De l'Ô Canada à Vigneault

Pendant 12 ans, Charles Prévost a chanté les... (Archives, La Presse)

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Pendant 12 ans, Charles Prévost a chanté les hymnes nationaux aux matchs locaux du Canadien de Montréal.

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Ancien membre des Sinners, baryton classique, chanteur de campagnes publicitaires, interprète de l'hymne national aux matchs à domicile des Canadiens... La vie professionnelle de Charles Prévost, alias Charles Linton, a été bien remplie. Aujourd'hui à la retraite, il lui reste un petit plaisir : son récital consacré à Gilles Vigneault.

«J'aimerais d'ailleurs en faire un véritable enregistrement professionnel, voire un DVD», mentionne le chanteur, qui s'emploie, avec ce concert de chambre, à faire connaître le Vigneault musicien.

«On oublie qu'en plus d'être un grand poète, Vigneault est un grand compositeur. Il n'écrit pas des textes, mais des chansons. La musique est déjà là.»

Bref, au milieu des pièces plus folkloriques du Natashquanais se trouve un répertoire idéal pour une adaptation de style mélodie française. «Dont plusieurs classiques, comme Si les bateaux, J'ai pour toi un lac, Mon pays ou Pendant que, mais aussi des moins connues, que Vigneault n'a plus chantées depuis des décennies. C'est d'ailleurs le commentaire étonné qu'il m'a fait : "Les gens vont penser que vous faites du Vigneault inédit."»

Charles Prévost a transposé ces chansons dans l'univers des Debussy, Poulenc et Fauré, sans en changer l'essence, mais sans devenir trop ampoulé non plus, insiste-t-il.

«Le commentaire que j'entends le plus souvent, c'est : "Vous nous avez fait complètement redécouvrir Vigneault."»

Son principal collaborateur dans l'aventure : le pianiste sherbrookois Francis Perron. «Je connaissais Francis depuis longtemps, dans le milieu classique, mais j'ignorais qu'il était si versé dans l'oeuvre de Vigneault. Son apport a été extraordinaire, car il me fallait un accompagnateur qui puisse aussi créer les arrangements, ce qui est plutôt rare. Nous avons complété l'harmonisation avec la violoncelliste Julie Trudeau, elle aussi de Sherbrooke.»

Afro

Charles Prévost a baigné dans la musique classique dès l'enfance. Il a d'ailleurs eu un oncle célèbre : le compositeur André Prévost (1934-2001), un des phares de la musique contemporaine canadienne. «Il était en quelque sorte le mouton noir de sa famille. Les autres sont devenus juge, avocat, médecin... C'est le seul qui a fait une carrière musicale.»

Le jeune Charles, lui, a plutôt emprunté les sentiers du rock et du yé-yé, portant alors un afro assez bouffant pour ébranler les chambranles. Avec François Guy, il fonde les Sinners. Leur plus grand succès : la version française de Penny Lane. Prévost adopte alors le pseudonyme Linton, du nom d'une rue d'Outremont, près de la maison familiale.

Après avoir quitté le groupe en 1968, Charles Linton entreprend une carrière de chanteur en publicité (il fut notamment la voix d'Esso, Molson et Ford), à la télé et au cinéma. Il collabore aussi avec Jean-Pierre Ferland. Il retourne étudier l'art lyrique au conservatoire. S'ensuit une carrière de baryton, qui le fait voir à l'Opéra de Montréal, à l'OSM et avec plusieurs autres ensembles, jusqu'en France.

«Mais cette carrière ne décollera jamais vraiment. Je n'avais pas d'agent et je suis arrivé un peu tard dans le métier.»

Froissé

En 2002, il devient la voix de l'Ô Canada au Centre Bell. Laissant sa place à Ginette Reno lors des séries éliminatoires de 2014, le chanteur ne fut jamais rappelé à l'automne.

«Ce qui m'a froissé, c'est que personne ne m'ait prévenu de la fin ni remercié pour ces douze années. Les grosses organisations sont parfois un peu inhumaines.»

Charles Prévost ne croit pas que sa participation à une publicité de Budweiser (concurrent de Molson) pendant les Olympiques de Sotchi, au moment où l'équipe de hockey canadienne battait l'équipe lettone, soit en cause. «Je n'avais signé aucun contrat d'exclusivité et la publicité ne faisait pas référence aux Canadiens. Si c'était la vraie raison, ce serait très mesquin.»

L'artiste dit qu'il n'a pas eu de deuil à faire. «J'ai plutôt demandé à mon épouse de prendre sa retraite. Nous avons vendu notre maison en ville et nous avons trouvé un coin paradisiaque à la campagne. Nous avons réinventé notre vie.»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Paysements : Prévost et Perron parcourent Gilles Vigneault

Dimanche, 15 h

Église Plymouth Trinity

Entrée : 35 $ (aînés : 30 $; étudiants : 15 $)

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