La valeur des années

Pauline Farrugia a mis sur pied la série... (Imacom, René Marquis)

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Pauline Farrugia a mis sur pied la série de concerts-conférences Génie en gris pour remettre en valeur les créateurs qui ont livré leurs plus belles pages durant leurs années de vieillesse.

Imacom, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sh) On a parfois l'impression, en musique classique, qu'il n'y en a que pour les jeunes prodiges : les compositeurs comme Mozart, Schubert ou Chopin, morts dans la trentaine en laissant une oeuvre monumentale, ou alors les jeunes qui égalent Paganini et Liszt à l'âge de 12 ans.

On oublie que de nombreux artistes, tels Johannes Brahms, Richard Strauss et Giuseppe Verdi, ont livré leurs plus belles pages à un âge avancé. C'est ce qui a incité Pauline Farrugia à lancer la série de concerts-conférences Génie en gris. Conseillère municipale à North Hatley, une municipalité où la moyenne d'âge est assez élevée, la musicienne pourfend les discours pro-jouvence.

« À North Hatley, certains semblent voir le manque de jeunes comme une faiblesse. Mais quel est le problème avec les vieux? Ce sont des retraités : ils ont donc du temps. Plusieurs d'entre eux étaient des professionnels et peuvent maintenant faire profiter leur communauté de leur incroyable expérience. »

La clarinettiste a donc eu envie de rappeler l'importance des créateurs à l'apogée plus tardif. Elle a donné la première conférence, en novembre, sur le génie de Brahms, puisque les dernières oeuvres du géant allemand ont été créées... pour la clarinette.

« On y entend une maturité et une introspection inaudibles dans les oeuvres de jeunesse », commente celle qui a ensuite joué le Trio opus 114 avec le violoncelliste Erich Kory et la pianiste Daniella Bernstein.La fin de la CRÉLa prochaine conférence (en anglais) aura lieu vendredi et portera sur les pianistes Arthur Rubinstein et Vladimir Horowitz. Elle sera donnée par Ross Osmun, professeur à l'Université Bishop's, qui jouera deux Chopin. Verdi (10 avril) et la chanteuse de jazz Shirley Horn (1er mai) seront à l'honneur lors des deux autres conférences en anglais.

Pour les conférences en français, les mélomanes peuvent déjà encercler les dates du 6 mars et du 5 juin. François de Médicis, de l'Université de Montréal, viendra parler de César Franck, accompagné du pianiste Tristan Longval-Gagné. La flûtiste Claire Marchand fera quant à elle découvrir James Galway et William Bennett, génies de la flûte.

Il est impératif de réserver, en téléphonant soit à l'Église unitarienne universaliste de North Hatley, soit au Centre culturel Uplands, où sont données les conférences, respectivement à 11 h et à 15 h (coût d'entrée : 12 $).

La série de conférences a été financée par la Conférence régionale des élus, qui a donné 11 000 $ à ce projet... et s'apprête à disparaître.

« C'est vraiment dommage et j'espère qu'un autre organisme prendra la relève, car une telle série ne pourrait exister sans soutien financier », conclut Pauline Farrugia.

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