N'en déplaise à PKP

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Ce fut une vitrine totalement inattendue. En une semaine, la formation québécoise Groenland est passée du statut de « groupe moyennement connu de la scène indépendante québécoise » - son premier album The Chase a atteint les 28 000 exemplaires vendus - à celui de « groupe qui s'est fait dire par PKP de chanter en français ».

« Je ne vois pas comment on pourrait avoir autant de visibilité à part d'aller à Tout le monde en parle », commente Jean-Vivier Lévesque, un des deux lobes du noyau fondateur, l'autre étant la chanteuse Sabrina Halde.

Depuis un mois, le sextuor montréalais s'est donc mis à exister aux yeux de toute une partie de la population. Mais il a aussi goûté au revers de la médaille. Certains ont défendu leur choix de chanter en anglais, d'autres l'ont dénoncé.

« Dès le départ, je sentais que tout cela ne nous concernait qu'à moitié. Je ne voulais pas vraiment entrer dans ce débat-là. Oui, on chante en anglais, et beaucoup des gens nous détestent à cause de ça. J'ai lu la chronique de Gilles Proulx, qui nous traite de colonisés presque tout le long. Mais moi, ça ne m'affecte pas vraiment. »

Ce que Jean-Vivier trouve plus dommage, ce sont les informations erronées parties en vrille dans les médias. « Certains ont écrit que nous parlions en anglais entre les chansons... Je suis loin d'être très bon en anglais, alors je ne m'infligerai pas ce supplice-là pendant nos spectacles! »

Plus intuitif que politique

Si Groenland a choisi la langue de Shakespeare, c'est que Sabrina Halde, principale auteure des textes et diplômée en chant jazz, se sentait plus à l'aise avec cette langue qu'elle a chantée pendant plusieurs années, explique Jean-Vivier.

« Notre démarche est totalement intuitive. Il n'y a rien de politique. Sabrina s'exprime comme ça et ça s'adapte parfaitement à notre musique. Si c'était moi qui chantais (je n'ai pas ce talent, je suis plutôt compositeur), ce serait en français, car j'aurais un accent terrible en anglais. »

Le musicien a une autre raison pour dormir sur ses deux oreilles : son père s'appelle Raymond Lévesque... et ce dernier vit bien avec le choix de son fils.

« Je me suis demandé au début comme il allait le prendre, mais il ne m'a rien dit de particulier. En même temps, ce n'est pas quelque chose avec laquelle je me pète les bretelles. »

Coeurs dorés pour iPad

Ironiquement, l'incident PKP survient au moment où la tournée de Groenland tire à sa fin. Sabrina et Jean-Vivier bossent déjà sur de nouvelles chansons. D'ici l'été, ils n'auront que quelques prestations, dont le concert-bénéfice pour la Petite Boîte noire, où ils ont donné un de leurs premiers spectacles en 2013. L'événement aura lieu demain soir au Théâtre Granada.

« C'est la moindre des chose, pour un groupe comme le nôtre, d'être là. Plusieurs salles en ont besoin en ce moment », commente Jean-Vivier, qui a un attachement particulier pour Sherbrooke, puisque ses deux premiers groupes, Le Citoyen et le Roi poisson, étaient issus de la filière Sherbrooklyn.

Le groupe poursuit aussi sa percée à l'international. Le soir des Oscars, Apple a diffusé une publicité pour iPad sur une narration de Martin Scorsese, avec comme trame sonore le piano de la chanson Our Hearts Like Gold. L'an dernier, la chanson Daydreaming a été utilisée par la série The Good Wife (CBS) alors que The Chase a servi à une publicité web de British Airways.

« Nous sommes encore à l'étape du défrichage à l'étranger, mais les contrats en publicité et en télévision nous permettent d'avancer. Nous retournons en Allemagne au printemps, après un premier passage en septembre dernier. Il y a de l'ouverture pour nous là-bas. Nous allons aussi en profiter pour jouer en France, en Belgique et au Royaume-Uni. »

Sauvons la Petite Boîte noire!

Avec Groenland, Blood and Glass, The Lemming Ways, Edwar , Auguste et Noem Vendredi, 20h Théâtre Granada Entrée: 22$

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