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Alain Lefèvre : quatre tours de Terre via Sherbrooke

Alain Lefèvre... (Archives, La Presse)

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Alain Lefèvre

Archives, La Presse

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) En kilométrage, il fera cette année l'équivalent de quatre fois le tour de la planète. Au moment de l'entrevue, il était d'ailleurs en Grèce, pour régler les détails de sa participation à un festival musical. Bref, la carrière d'Alain Lefèvre ne s'essouffle pas. Mais le pianiste tenait à être des festivités du 75e anniversaire de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke.

Lors de son plus récent passage en janvier 2012, il avait même déclaré au public, avec grand enthousiasme, qu'il rêvait d'un grand gala musical pour prêter main-forte à l'OSS, alors en pleine crise interne et financière. L'annulation de deux concerts, à cause de la grève au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, avait plombé le compte en banque de l'orchestre.

« Stéphane Laforest est un grand ami. Il m'avait demandé de participer. Nous avons réussi à trouver un moment et un programme pour célébrer et soutenir l'Orchestre symphonique de Sherbrooke. Je ne donnerai pas les détails (je préfère ne pas trop en parler), mais c'est une délicatesse que je fais à l'OSS. »

En 2012, Alain Lefèvre avait déclaré au public qu'il souhaitait remettre son cachet à l'OSS en guise de soutien... et qu'il tenait toujours ses promesses.

Les soucis financiers de l'orchestre se sont grandement résorbés depuis, avec notamment un record de 900 abonnés cette saison.

Pas pour l'esbroufe

La générosité d'Alain Lefèvre ne s'arrête pas là. Non seulement s'amène-t-il ce soir pour rejouer Rhapsody in Blue avec l'OSS (il l'avait déjà fait en septembre 2006) dans un concert tout Gershwin, mais il annonce aussi quelques surprises, des pièces de jazz dont il ne donne pas le titre.

Même si la plus célèbre oeuvre de Gershwin a souventes fois figuré à ses programmes de concert, l'interprète la trouve toujours aussi difficile.

« C'est une véritable succession de cadences pianistiques classiques, avec un accompagnement d'orchestre jazz. On ne peut pas s'y permettre d'être trop exagéré dans la volonté d'être jazz. Gershwin était un grand admirateur de Ravel (c'était réciproque), notamment dans son exactitude. Ce n'est donc pas une oeuvre pour faire de l'esbroufe. Ma modeste opinion est qu'il faut respecter l'écriture. »

Le concert comportera également d'autres grands classiques de Gershwin, dont l'Ouverture cubaine, An American in Paris, Lullaby et des extraits de Porgy and Bess.

Toujours Mathieu

Lors de la sortie du film L'enfant prodige sur la vie d'André Mathieu, auquel il a fortement contribué, Alain Lefèvre avait déclaré vouloir maintenant passer le flambeau et se consacrer désormais aux compositeurs québécois vivants. A-t-il réussi son pari?

« Oui et non. J'ai tenu ma promesse quant à mon travail avec François Dompierre et Walter Boudreau. Les 24 préludes de Dompierre ont attiré 6500 personnes à l'amphithéâtre de Lanaudière, du jamais vu. Quant au Concerto de l'asile de Boudreau, nous avons rempli deux fois la Place des Arts et trois fois le Grand Théâtre de Québec. Une rareté en musique contemporaine. »

« Parallèlement, j'ai ramené Mathieu là où sa carrière est née, au Carnegie Hall de New York. Mais il me reste une dernière pierre à poser : refaire la partition d'orchestre du Concerto de Québec. »

« Beaucoup d'orchestres américains veulent aujourd'hui découvrir André Mathieu, mais il faut refaire cette partition, qui n'a pas de sens. On ignore qui l'a signée et on soupçonne qu'elle a été tripotée par plusieurs personnes, dont le pianiste d'Alys Robi. Elle n'est pas en état d'être proposée à des orchestres étrangers. J'ai confié la mission à Jacques Marchand, le directeur artistique de l'Orchestre symphonique régional de l'Abitibi. Il est aussi pianiste et compositeur. »

En souvenir de Fabienne

Alain Lefèvre lancera aussi, le 17 mars, son nouvel album de compositions. Quelques artistes invités y ont contribué, dont Angèle Dubeau, Michel Donato et Léane Labrèche-Dor. Cette dernière a enregistré la chanson Au bout de mes rêves, qu'elle avait déjà chantée avec le pianiste au Théâtre Granada en avril 2004. Le texte est signé Johanne Martineau, agente et conjointe du pianiste.

« Avant son décès, Fabienne, la mère de Léane, avait manifesté le souhait d'entendre sa fille la chanter. Nous avions alors enregistré un petit démo. Dix ans plus tard, Léane a fait beaucoup de progrès. Elle a été coachée par Georges Nicholson. Nous avons donc refait l'enregistrement, avec piano, batterie et contrebasse, en mémoire de Fabienne, qui était une femme exceptionnelle. »

Baptisé Rive gauche, en souvenir d'une période sombre de la vie de l'artiste (ses années d'études à Paris), l'album s'est à nouveau fait sous le signe d'histoires d'amour et d'histoires d'amitié.

« Ce que j'assume totalement. C'est un disque surtout contemplatif. On pourrait dire que c'est celui de mes 50 ans, que j'ai eus peu après avoir commencé l'écriture. Certains hommes vivent cette étape en trouvant une conjointe 30 ans plus jeune qu'eux. Moi, ça a été de réaliser combien la vie est courte et qu'il faut profiter de chaque instant. »

Alain Lefèvre a vécu une expérience vraiment particulière l'automne dernier, alors que l'animateur Éric Salvail lui a proposé de se déguiser en itinérant, de déambuler rue Sainte-Catherine et de se mettre à jouer l'Étude révolutionnaire de Chopin sur un piano extérieur. La vidéo peut encore être vue sur la toile. « Ce fut pour moi une expérience dramatiquement intéressante. Pendant l'heure et demie du tournage, j'étais vraiment devenu invisible aux yeux des gens, comme si j'étais un fantôme. Ce fut un véritable choc! Après cette expérience, je crois plus que jamais que le monde a besoin de mettre le mode compassion en exergue. »

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Soirée Gershwin

Samedi, 20 h

Conférence pré-concert à 18 h 30

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 57 $ (aînés : 49 $)

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