• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Un premier one-mom-show pour Émilie Ouellette 

Un premier one-mom-show pour Émilie Ouellette

Émilie Ouellette... (Imacom, Maxime Picard)

Agrandir

Émilie Ouellette

Imacom, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) En matière de distraction, un humoriste en représentation trouve rarement pire qu'une sonnerie de cellulaire qui tinte dans la rangée C ou un spectateur chaudaille qui répète ses gags comme un écho déformant. Pour Émilie Ouellette, c'est différent. C'est un bébé qui hurle de soif ou un enfant qui vient lui pétrir les fesses sur scène.

« Il y a toujours des interruptions. Un garçon qui vient t'offrir des biscuits, ça aide à aiguiser ta concentration! » constate la comique, qui présente son spectacle Accoucher de rire devant des publics composés en majorité de mères en congé de maternité et de leurs poupons, qui n'attendent pas la fin pour assouvir leurs besoins.

La diplômée de l'École nationale de l'humour roule depuis quatre ans son premier one-mom-show, un spectacle comme un journal hormonal, dans lequel elle déballe, sans orgueil mais un gros biberon d'autodérision, une foule d'anecdotes véritables - peu glorieuses mais néanmoins heureuses - de sa vie de mère. De la grossesse à l'éducation, en passant par l'accouchement, la Victoriavilloise d'origine presse la mamelle de la maternité pour en tirer tout son potentiel hilarant. Elle vient pour la première fois à Sherbrooke distraire les mères de leurs soucis de régurgit et de mauvaises nuits, avec un peu de bouffonnerie, quelques jours avant leur fête annuelle.

La maternité dédramatisée

Après l'avoir baptisé au Zoofest de Juste pour rire en 2012, puis l'avoir élevé dans des événements d'entreprises ou d'organismes périnatals - « je ne pouvais quand même pas aller tester mes jokes de vergetures et d'allaitement dans les bars! » - elle accompagne maintenant son premier rejeton humoristique, arrivé à terme, dans une tournée d'une dizaine de villes. Inspirée par le concept des ciné-bébés, la maman de trois enfants de six ans et moins prend le micro les après-midis de semaine dans des lieux adaptés pour accueillir une table à langer et permettre aux femmes de nourrir dans le confort.

« Les producteurs trouvent que mon public est trop ciblé. Oui, mais c'est un marché qui se renouvelle constamment. Il y a 80 000 naissances par année au Québec! » argue la loquace humoriste, qui mène sa carrière de A à Z, de l'écriture au booking de sa tournée.

La mission d'Émilie Ouellette, qui a d'abord étudié en travail social, est double : elle veut faire naître les rires et faire sortir de leur maison les nouvelles mamans, pour qui il peut faire grand bien d'aller respirer un autre air que celui de la poubelle à couches et de s'habiller en dur pour quelques heures.

« Ma petite dernière a 11 mois. J'ai un manque de sommeil chronique, qui affecte tout. J'ai pété une crise à mon garçon l'autre jour parce qu'il n'avait pas remis le bouchon sur le tube de dentifrice. Il y a des jours où on trouve ça tellement difficile. Mais on est tous dans le même train, et se retrouver ensemble nous rappelle que ça va finir par passer. On a besoin de socialiser et aussi de dédramatiser. Les femmes restent toujours après le spectacle pour jaser », raconte l'ancienne gagnante du Tremplin de Dégelis, qui invite des consultantes en lactation et des sages-femmes, entre autres, à être présentes pour répondre à leurs interrogations.

Allaiter en coulisse

Si elle s'adresse à des spectatrices qui profitent d'un congé parental, Émilie Ouellette, elle, a repris le travail quelques mois après avoir accouché. D'emblée, le mariage boulot-marmots ne semble pas simple quand on choisit les planches comme lieu de travail.

« Mes enfants m'ont toujours suivie, parce que c'était important pour moi de continuer à m'accomplir professionnellement. Dans les galas, il est arrivé souvent que j'allaite en coulisse, que je me tire du lait dans une régie ou que je demande à reprogrammer mon test de son parce qu'un enfant est hospitalisé pour une infection. J'ai toujours été différente, dans ce milieu, mais on a toujours bien répondu à mes demandes », fait remarquer l'humoriste, qui trouve le temps de donner des conférences sur la discipline par l'humour et démarrer une série de capsules vidéo. Son personnage de Camille, une Acadienne sans enfant qui juge toutes les mères qui lui passent sous le nez, vient d'ailleurs faire une de ses montées de lait dans le spectacle.

Malgré tout, après plus de dix ans à travailler comme scriptrice et humoriste, des oncles demandent encore à Émilie Ouellette à Noël quand sa carrière va décoller. « Au début, tu focalises là-dessus. Avec des enfants, tu relativises. J'ai l'essentiel de ce que je voulais avoir. Ça va sonner très cliché, mais la maternité a donné un sens à ma vie. »

En plus d'un sujet de gags intarissable.

Imaginez quand l'adolescence frappera...

Accoucher de rire

Émilie Ouellette

Foyer du Centre culturel de l'UdeS Jeudi, 13 h 30

Billet: 25$

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer