En mode Tardif

Dominic Tardif... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Dominic Tardif

Imacom, Jocelyn Riendeau

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(SHERBROOKE) Dominic Tardif a une dépendance affective à l'égard du centre-ville de Sherbrooke. Il y a vécu ses plus grands moments d'ivresse - «et pas qu'alcoolisée» - comme ses «tristesses les plus abyssales». C'est pour lui redonner un peu des excès qu'il lui a soutirés qu'il animera ce soir, dans le ventre grouillant de la Wellington Nord, Le show Tardif, un talk-show dans la plus pure tradition américaine, qui aura la singularité de ne pas être diffusé à la télé et de ne pas avoir de lendemain. Du moins, pas pour l'instant. »

Les plus grandes métropoles ont leur talk-show de fin de soirée, qui ont contribué à façonner leur mythe. Je veux mythologiser Sherbrooke. Pour paraphraser Kennedy, ne vous demandez pas ce que votre ville peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre ville», déclare pompeusement le journaliste culturel, qui, à la clarté, écrit dans l'hebdomadaire La Nouvelle et parle à la radio d'ICI Radio-Canada Estrie.

L'ambitieuse idée est venue à ce couche-tard au nom prédestiné par la bouche d'un ami avec qui il sirotait une pinte, lors de l'une de ces soirées passées à traînasser dans le Centro. «Cet ami, qui vit maintenant à New York, me rapportait que la grosse mode à Brooklyn présentement était les shows live dans des bars, devant public. On s'est mis à penser qu'avec ma grande gueule, je pourrais importer le concept ici. C'était un projet farfelu, mais parfois, il faut être fidèle à la personne que l'on est à une heure du matin avec un verre dans le nez», affirme le natif de Rouyn-Noranda, transplanté à Asbestos en bas âge et enraciné dans le bitume sherbrookois depuis une dizaine d'années.

Le show Tardif lui permettra aussi d'assouvir son fantasme de se prendre pour David Letterman pour un soir. «C'est une sorte d'hommage que je lui rendrai, même s'il n'est pas au courant», poursuit l'ancien membre des Suspects de service, dont il animait les cabarets littéraires au défunt Téléphone Rouge. «J'ai aussi animé le 25e anniversaire de mariage de mes parents.»

Juste assez vache

Consommateur insatiable d'émissions de fins de soirée, Dominic Tardif se réclame plus du légendaire présentateur du Late Show de CBS que de Jimmy Fallon, «qui veut trop nous montrer qu'il est ami avec ses invités».

L'oeil taquin et l'esprit gouailleur, le bachelier en littérature de 28 ans annonce qu'il sera derrière son pupitre d'animateur comme il est à la ville et à la plume. «Avec un supplément de causticité, d'ironie et... de séduction, si cela s'y prête. Attendez-vous à des jokes vaches. Je ne serai pas aussi grinçant que David Letterman, qui est un vieux grincheux, mais je ne serai pas Josélito non plus, ce que je suis dans La Nouvelle. J'aime les talk-shows où les entrevues ne sont qu'un prétexte à déconner. Si mes invitées veulent me faire de grandes révélations, tant mieux, mais ce n'est pas l'objectif», précise celui qui, au Québec, raffole du style irrévérencieux de «l'ancienne gang du Sportnographe», la même qui se retrouve à La soirée est encore jeune à ICI Radio-Canada Première.

Collé à la forme traditionnelle, l'animateur livrera un monologue d'ouverture bien poivré avant d'accueillir ses deux invitées : la comédienne Léane Labrèche-Dor et l'entrepreneure Renelle Anctil. La Fanfare pintée, formée de huit musiciens et dirigée par Andy Bourgeois, assurera les transitions musicales. Un «correspondant sur le terrain», Simon Turcotte, rapportera également «en direct» ce qui se passe ailleurs dans la cité en ce doux vendredi soir.

Un tour et puis s'en va?

Sous ses airs confiants, le Prospecteur urbain de la matinale C'est pas trop tôt en Estrie s'avoue fébrile. La réponse «méga enthousiaste» que son show unplugged a reçue sur les réseaux sociaux dépasse ses attentes. Si la glace se casse sans trop de dégâts, la possibilité de ramener la formule de façon saisonnière sera évaluée. «Ce projet de fou prend beaucoup de temps, et nous sommes tous bénévoles. On pourra au moins dire qu'on l'a essayé.»

Et au moins une partie du mythe sera construite.

Vous voulez y aller?

Le show Tardif

Ce vendredi soir, 20 h 30

Boquébière, Sherbrooke

Invitées : Léane Labrèche-Dor et Renelle Anctil

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