Fabien Cloutier : ruralité universelle

Fabien Cloutier... (La Presse, Olivier Jean)

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Fabien Cloutier

La Presse, Olivier Jean

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Il est chroniqueur à Paparagilles et à l'émission Plus on est de fous, plus on lit! d'ICI Radio-Canada Première, où il s'amuse à déconstruire dictons et proverbes. Il est aussi comédien dans Les beaux malaises, où il incarne le frère de Martin Matte, privé de mémoire à court terme à la suite d'un traumatisme crânien. Mais il est surtout un gars de scène et de théâtre, auteur, comédien et conteur, qui a d'abord fait sa marque avec un spectacle portant le nom d'une municipalité estrienne : Scotstown.

Non, Fabien Cloutier n'est pas originaire du Haut-Saint-François. De son parler émane plutôt la franchise du Beauceron. Mais il a beaucoup de famille à l'ombre du mont Mégantic et y a passé assez de temps pour choisir d'y situer l'action de son spectacle, né il y a dix ans dans le cadre des Contes urbains à Montréal. Scotstown a même eu un petit frère depuis, Cranbourne, du nom d'un autre village, cette fois au pays des jarrets noirs. Mais il faut se dépêcher d'aller entendre les aventures du chum à Chabot, car l'acteur-conteur s'apprête à remiser les deux spectacles pour un bon bout.

« En fait, je prépare un nouveau spectacle pour la fin de 2015, plus près de l'humour et du stand up comic. Je donne en ce moment les dernières représentations de Scotstown et Cranbourne, mais juste avant la fin, Scotstown (qui a déjà été traduit en anglais) va vivre en allemand. J'ai été invité, en avril, à un petit festival de théâtre à Munich, consacré aux auteurs étrangers. Cette année, c'est au tour du Québec. François Archambault et moi serons les auteurs invités. »

« Ce qui me touche le plus, c'est de voir cet univers parti d'un petit village estrien voyager aujourd'hui dans le monde. C'est la preuve que le spectacle dit beaucoup plus de choses que de simples moqueries sur les gens de région. Sinon, il ne traverserait pas les frontières. »

Personnage qui grafigne

Scotstown raconte donc l'histoire du chum à Chabot, qui cherche justement Chabot. D'abord dans son village, puis dans la grande ville. En chemin, et au fil de son monologue (le spectacle est une rencontre entre le théâtre, le conte et le stand up comic), le personnage vivra toutes sortes de péripéties, qui le pousseront à remettre en question ses idéaux, sa façon de penser et de voir la vie.

« On voit évoluer le personnage sur les deux spectacles, à mesure qu'il se retrouve dans un festival de sculptures de neige, une fête d'enfants qu'il doit animer, même presque en face à face avec Satan (il y a une part de fantastique, mais cela reste une histoire très, très réaliste, ancrée dans le Québec rural et contemporain). »

Fabien Cloutier trouvait justement que ce monde où il a grandi, celui des fêtes de village, des amis de camps et de bois, n'avait pas souvent été vu sur scène. Et il n'est pas du tout question de caricature, insiste-t-il.

« C'est une crainte que quelques personnes ont eue, mais aborder une réalité régionale n'égale pas faire le procès d'une culture. Les gens comprennent très vite qu'ils sont devant un personnage. Ce n'est pas parce qu'il vient d'une région qu'il doit absolument être beau, parfait et ne rien grafigner. Les spectateurs s'aperçoivent que, malgré qu'il s'exprime d'une façon surprenante, voire choquante, le chum à Chabot est quelqu'un de très franc. C'est ce qui fait du bien. »

D'ailleurs, poursuit le comédien, ils sont nombreux, les membres du public qui, une fois la représentation terminée, confient au comédien qu'ils viennent de tel village ou lui disent qu'ils ont trouvé son portrait très fidèle.

Gâteaux Vachon

« Après quelques années à présenter Scotstown [lequel n'a pas eu de succès immédiat, il a fallu le faire mûrir quelques années avant d'obtenir une certaine reconnaissance], j'ai eu envie de reprendre le personnage un peu plus loin dans sa vie. Le chum à Chabot est un gars qui cherche le party à tout prix. Mais là, il a envie de se caser, de trouver un job et l'amour, après avoir échoué dans son village. C'est là qu'il part pour la Beauce et se trouve du travail à l'usine des gâteaux Vachon. Cranbourne est né comme ça », explique celui qui ne ferme pas la porte à l'écriture d'un troisième volet, dans l'avenir.

Difficile de présenter les deux spectacles l'un à la suite de l'autre? « C'est un bon défi. Je dois me coucher tôt la veille. »

Celui qui a passé une partie de son hiver à tourner la nuit et à l'extérieur en costumes d'époque, pour le film La dernière chasse-galerie de Jean-Philippe Duval, se réjouit de l'angle donné à son personnage du frère de Martin Matte dans les Beaux malaises.

« Ce n'est pas le handicapé de service. Il est traité avec beaucoup de respect. C'est vraiment un beau personnage, même s'il n'est pas très présent. Le plateau de tournage est vraiment super. »

Scotstown et Cranbourne

Fabien Cloutier

Samedi soir, 19 h

Théâtre Granada

Entrée : 36 $

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