Une touche de Japon au Nunavut

Bianca Gendreau... (Imacom, René Marquis)

Agrandir

Bianca Gendreau

Imacom, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Tout est de la faute de James Houston (1921-2005), un employé du gouvernement fédéral, également artiste, considéré aujourd'hui comme le «découvreur» de l'art inuit, puisqu'il a fortement contribué à faire connaître les sculptures en stéatite (pierre à savon). En échange, l'Ontarien a initié plusieurs artistes inuits à la gravure, plus particulièrement ceux de Cape Dorset, au Nunavut. Houston s'est même rendu au Japon en 1958 pour se perfectionner en estampes japonaises, transmettant ensuite ses connaissances à ses amis autochtones de l'île de Baffin. Ces derniers n'ont jamais arrêté de faire de l'estampe depuis.

C'est cette histoire que met en scène l'exposition Estampes inuites... inspiration japonaise, portant sur les débuts de la gravure dans l'Arctique canadien. Montée et mise en circulation en 2011 par le Musée canadien de l'histoire (MCH) à Gatineau, la série d'une cinquantaine d'oeuvres fait une dernière halte, cette fois au Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

«Le musée possède des milliers de ces estampes. D'ailleurs, une exposition virtuelle se trouve en permanence sur le site internet», rapporte Bianca Gendreau, conservatrice au MCH.

La plupart des oeuvres de l'exposition ont été réalisées entre 1957, année où James Houston est arrivé à Cape Dorset, et 1962. Elles illustrent essentiellement la vie et les croyances des Inuits.

«Les années 1950 représentent la période où les Inuits ont quitté leur mode de vie ancestral pour former les actuelles communautés de l'Arctique, poursuit Bianca Gendreau. L'art leur a permis de préserver la mémoire des traditions du passé.»

James Houston a même appris aux Inuits à fabriquer leur propre papier selon la technique japonaise, comme le veut cette tradition millénaire. «Les graveurs inuits se sont vraiment approprié l'estampe japonaise, précise Mme Gendreau. Ils lui ont donné une identité locale et ont développé un nouveau style d'art graphique.»

Deux lithographies célèbres

L'exposition comporte notamment deux célèbres lithographies réalisées par l'Inuite Kenojuak Ashevak (1927-2013) : Le hibou enchanté, lequel a figuré sur un timbre de la Société canadienne des postes en 1970, ainsi que L'arrivée du soleil, dont la réalisation a fait l'objet d'un court métrage de l'Office national du film, en nomination pour un Oscar en 1963. On y voit toutes les étapes de création, du dessin initial jusqu'à l'impression, en passant par le taillage de la pierre. Des générations d'enfants ont vu un extrait de ce film dans l'émission Passe-Partout.

D'authentiques estampes japonaises, celles-là mêmes qui ont inspiré les premiers graveurs inuits, de même que des créations de James Houston font partie de l'exposition. Outre la gravure sur pierre, de nombreuses pièces ont été créées à partir de plaques de linoléum (linogravure) ou de bois.

Le visiteur remarquera aussi les techniques associées (l'encre et l'aquarelle pour l'estampe japonaise, le pochoir pour les gravures inuites) ainsi que trois ou quatre oeuvres récentes, prouvant que la pratique est toujours bien vivante aujourd'hui.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer