Plus d'un tour dans son sac

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Tout de suite, on sait : la conversation ne sera pas banale. Il y a un peu de grésillement dans le combiné. Un rire étouffé. Le bruit d'un moteur. Le ding ding ding annonçant une clé de voiture laissée sur le contact alors que la portière est ouverte.

Philippe Bond, où es-tu?

«Dans l'auto avec mon frère. On s'en va au magasin chercher le mobilier de jardin de ma soeur!»

Bref, c'est un mardi après-midi comme beaucoup d'autres réservés à son clan. Si l'humoriste a installé ses pénates dans les Laurentides, c'est parce qu'il aime le coin, bien sûr, mais aussi parce qu'il y est près des siens. Celui qui a remporté l'Olivier de l'année en 2012 est un gars de famille, c'est le moins qu'on puisse dire. Sa gérante le sait : les moments réservés à ses neveux sont inscrits à l'agenda. Et ils sont sacrés. Pas question de planifier une entrevue lorsque Tristan joue au hockey ou que William a un match d'impro.

«Je fais un paquet de choses, mais j'ai toujours du temps pour ça. Toujours.»

Soleil dans la voix, légèreté dans le ton : Bond sonne comme un gars en congé.

«Je me sens en vacances. Mon émission de radio est terminée. Je n'ai plus à me lever avant l'aube.»

Après cinq ans et demi à s'imposer une discipline de fer pour sortir du lit frais et dispos à trois heures trente, son départ de NRJ le matin est bienvenu. Elle permet aussi au performeur de se concentrer sur son deuxième spectacle, très simplement intitulé Philippe Bond 2.

Amis à peine exagérés

Ceux qui l'ont vu sur scène savent que tous ses numéros ont un fond de vérité. Son premier effort solo (160 000 billets vendus) tournait beaucoup autour de sa famille. Le deuxième rayonne un peu plus large.

«C'est dans la foulée de ce que j'ai fait auparavant, avec différentes anecdotes à la Michel Barrette et à la Jean-Marc Parent. Sauf que je laisse davantage de place à l'improvisation. Je jase de mes premières expériences de travail, de mon entrée à l'école de l'humour, de ma gang d'amis, composée de chums d'enfance. Et quand je parle d'eux, j'exagère à peine! Ce sont de vrais bouffons!»

Pour plonger ainsi son entourage au coeur de la rigolade, il faut être capable de goûter soi-même à sa propre médecine. Bond n'hésite jamais.

«Je me ridiculise sans gêne. Je ris de mon célibat, de ma maturité égale à celle d'un spermatozoïde, de mon état adolescent alors que j'ai la trentaine entamée.»

La trentaine, il l'a heureuse. Il y a son deuxième tour de piste qui se vend plus que bien. Et il y a les projets de télé qui se multiplient. Après avoir été aux commandes de The Price Is Right et d'Allume-moi, il se retrouve à la barre de l'émission Les 400 coups, un concept presque taillé sur mesure pour lui.

«Mes amis le savent : si on me joue un tour, je le remets au centuple.»

On le croit sur parole : il a déjà vidé l'appartement d'un copain de tous ses meubles en guise de petite vengeance.

«J'avais tellement peur d'arriver en retard à la radio que j'avais huit cadrans à la maison. Il avait eu le malheur de les programmer pour qu'ils sonnent à toute heure. Après ça, moi, j'ai décidé de replacer tous ses trucs dans le rond-point de sa rue. Jusqu'aux cadres, que j'ai accrochés aux arbres! Les voisins trouvaient ça très drôle. Ils passaient prendre des photos pendant que je jouais aux cartes sur sa table de cuisine, en plein air.»

Écrire pour le cinéma

Entre la scène et le petit écran, Philippe Bond rêve parfois de cinéma. On lui a déjà proposé un rôle, qu'il a dû décliner, faute de disponibilité. Il espère qu'il y aura d'autres offres. Mais il n'attend pas après ça pour se projeter dans le septième art.

«Je suis en train d'écrire quelque chose. Un scénario...»

Le tout étant encore embryonnaire, il évite de trop en dévoiler.

«Il y a tellement de bons scénaristes et de bons réalisateurs, je ne sais pas si ça donnera quelque chose. Mais j'ai mon filon. Ça tourne autour d'un humoriste dont on découvre une face cachée...»

Intrigant. Surtout quand on apprend que Philippe est un fan fini de Dexter et des films de mafieux comme Le parrain et Scarface. «Mais il n'y a rien d'autobiographique», précise-t-il en riant.

On ne pourra pas le cuisiner davantage. Le tintement de la portière ouverte annonce que les deux frères sont arrivés à bon port. Ils ont un mobilier de jardin à apporter sur la terrasse. Et du temps à passer en famille.

Vous voulez y aller?

Philippe Bond 2

Vieux Clocher de Magog

30 juin, 1,2,3 et 4 juillet

20h30

Entrée : 49.50$

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