérés comme des personnes à accent, en tant que Toulousains. Et on remarque que les accents disparaissent peu à peu. C'est insidieux. Les gens font des écoles de théâtre ou de journalisme et on leur dit de gommer leur accent. Comme si on ne reconnaissait pas ce qu'ils sont. Parce qu'il y a un peu de ça. Les accents disent la pluralité, la possibilité d'être multiple, différent. Nous, on aime les entendre, on aime qu'ils colorent la langue. »

Sur la scène, ils apporteront leur couleur à eux, une couleur dansante faite de punk, de rock, de reggae.

« On fait un album quand on trouve qu'on a assez répété les mêmes chansons en spectacle. On essaie de faire en sorte que toutes trouvent leur place sur scène. On transporte toutes nos idées, mais le but premier, c'est de divertir le public, de lui faire vivre une soirée pleine de positif, d'enthousiasme, une soirée qui fait du bien. »

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