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Les mers d'huile de la peintre Hélène Normand

Hélène Normand... (Photo René Marquis)

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Hélène Normand

Photo René Marquis

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Le cadre pourrait difficilement être plus approprié : tout l'été, Hélène Normand expose au Musée Le Chafaud de Percé. Ses oeuvres grand format qui racontent la mer voisineront l'horizon large et l'emblématique rocher.

« Il y a tellement de vécu à Percé, c'est un formidable endroit pour se reposer, se ressourcer. Et pour exposer, évidemment. »

L'artiste-peintre magogoise a grandi au bord du Saint-Laurent. Elle en a gardé une fascination pour le grand bleu et ne peint aujourd'hui que des marines. À travers ses toiles à l'huile, l'océan se déploie, elle retrace des pans de l'histoire maritime du Québec. Certains des bateaux qui traversent ses oeuvres ont bel et bien existé et sillonné l'Atlantique.

« Je fouille, je fais des recherches, et à partir des différentes informations que je recueille, je représente ce qui s'est passé sur l'eau. On l'ignore, notre fleuve, même si c'est grâce à lui que la province s'est développée. Au début, tout arrivait par goélettes. »

VAINCRE LA PEUR DU LARGE

Pour rendre avec justesse le mouvant de la vague ou l'échappée de lumière qui fend les nuages et frappe l'eau, Hélène Normand fait appel à ses souvenirs d'enfance, mais aussi à son expérience récente : le temps d'un été, elle a été copilote de navigation sur un zodiac, en Gaspésie. Malgré la crainte que lui inspiraient le large et les flots.

« J'aimais l'eau... mais les deux pieds dans le sable! Lorsqu'on grandit près du fleuve, on en mesure pleinement les dangers. J'avais la frousse, mais je voulais savoir ce que c'était d'être en mer. J'ai été capable de passer par-dessus ma peur. Maintenant, quand je peins un mouvement d'eau ou une nappe de brouillard, je suis capable de bien le représenter parce que je l'ai vécu. Sur l'eau, j'ai réalisé à quel point on était petit et vulnérable. Et à quel point on était entouré de beauté. L'océan est grandiose! »

C'est peut-être la faute au souffle marin qui a bercé son enfance : périodiquement, l'artiste ressent l'appel du large. « Je trouve mon inspiration dans le mouvement. J'ai besoin de bouger, d'aller me tremper les pieds dans un autre univers. Si je reste trop longtemps dans mon atelier, je finis par tourner en rond. Je deviens comme une eau stagnante. Alors je lève l'ancre et je pars. »Nouvelle-ZélandeC'est d'ailleurs au hasard d'un séjour prolongé en Nouvelle-Zélande que l'Estrienne a eu la piqûre des couleurs à l'huile, elle qui ne peint qu'à la spatule.

« Plus jeune, je me suis laissée flotter. J'ai étudié en administration, j'ai aussi travaillé comme horticultrice. Je gagnais bien ma vie. Mais j'avais un vide en dedans. Avec mon chum, j'ai décidé d'aller voir à l'autre bout du monde si j'y étais. Quand je suis revenue, j'étais peintre. »

Elle a plongé coeur premier dans les eaux artistiques. En sachant bien qu'il y aurait des marées hautes, des marées basses.

« On est d'abord retournés vivre au bord de l'eau, en Gaspésie. Les premières années ont été dures. On avait tout vendu, on n'avait plus rien, mais quand je m'endormais sur mon matelas posé à même le sol, à côté de mon chevalet, j'étais bien, j'étais heureuse. Je ressentais une paix en dedans », dit celle qui vit maintenant pleinement de son art. Elle est d'ailleurs représentée à la Galerie René Richard de Baie-Saint-Paul. Il y a quelques années, elle est revenue s'établir en Estrie. D'abord à North Hatley, puis à Magog. Là où il y avait un peu d'horizon, là où il y avait de l'eau tout près.

« Dans une marina, n'importe laquelle, on se sent déjà ailleurs. Le monde maritime, c'est un univers parallèle, un art de vivre qui a son langage, son rythme propre. »

Son rythme et son langage à elle sont imprimés sur chacune de ses toiles, qu'on peut aussi admirer, faute d'aller à Percé, dans son atelier magogois. Sur rendez-vous, du 25 juillet au 2 août : helenenormand.ca.

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