Cendrine mène l'enquête

La Sherbrookoise Catherine Desmarais a mis à profit... (Imacom, Maxime Picard)

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La Sherbrookoise Catherine Desmarais a mis à profit sa mémoire d'éléphant et sa nostalgie de l'adolescence pour écrire son premier roman jeunesse, où la chicklit flirte avec le polar.

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Il y a réellement eu une «épidémie» d'anorexie au Collège du Sacré-Coeur dans les années 1990. La maigreur courait sous les dossards de l'équipe de basket-ball. Un spécialiste des troubles alimentaires avait même été dépêché pour enrayer la pénurie d'appétit.

Les filles s'influençaient entre elles. Solidaires, elles allaient jusqu'à se visiter à l'hôpital. C'étaient pourtant des filles belles, minces, populaires. À la limite, je trouvais ça insultant. Je me rappelle que nous suivions les événements comme un feuilleton distrayant, de façon complètement détachée, alors que c'était grave.»

Catherine Desmarais s'en souvient comme si c'était avant-hier. En fait, elle se souvient de toute son adolescence comme si c'était la semaine passée. C'était pourtant il y a vingt ans. Dans son cercle d'amies, elle est cette «fatigante» qui remâche encore chaque moindre rebondissement de 1993. «Mais je perds mes clés et j'oublie mes rendez-vous au garage!» pondère l'énergique rouquine.

Pour son premier roman, l'enseignante en littérature au Cégep de Drummondville a mis à profit sa mémoire d'éléphant et sa nostalgie des années d'intenses amitiés et de premiers partys. Le tome 1 de sa série pour adolescentes Cendrine Senterre, expédié aux librairies juste à temps pour la relâche, est calqué sur sa propre jeunesse dans le quartier nord de Sherbrooke. Son héroïne de 15 ans, qui assiste à la fonte des Girafes de sa classe tout en enquêtant sur des recruteurs qui rôderaient autour de son collège, lui ressemble beaucoup.

«Comme Cendrine, mes parents étaient pauvres à côté de ceux des autres élèves, et j'étais parfois gênée de manger mes patates pilées et mon steak haché à la cafétéria. J'ai attendu longtemps, moi aussi, avant d'avoir un chum et de devenir une femme. J'étais si petite que je portais des caleçons sous mes jeans pour faire croire que j'avais plus de formes. Elle me ressemble donc beaucoup... en plus écervelée!»

Adulte, moi?

Avec cet épisode anorexique comme point de départ, la diplômée de l'Université de Sherbrooke a écrit le livre qu'elle aurait jadis aimé ouvrir après avoir terminé ses devoirs de maths. Au secondaire, elle compulsait autant les suspenses de Mary Higgins Clark que les Marie-Lune de Dominique Demers. Intégrant cette double influence, elle a ainsi commis un polar enchâssé dans de la chicklit.

«Au-delà du genre, le ton m'apparaissait important. Je voulais de l'humour, un peu cynique. Je n'avais pas de visées pédagogiques ou moralisatrices, mais le souci de raconter une histoire de façon aussi détachée que l'on peut la vivre à cet âge. Avec cette naïveté qui nous fait croire que rien ne peut nous arriver.»

À 34 ans, Catherine Desmarais n'a pas eu de difficulté à se retremper dans cette candeur juvénile. «Même avec deux enfants, une maison et une job, je ne me sens toujours pas comme une adulte», confie l'auteure, qui a enclenché l'écriture pendant sa première grossesse et l'a accélérée pendant la grève étudiante de 2012.

Il est déjà prévu qu'un deuxième tome sortira à l'automne. Et il restera encore assez de souvenirs dans les tiroirs mentaux de cette éternelle adolescente pour en nourrir plusieurs autres...

Cendrine Senterre

T1: Pour Girafes seulement

ROMAN JEUNESSE

223 pages

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