L'art en guise de thérapie

La driectrice de la maison d'hébergement La Volte-Face... (La Tribune, Yanick Poisson)

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La driectrice de la maison d'hébergement La Volte-Face en compagnie de l'artiste Monique Danis

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Ça faisait plusieurs années que Kitty Kat (pseudonyme) était victime de violence conjugale lorsqu'elle a décidé, un vendredi soir d'octobre, d'en finir avec sa situation. Détruite, blessée et apeurée, elle s'est rendu à la maison d'hébergement La Volte-Face de Victoriaville où elle a trouvé la force nécessaire pour passer à travers.

Accompagnée de ses trois enfants, la jeune femme s'est présentée aux portes de l'organisme. Alors qu'elle recherchait solitude et confort, elle a découvert des lieux qui fourmillaient d'action. Femmes et enfants vaquant à leurs activités dans leur refuge temporaire, le temps de se rebâtir une confiance.

« Ce n'était pas quelque chose que je connaissais, j'étais un peu déboussolée. Pour la première fois, j'avais toute l'aide que je désirais. Je n'étais pas habituée de recevoir, d'habitude on me prenait tout », raconte Kitty Kat.

Pour être officiellement admise à La Volte-Face, la jeune mère a dû porter plainte contre son ex-conjoint, une décision difficile et lourde de conséquences, puisqu'elle devait l'envoyer directement en prison en attente d'un procès.

Kitty Kat et sa jeune famille sont demeurés deux mois dans l'établissement pour femmes battues. Deux mois à en apprendre davantage sur elle-même et sur les autres, deux mois à rebâtir sa confiance et à comprendre comment fonctionnait une véritable relation homme-femme.

« La première fois que je suis demeurée assise après le souper, ça a été une vraie thérapie. Je me sentais coupable de ne pas desservir et faire la vaisselle parce que ce n'était pas mon tour. J'avais peur de ce que les autres allaient penser », se souvient-elle.

Une exposition

Au cours de son processus de rétablissement, Kitty Kat a participé, en compagnie d'une dizaine d'autres femmes, à une série d'ateliers d'art supervisés par l'artiste centricoise Monique Danis. Ces séances se sont avérées salutaires pour elles.

« Quand je voyais de l'art abstrait, je me disais toujours qu'il suffisait de donner des pinceaux à un enfant pour en faire. En réalité, c'est tellement le plus profond de nous qui se retrouve là-dedans. La rage, la colère, la joie, tout se retrouve dans ces peintures », explique-t-elle.

Selon Mme Danis, il est rare que les femmes victimes de violence conjugale prennent du temps pour soi et ces ateliers leurs ont permis justement de prendre un peu de répit et de laisser filtrer les émotions.

« Ce n'est pas une mince affaire, la plupart de ces femmes n'ont pas approché un pinceau de leur vie. Elles ont démontré du courage en participant, il fallait qu'elles s'abandonnent », statue-t-elle.

Selon la directrice de La Volte-Face, Julie Croteau, une femme sur trois est victime de violence conjugale, laquelle se manifeste tant physiquement que psychologiquement. Le centre d'hébergement compte une cinquantaine de résidentes et autant d'enfants.

Les oeuvres de ces dix artistes - il y en a une vingtaine au total - seront exposées au Café Farniente de Victoriaville jusqu'au 30 avril.

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