Les bien-nommés Rescapés

Nathalie Trépanier crée des personnages à la fois... (La Tribune, Christine Bureau)

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Nathalie Trépanier crée des personnages à la fois ludiques et engagés à partir d'objets récupérés. Sur la photo, c'est Maverick qui l'accompagne.

La Tribune, Christine Bureau

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<p>Christine Bureau</p>

(Valcourt) On aime croire en visitant Les Rescapés que le nom de l'exposition est plus qu'un clin d'oeil aux centaines d'objets que Nathalie Trépanier a récupérés et minutieusement assemblés. Les Rescapés, ce sont aussi les personnages auxquels elle a donné vie.

Le regard vif ou le sourire malin, chacun semble prêt à prendre cette deuxième chance qu'on lui a offerte, comme un survivant de l'ère industrielle. C'est d'ailleurs ce qui frappe le plus de cette exposition de Nathalie Trépanier. Ses personnages, surtout issus du monde animalier, sont à la frontière du réel. Ce sont eux qui nous regardent défiler dans leur monde plutôt que l'inverse. « Ils ont l'air réels, c'est vrai! C'est ce que j'essaie toujours d'aller chercher dans mes pièces. C'est la partie la plus difficile pour moi. Tant que je ne l'ai pas atteinte, je n'expose pas », lance-t-elle.

Comme instruments de création, elle dispose d'objets glanés ici et là chez les brocanteurs. Certains l'appellent pour lui faire des dons. À d'autres moments, c'est elle qui demande à ses amis de garder les ustensiles de plastique qu'ils utilisent lors de leur réception. De plus en plus, elle crée à partir d'objets de la vie courante non biodégradables. Une façon pour elle de dénoncer notre surconsommation, mais sans tomber du côté moralisateur.

À la défense de...

Il faut dire que l'artiste à l'imagination débordante a aussi le sens de l'humour. « J'aime rire et mes personnages ont tous leur propre discours », confie-t-elle. Comme cette Mme Loiselle qui s'apprête à putter, bien installée sur le vert. « Il ne faut pas faire de bruit quand elle joue, celle-là! C'est une snowbird. Et le pire, c'est qu'elle putte à côté du trou! » rigole-t-elle.

Et pourtant, il y aurait de quoi déranger cette fameuse golfeuse en regardant la ménagerie qui se trouve autour : Ti-Casse le pingouin, dont le fourrage est fait d'ustensiles en plastique; Peanut le poisson, dont les yeux globuleux semblent scruter l'océan à la recherche de nourriture; puis Gigi, énergique petit chien métallique dont l'objectif, pourrait-on croire, est de courir partout à la recherche de sa balle.

« J'adore les animaux et je trouve qu'on les maltraite. C'est quelque chose que je ne suis pas capable d'endurer. [...] J'ai toujours trouvé qu'ils avaient leur place autant que l'homme. Quand on prend le temps de communiquer avec les animaux, on se rend compte que ce sont des êtres vivants, comme nous », glisse-t-elle.

Il est là, l'autre côté de la médaille du travail de Nathalie Trépanier, celui qui est moins reluisant, mais tout autant nécessaire. Plusieurs de ses oeuvres sont engagées, dénonciatrices. « Flipper, c'est le dauphin militaire. Les dauphins devraient être libres de nager où ils veulent, ils sont très intelligents. En même temps, on les dresse pour devenir des instruments de guerre », déplore-t-elle. Même la politique s'est invitée dans Les Rescapés avec cette femme sur un unicycle qui nous rappelle qu'on est en pleine période d'austérité. Son nom? Équilibre budgétaire. Mais même dans les sujets les plus sérieux, Nathalie Trépanier fait sourire. « Clown un jour, clown toujours, je suis comme ça! » assume-t-elle.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Les Rescapés

Centre culturel Yvonne L. Bombardier, Valcourt

Jusqu'au 23 août

Visite guidée avec l'artiste le 13 juin

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