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Musique au temps de la Révolution tranquille

L'équipe du film La passion d'Augustine était de... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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L'équipe du film La passion d'Augustine était de passage à Sherbrooke mercredi en prévision de la sortie du film dans les cinémas demain. Derrière : la comédienne Céline Bonnier, la réalisatrice Léa Pool, le producteur François Tremblay et, devant, la comédienne Lysandre Ménard.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Dans La passion d'Augustine, son plus récent film, Léa Pool aurait pu livrer le portrait social et historique de ce qu'ont vécu les communautés religieuses dans les années 1960, lorsque l'État leur a retiré les responsabilités de l'éducation et des soins de santé. Mais pour la cinéaste, on ne peut rendre l'image générale d'une époque sans regarder l'humanité derrière.Voilà pourquoi les bouleversements sociaux de la Révolution tranquille ne sont que la trame de fond de son long métrage, qui arrive demain dans les cinémas.

Léa Pool a plutôt mis en avant-plan l'histoire de Mère Augustine (Céline Bonnier), qui tente avec ses consoeurs (Diane Lavallée, Valérie Blais, Pierrette Robitaille, Anne-Élisabeth Bossé, Danielle Fichaud) de sauver de la fermeture son petit couvent spécialisé en études musicales. Tout ça en s'occupant de sa nièce Alice (Lysandre Ménard), une adolescente douée mais rebelle.

« Je n'ai pas connu cette époque, car je suis arrivée au Québec en 1975 », mentionne Léa Pool. « Au contraire, j'ai décidé d'étudier à l'UQAM pour l'ouverture et la liberté qu'on trouvait ici. J'avais des professeurs qui fumaient et qu'on pouvait tutoyer. On n'en était pas encore là chez moi, en Suisse. J'ai ensuite été très surprise d'entendre, par mes collègues de classe, comment ça se passait dix ans auparavant. Les changements ont été extrêmement rapides. »

Et souvent unilatéraux. Sans dénigrer les abus (et parfois les crimes) des communautés religieuses, Léa Pool a voulu apporter plus de nuances autour de ces personnes qui ont marqué l'histoire du Québec et lui ont laissé un héritage précieux. Derrière les histoires sordides, il y a une nuée de religieux et religieuses qui ont enseigné en toute bonne foi, avec dévouement.

Léa Pool a ainsi posé un regard tendre sur sa bande de bonnes soeurs. Rigueur, oui, mais pas méchanceté. Résistance au changement, oui, mais en faisant comprendre pourquoi. La scène où les soeurs quittent leur voile est d'ailleurs une des plus poignantes.

« Je tenais à ce que le tournage commence en hiver et se termine au printemps, notamment pour faire coïncider le dévoilement avec le dégel », souligne la réalisatrice.

Degré d'ouverture des yeux

Pour Céline Bonnier, le rôle de Mère Augustine était une offre surprenante. « C'est rare qu'on me propose des personnages qui ne sont ni éclatés ni extravertis. Jouer dans la retenue est très difficile. On se demande constamment si on en a fait trop ou pas assez, juste en ouvrant les yeux un peu plus grand. Mais c'était l'approche qu'il fallait. Le contexte bouillonnant de l'époque m'inspirait aussi. Je suis la plus jeune d'une famille de huit enfants qui a vécu ces changements. Disons que j'étais nostalgique par procuration. »

À noter que toutes les actrices ont joué elles-mêmes les partitions de piano, même Céline Bonnier, qui a un DEC en musique (flûte et contrebasse). « Ce fut la partie la plus difficile », confie-t-elle.

Étudiante de piano au Conservatoire, Lysandre Ménard n'avait fait qu'un peu de théâtre au secondaire. « J'ai été coachée par Danielle Fichaud. Le secret, ensuite, est de se lancer complètement sans peur du jugement, et de faire confiance à ses propres expériences. Ce tournage a été pour moi un vrai beau cadeau », dit la musicienne de 20 ans, qui ne lâchera pas le conservatoire pour autant mais aimerait bien revivre l'expérience du 7e art.

Les tournages se sont déroulés en deux lieux : à Saint-Ours, sur le bord du Richelieu (pour les extérieurs), et à Saint-Jacques-de-Montcalm (pour les intérieurs). « Pour l'anecdote, raconte Céline Bonnier, le matin du premier tournage intérieur était aussi celui du départ des cinq dernières religieuses. Ça nous est rentré dedans. »

« Ce tournage m'a fait réaliser plein de choses, notamment tout ce qu'on doit à ces personnes. Il y avait aussi des religieuses joyeuses, vivantes, avant-gardistes, avec même des pointes féministes. Je peux comprendre aussi la sévérité de certaines. Elles étaient humaines, et vivre en milieu fermé peut exacerber certaines attitudes. Mais leur intention était de transmettre la rigueur, une valeur qui se perd un peu aujourd'hui. »

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