Charles-Antoine Gosselin plonge en solo

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Charles-Antoine Gosselin

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(SHERBROOKE) Charles-Antoine Gosselin a toujours su qu'il allait un jour nager seul dans les eaux musicales et qu'il le ferait dans le maillot de sa langue maternelle. Mais il y avait toujours trop de vagues ou des bouillons d'autres raisons pour venir reporter les ambitions du chanteur de Harvest Breed. Dont le fait qu'il chantait dans Harvest Breed.

Le prolifique groupe ayant décidé de sortir du bassin et d'aller se sécher pendant un moment, une fenêtre s'est ouverte. C'était le temps de sauter.

«À 36 ans, je n'avais plus le goût de niaiser et de me poser mille questions. J'ai envie d'être un peu plus yes man, de sauter sur les occasions et de me mettre en danger. En plus, avec la pause du groupe, je n'avais plus d'excuses.»

Le Sherbrookois est donc monté sur le tremplin. De son plongeon individuel, il n'a pas atterri sur le béton. Avec ses figures folk, le barbu est plutôt tombé dans l'eau tiède de la piscine des Francouvertes, concours relevé qui a annoncé ses coureurs de 2015 hier. Ils seront 21 groupes et auteurs-compositeurs-interprètes, de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel musical québécois, à s'aligner sur les blocs de départ pour remporter la bourse de 10 000 $ et la notoriété à l'enjeu.

«J'avais envie d'aller où je n'avais jamais voulu aller. Je n'ai jamais fait de concours, mais j'avais envie d'aller voir pourquoi. L'inscription aux Francouvertes m'a forcé à écrire des chansons et à les enregistrer», explique l'auteur-compositeur-interprète, qui réside maintenant dans les Laurentides.

Chasser le naturel

Avant l'année dernière, Charles-Antoine Gosselin n'avait jamais chanté ni écrit en français. Au Café Campus de Sherbrooke, dans les années 1990, il prêtait sa voix caressante à des reprises anglophones. Dix ans plus tard, en création synchronisée avec Philippe Custeau, le guitariste se mouillait avec un premier album dans la langue de Neil Young sous le nom de Jake and the Leprechauns. En 2011, la formation devenait Harvest Breed, mais les labours indie folk se faisaient toujours dans cet idiome qui aurait suscité l'ire de Pierre-Karl Péladeau s'il avait assisté à un de ses shows.

«L'anglais, c'était mon naturel. Mes premières compositions, je les ai faites en anglais. Dans Harvest Breed, je chantais les paroles écrites par Philippe, qui est plus anglophone que francophone. Tranquillement, le français est revenu s'imposer. Au début, je me cachais derrière les métaphores. Je suis plus assumé maintenant. Les textes restent toujours mon défi, puisque je tiens à trouver la bonne expression pour être le plus clair possible. Le français me pose un autre défi dans la manière de chanter, qui est très différente», soutient celui qui a testé ses chansons d'amour dépouillées à la Petite Boîte noire l'automne dernier.

130 000 $ en prix

Entouré de son frère Marc-André (guitare électrique), de Jérôme Dupuis-Cloutier (trompette) et de Renaud Gratton (trombone), il s'élancera devant les spectateurs et le jury des Francouvertes le 23 février prochain, lors de la deuxième de sept semaines de préliminaires, au Lion d'Or de Montréal.

Plus de 130 000 $ en prix seront remis le 11 mai lors de la grande finale de cette 19e édition, dont les porte-parole sont Fanny Bloom et Keith Kouna. Damien Robitaille, La Patère rose, Bernard Adamus et Les soeurs Boulay ont tous remporté ce concours, qui se distingue par l'importance accordée au vote du public, sur place et en ligne (50 % de la note).

Qu'il gagne ou perde, Charles-Antoine Gosselin aura au moins pris la température de l'eau. Un coup trempé, il devrait avoir envie de faire quelques longueurs.

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