Moé pis toé mis en scène

Véronique Grenier... (Imacom, René Marquis)

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Véronique Grenier

Imacom, René Marquis

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) L'aventure a débuté il y a presque deux ans. Véronique Grenier avait été invitée à venir causer au micro de l'émission radio-canadienne La Sphère. La comédienne et metteure en scène Véronick Raymond y était aussi. Elle avait aimé le coup de plume de la Sherbrookoise. Et suggérer l'idée de mettre en scène ses mots imagés.

Un premier texte de 10 minutes présenté dans le cadre du Théâtre tout court a réuni les deux femmes autour d'un même projet. Un autre a suivi. Le troisième aura plus de coffre. Le tout neuf laboratoires d'une heure regroupe différents textes signés Grenier qui seront lus par dix comédiens : un homme et neuf femmes. À partir du 13 juin et jusqu'au 21, la pièce Moé pis toé sera présentée au Festival St-Ambroise Fringe de Montréal. Gros plongeon, gros papillons dans l'estomac? Oui. Mais la glace sera déjà cassée : une avant-première sherbrookoise est à l'agenda de demain.

«Il y aura peut-être quelques textes à la main, mais je tenais absolument à cette représentation devant ceux qui ont été mes premiers lecteurs», dit l'auteure qui a tissé une trame à partir de ses différents textes.

Le point de départ est assez remuant : l'enseignante de philosophie a réuni Confettis et Su' l frigo, deux écrits à haute charge émotive. Le premier traite de ses cinq semaines passées en psychiatrie, le second énonce la liste des choses auxquelles se raccrocher lorsque les idées suicidaires se faufilent.

«C'est plutôt sombre, au début, mais il y a un tremplin vers davantage de lumière. Il est question des enfants, du réseau autour de soi et de l'aspect amoureux, bien sûr. Ça donne quelque chose d'assez universel, quelque chose qui parle à tout le monde.»

On l'a compris : le Moé pis toé doit être entendu dans son sens large, celui de la rencontre entre soi et autrui. Un autrui qui prend différents visages. Il peut être l'enfant, l'ami, le voisin, l'amant. Il est cette main tendue, cette épaule sur laquelle s'appuyer, ce regard neuf sur les choses qui nous amène à revoir le nôtre.

«Ça part de mon vécu, mais il n'y a pas beaucoup de je». Le coeur de tout ça, ce sont les relations humaines. On est dans l'HUMAIN. Avec des majuscules partout. Il y a des bouts très drôles, d'autres plus émouvants», dit celle qui se souvient d'une première lecture où les unes et les autres avaient des larmes plein les joues, du trémolo dans la voix.

«C'était particulier, tout le monde pleurait! Et c'était mes viscères qui étaient étalés là, qui étaient la source de tant d'émotions», dit celle pour qui ce passage du texte imprimé au texte incarné est un bonheur. En même temps qu'une révélation.

«Mon écriture est tellement près de l'oralité que c'est un glissement naturel. Cela dit, l'exercice lui donne une autre couleur, le texte devient autre. À partir du moment où quelqu'un le met en voix, il vit différemment. C'est fascinant. En salle, ce sera particulier parce que je verrai les gens recevoir mes textes. En direct.»

La blogueuse et chroniqueuse à La Nouvelle et à Urbania sait déjà que son joual poétique touche les coeurs. Elle sait aussi qu'il en irrite quelques-uns. Mais bon. Elle a son noyau fort de lecteurs qui la suivent. Plusieurs lui ont dit à quel point la lire leur faisait du bien. À quel point elle rejoignait leur ressenti. À quel point ils se sentaient moins seuls de savoir qu'une autre avait traversé le même épineux chemin qu'eux. C'est bien suffisant pour faire fi de ceux que son genre littéraire dérange.

«Les critiques m'atteignent, oui, mais j'assume que ce que je fais peut déplaire. J'ai déjà tenté l'exercice de traduire» un de mes textes en langage adéquat : il ne disait plus rien! Et puis, j'ai eu assez de renforcement positif, j'ai de moins en moins le syndrome de l'imposteur. J'ai confiance en mes moyens. Ma langue, je la maîtrise, mais j'ai choisi de m'amuser avec. Les gens à qui mes textes font du bien, c'est pour eux que j'écris.»

Et un peu pour elle-même aussi.

«J'ai réussi à passer par-dessus des choses parce qu'elles ont été nommées. En société, on baigne dans une obligation de perfection. Ça fait du bien de laisser tomber les masques et le paravent. D'être qui on est», dit celle pour qui les portes s'ouvrent toujours plus grandes. En plus d'un essai sur la maladie mentale qu'elle écrit pour Boréal, la Sherbrookoise pourrait bien goûter de nouveau au théâtre.

«Véronick a en tête de faire quelque chose de plus gros, après ce laboratoire. Je réalise que j'ai de plus en plus les moyens de mes idées. Je ne pensais jamais qu'avec autant de rough, j'arriverais à faire autant de beau!»

Une avant-première sherbrookoise de Moé pis toé, de Véronique Grenier, est à l'agenda demain au Collège du Mont Notre-Dame. «Je tenais absolument à cette représentation devant ceux qui ont été mes premiers lecteurs», dit l'auteure, dont la pièce sera présentée à partir du 13 juin et jusqu'au 21, au Festival St-Ambroise Fringe de Montréal.

Vous voulez y aller?

Moé pis toé

Texte de Véronique Grenier

Mise en scène de Véronick

Raymond

Vendredi, 20h

Au Collège Mont Notre- Dame de Sherbrooke 10$

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