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Le roi de la montagne présenté à Cannes

Anh Minh Truong... (Imacom, René Marquis)

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Anh Minh Truong

Imacom, René Marquis

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) C'est en regardant deux adolescents perdre leur temps sur la bute du parc de Deauville qu'Anh Minh Truong a trouvé son inspiration pour son court métrage Le roi de la montagne, sélectionné par Téléfilm Canada pour être présenté au Marché du film du festival de Cannes.

Deux adolescents qui flânent dans une banlieue en se racontant des blagues salaces, qui attendent simplement que le temps passe pendant le long congé estival; le cinéaste sherbrookois venait enfin de trouver son histoire.

«Le film raconte le vertige que l'on ressent vers 17-18 ans quand on réalise qu'on doit faire quelque chose de sa vie. En plus, souvent quand tu viens d'une petite place, tu dois quitter ta ville. C'est encore plus un saut vers l'inconnu», raconte Anh Minh Truong, qui n'hésite pas à qualifier Le roi de la montagne comme son oeuvre la plus «trash».

«Entre des gars, quand on vit une détresse, on se donne un coup de poing en se traitant de petite tapette» et c'est ce que j'ai voulu montrer dans ce film. Mais le film, c'est également ça qu'il démontre, c'est-à-dire la façon qu'ont les garçons d'exprimer leur fragilité.

«Des gars qui vivent la peur de s'émanciper, quand ça ne sait pas utiliser des mots, ça se bat et ça se traite de noms. Mais sous tout ça, il y a une profondeur, une détresse que plusieurs adolescents vivent, et c'est cette réalité que je voulais démontrer, aussi crue soit-elle, dans le langage par exemple», explique le cinéaste qui a signé le scénario du court métrage.

«Ce film-là représente une nouvelle étape dans ma carrière. J'ai fait beaucoup de films plus léchés, plus perfectionnistes. Tranquillement, je me dirige vers quelque chose de plus senti. J'ai longtemps travaillé avec un scénariste, mais là, je ressens le besoin d'écrire. Je n'ai plus le sentiment d'imposteur que j'ai longtemps eu puisque je ne viens pas du milieu littéraire. Dorénavant, je ressens le droit de parler de mes petites bibittes» , affirme Anh Minh Truong.

Tourné à l'été 2013, Le roi de la montagne a longtemps «trainé» dans les affaires du cinéaste. Un coup de fil passé au mois de mars l'a toutefois forcé à mettre la touche finale à son oeuvre.

Talent tout court

«J'ai reçu un appel pour me dire que j'étais sélectionné par Téléfilm Canada dans le cadre de Talent tout court pour que mon film soit présenté au Marché du film de Cannes qui rassemble tous les professionnels de l'industrie», indique celui qui a déjà présenté deux oeuvres à Cannes en 2005 et en 2012, dans des catégories hors concours.

L'histoire des deux adolescents lambinards a donc été présentée samedi à de nombreux travailleurs du septième art. Le Sherbrookois ne sait pas si cette vitrine lui sera utile. Il affirme toutefois que le fait d'avoir été sélectionné - avec 38 autres courts métrages canadiens - parmi plus de 350 oeuvres soumises au jury confirme enfin la valeur de son film.

«Toutes les demandes de subventions que j'ai faites ont été refusées. Je me demandais si mon film était bon... Mais de faire partie du best of de la nouvelle cuvée me rassure beaucoup», admet-il.

Cette sélection le conforte également pour son prochain projet : son premier long métrage dans lequel on retrouvera également un adolescent flâneur.

«Tout va se passer en une nuit. C'est l'histoire de trois personnages, trois hommes de générations différentes. Un adolescent, un trentenaire nouvellement père et un nouveau retraité. Mais c'est la même essence que mon court métrage», indique le cinéaste.

Correspondant lui-même à la deuxième catégorie d'hommes, Anh Minh Truong ne peut dire quand sortira son premier long métrage. Peut-être dans cinq ans, admet-il. D'ici là, vous pourriez le croiser dans un Tim Hortons, de nuit après avoir couché la marmaille, lors d'une session d'écriture. «Très loin du glamour de Cannes», rigole-t-il.

Les personnes intéressées à visionner Le roi de la montagne devront s'armer de patience puisqu'il sera présenté à Sherbrooke qu'en 2016, à l'occasion du Festival cinéma du monde de Sherbrooke.

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