Debbie Lynch-White : drôle d'abord

Debbie Lynch-White... (Imacom, Frédéric Côté)

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Debbie Lynch-White

Imacom, Frédéric Côté

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Laura Martin
La Tribune

(Victoriaville) Debbie Lynch-White a surgi à la conférence de presse du Théâtre des Grands Chênes comme une star de basket-ball sur un terrain ciré. En meneuse-vedette. La démarche assurée mais totalement cool, des espadrilles aux pieds et un chandail en filet au corps. En moins de temps que pour réussir un panier smashé, son rire généreux a retenti, dribblant sur les murs du restaurant encore ensommeillé en ce mardi matin.

Ce n'est pas la première fois que la comédienne occupera un emploi d'été à Kingsey Falls. Elle a joué la cousine française dans la pièce Dans le lit de Max chez Max il y a trois ans. C'était quelques mois avant que son regard félin traverse le petit écran, avant qu'Unité 9 incarcère les téléphages dans leur salon les mardis soir, avant qu'elle devienne une des méchantes les plus détestées dans son uniforme d'agente de prison.

« C'était mon premier théâtre d'été. Nous étions tous de jeunes acteurs qui sortaient de l'école. J'avais adoré l'expérience », se rappelle-t-elle, comme si elle parlait d'une vie antérieure.

Les choses ont beaucoup changé depuis trois ans.

En un regard glacial et une fouille à nu, la comédienne au physique imposant est vite devenue l'une des plus en vue, se présentant à la fois dans des émissions de variétés - elle a parodié la prestation de Katy Perry au Super Bowl sur le plateau d'En mode Salvail et fait partie de l'équipe des 20 ans au Choc des générations -, que dans des pièces de théâtre pointues, comme Chlore, Sunderland et J'accuse, qui ont toutes connu le succès critique à Montréal.

Même si elle est aussi convoitée par le cinéma, elle ne boude pas son plaisir de monter sur des planches de campagne, au temps des pissenlits.

« C'est le fun de venir passer deux ou trois jours par semaine en région. Je le vois comme des mini-vacances. En plus, je suis convaincue que le théâtre d'été fait de moi une meilleure actrice. Ça prend une écoute, un timing de tous les instants. Les gens sous-estiment la rigueur que ça exige », dit celle qui jouait à Cowansville l'été dernier. « Et ça me fait du bien de jouer la comédie. Pendant l'année, je passe huit heures par jour à avoir l'air bête en studio. »

Avant de se faire connaître avec sa matraque et sa mine patibulaire, Debbie Lynch-White était comique. Au Cégep de Saint-Hyacinthe, où elle a diplômé en 2010, on lui confiait surtout des rôles de bouffonne. « Ça a toujours été ma force, parce que l'humour est dans ma nature. Unité 9 a modifié ma trajectoire », convient la Montréalaise de 29 ans.

Une fille game

Si elle a accepté de revenir jouer à l'ombre des Grands Chênes - et dans un rôle secondaire! -, c'est parce qu'elle a été charmée par le texte de Michel-Marc Bouchard, l'une des rares comédies du grand dramaturge québécois. Pierre, Marie... et le démon a été montée pour la première fois dans les années 1990, mais a été réactualisée par son auteur pour les 30 ans des Productions Jean-Bernard Hébert, qui exploite le théâtre de Kingsey Falls.

Dans cette pièce dont le synopsis fait penser aux films Hangover, version conjugale, un couple pris dans la routine se réveille avec un démon dans son lit au lendemain d'une fête arrosée. Et aucun souvenir de la veille.

« L'humour y est subtil. Il y a des quiproquos et de la couchette, mais il y a aussi une humanité dans tous les personnages. La pièce a été écrite par un grand auteur, et ça paraît », soutient celle qui tient le rôle d'Angela, une assistante politique « qui en fait toujours trop, qui donne son 150 % jusqu'à en avoir l'air ridicule, mais aussi une fille vraie qui ne se laisse pas marcher sur les pieds ».

C'est aussi sur la base d'un costume qu'elle a signé le contrat. Celui qu'elle devait porter pour son entrée en scène. « C'est vraiment niaiseux, mais c'est ce qui m'a fait accepter le rôle! Quand je l'ai lu dans le scénario, j'ai fait : Ben là, faut que je fasse ça », dit-elle, tout en préservant le mystère sur l'accessoire en question.

Sachant qu'elle ne souffre d'aucune pudeur professionnelle, on peut s'attendre à tout.

« Je ne suis pas le genre d'actrice qui se met beaucoup de limites. En fait, je ne m'en mets aucune. C'est comme si un guitariste refusait toute sa vie de jouer un accord. Je suis mon propre instrument de travail. Je veux m'utiliser le plus largement possible. S'il faut être toute nue ou en sous-vêtements, je vais le faire si le projet me parle. La pudeur n'a pas sa place dans ce métier, sinon, ça devient une affaire d'ego. »

Que sa silhouette ne corresponde pas aux normes du métier ne la réfrène pas. Au contraire. « Quand on a un corps comme le mien, on ne joue pas la belle amoureuse ou la jeune première. Souvent, on joue la fille excentrique, celle qui a un gros vécu. Les rôles sont souvent moins unidimensionnels. Mais le revers, c'est que nous sommes toujours les mêmes en auditions. On se connaît toutes, les dodues! »

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Pierre et Marie... et le démon

Avec Debbie Lynch-White, Stéphane Gagnon, Jean-Philippe Baril-Guérard, Marie-Ève Pelletier et Jean-Léon Rondeau

Mise en scène par Nicolas Gendron

Théâtre des Grands Chênes

Du 4 juillet au 22 août

Entrée : 39 $ (34 $ pour les 30 ans et moins)

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