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Théâtre Centennial: Jim et Louise apportent leur souffle

Jim Corcoran et Louise Lecavalier... (Imacom, Jessica Garneau)

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Jim Corcoran et Louise Lecavalier

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Pour Jim Corcoran, le Théâtre Centennial, c'est carrément la découverte de la musique, alors qu'il étudiait la philosophie à l'Université Bishop's et allait voir les spectacles de Fleetwood Mac et de Chicago. Pour la danseuse Louise Lecavalier, c'est plutôt le souvenir d'une salle accueillante, qui offre, grâce à sa taille moyenne, une plus grande proximité avec le public.

Bref, les deux artistes avaient d'excellentes raisons d'accepter d'être les parrain et marraine de la campagne de sociofinancement lancée le 8 avril dernier, afin de sauver la saison 2015-2016 de la salle de spectacles. Celle-ci est menacée depuis que l'Université a décidé de suspendre sa subvention annuelle de 200 000 $.

« C'est ici, à l'Université Bishop's, que ma flamme pour la musique et la création a été attisée. Les artistes que j'y ai vus m'ont fait fleurir », a lancé le chanteur, qui a amorcé sa carrière en interprétant les chansons de Leonard Cohen, et qui, plusieurs années plus tard, se retrouvait lui-même en spectacle sur la scène du Centennial.

Pour sa part, Louise Lecavalier dit avoir accepté d'appuyer la campagne sans y réfléchir. « Pour moi, c'était une évidence. Ça me semble impossible qu'il n'y ait plus de danse ni de musique ici. Chaque salle a son importance et Sherbrooke est quand même une grosse ville. Pour nous, une salle de spectacles, c'est le lieu de rencontre avec le public! Et j'espère pouvoir venir vous présenter mon spectacle So blue! »

Différentes jauges

Louise Lecavalier se souvient plus particulièrement de son dernier passage, en février 2012. « Les billets s'étaient mieux vendus que prévu. J'ai alors vu Luce [Couture, coordonnatrice du Centennial] aller essayer les places sur les côtés, pour s'assurer que tout le monde verrait bien. Si on voyait moins bien, elle baissait le prix du billet. J'aime quand un diffuseur a conscience de ça. »

Luce Couture souligne d'ailleurs que le taux d'occupation du Théâtre Centennial est supérieur à 30 pour cent, contrairement à ce qui a déjà été dit. « C'est 30 pour cent si on prend le nombre de spectateurs pour 550 places, mais en danse, nous ne vendons jamais plus de 400 billets, sinon les gens sur les côtés ne verraient pas ce qui se déroule au fond de la scène. Pour les spectacles jeunesse, nous nous limitons à 300, 350 places maximum, pour que les enfants ne soient pas trop loin. C'est donc plus que 30 pour cent. »

Jim Corcoran a aussi ardemment défendu le droit du Théâtre Centennial de présenter des formes d'art plus audacieuses, sans se faire dire comment les rentabiliser.

« Il faut des salles pour les artistes populaires, mais elles ne peuvent pas toutes avoir la même vocation. Ce serait une grande déception de voir disparaître les salles qui encouragent l'expérimentation. En tant que spectateur, j'aime être bousculé. Jeune, j'allais toujours voir les artistes que je ne connaissais pas. Et si les jeunes musiciens sentent qu'il n'y a plus de tremplins pour l'audace, seulement pour la conformité, alors c'est un échec. »

L'objectif de la campagne est d'amasser 10 000 $ d'ici le 8 juin. Jusqu'à maintenant, 2570 $ ont été recueillis auprès de 48 donateurs (le lien pour faire un don est sur la page internet du Centennial). Quant à la pétition réclamant à l'Université Bishop's de maintenir le soutien financier pour poursuivre la programmation en 2015-2016, elle frôle les 2700 signataires.

Arts, affaires et créativité

Richard McLernon, un fidèle abonné du Centennial assistant à la rencontre de presse, a tenu à féliciter les deux porte-paroles, mais aussi à interpeller l'Université. « Le Centennial a besoin d'un soutien significatif de sa part. Le conseil d'administration devrait faire davantage et prendre position. La créativité est tout aussi importante pour les affaires que pour les arts. »

Le vice-principal Miles Turnbull, qui a pris la parole au début de la rencontre médiatique mais qui est parti tout de suite après, a plutôt pointé les coupures gouvernementales et sollicité l'appui du public.

« Les universités ont encaissé de multiples coupures, trop depuis 2012. La saison est toujours en suspens, en attendant que les sommes soient trouvées. Il y a des progrès, mais ce n'est pas encore concluant. Nous avons donc besoin de l'aide de la communauté sherbrookoise et de l'appui financier du grand public qui tient à conserver ce lieu de diffusion culturelle. »

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