Les petites colères de Korine

Pour son premier spectacle solo, Korine Côté s'arme... (IMACOM, Jessica Garneau)

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Pour son premier spectacle solo, Korine Côté s'arme de son ton cinglant pour chialer sur une foule de petites choses de la vie. Son champ de tir est aussi vaste qu'il y a d'irritants sur cette Terre.

IMACOM, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Korine Côté a grandi dans la résidence de personnes âgées tenue par sa mère infirmière. En revenant de l'école, la fille unique aidait à cuisiner le pouding au pain, jouait au toc avec les résidents et remplissait les seringues.

En toute logique, puisque nos jeux d'enfant sont censés déterminer notre choix de carrière, elle aurait dû faire médecine. Ou gérontologie. Une attestation professionnelle en cribbage, voire.

La Montréalaise s'est pourtant changée en humoriste, même si la majorité de sa famille travaille en relation d'aide. Mais la majorité de sa famille est aussi très drôle. « Ce n'est pas moi, la plus drôle de la gang! » lâche la grande brune, pas barrée à quarante, comme le dirait un vieux pensionnaire.

C'est probablement parce qu'elle a vécu cette enfance singulière, passée au foyer plus souvent qu'au parc, qu'elle a développé cet imparable sarcasme qui la définit sur scène. Et dans la vie.

« Adolescente, je n'étais pas cute, je n'étais pas bonne dans les sports et mon linge était laid. En plus, je me tenais avec des personnes âgées! Je venais d'un milieu modeste, mais j'ai toujours été capable de répondre à ceux qui se moquaient. J'étais gênée, mais ce niveau d'humour-là embarquait rapidement, et je finissais par faire rire tout le monde. J'ai été élevée avec mes trois cousins plus vieux, alors à 6 ans, je contais des jokes qui ne méritaient pas d'être contées à cet âge-là », relate l'admiratrice de François Pérusse, qui a démarré à 33 ans sa première tournée la semaine dernière.

Air bête naturel

Korine Côté, qui s'est de toute évidence embellie avec les années, a donc tricoté sa carrière avec les aiguilles de sa répartie. Dans Mon show, son spectacle mis en scène par le confrère Alexandre Barrette et produit par evenko, elle s'arme de son ton cinglant pour chialer sur une foule de petites choses de la vie. Son champ de tir est aussi vaste qu'il y a d'irritants sur cette Terre.

« Je ne suis pas une fille à thèmes. Si on me met un cadre, j'ai l'impression d'être enfermée et j'ai peur de dépasser. Je ne me suis donc pas imposé de limites, comme mon titre l'indique. Il y a la politique, à laquelle je ne touche pas, parce que je ne suis pas capable de rendre ça drôle. Sinon, je peux te parler de n'importe quoi. »

De chaque sujet dérisoire, elle fait le tour et inclut quelques détours. Elle peut, par exemple, péter une coche sur un bagel mal tartiné chez Tim Hortons pendant quatre minutes ou monologuer sur la bouteille à gros goulot de Coors Light pendant six minutes. De quoi rivaliser avec quelque octogénaire un peu gâteux...

« Je parle sec naturellement et j'ai l'air bête au repos. Quand j'ai ma face neutre, les gens pensent que je suis enragée. Je suis pourtant moins bête que j'en ai l'air. Mais il y a quand même bien des détails banals qui me font pogner les nerfs. »

Les chroniques forment l'humoriste

Sa mine renfrognée est devenue sa carte de visite à l'École nationale de l'humour, dont elle a été diplômée en 2006, en même temps que Guillaume Wagner et Simon Cohen.

« Ça m'a pris du temps avant de me décider à m'inscrire à l'École. Je manquais de confiance. Là, je commence à être mieux. »

Là, c'est où elle est rendue maintenant, après s'être endurcie dans la téléréalité Les 5 prochains, en 2011, et avoir aiguisé ses moqueries dans quelques galas d'humour et dans de multiples chroniques pour la télé et la radio, notamment à Brassard en direct et à Un gars le soir, à titre de nobody de Jean-François Mercier.

« J'adore faire des chroniques. Ça fait partie du processus. J'ai découvert Cathy Gauthier dans ses chroniques à CKOI. Je les réécoutais systématiquement sur le web et mémorisais ses répliques. Des gens me disent aujourd'hui qu'ils font la même affaire avec moi », se réjouit la gagnante de l'Olivier du numéro de l'année en 2013, grâce à son portrait des consommateurs de produits Mac.

Pour ne pas distraire les gens de ses colères, Korine Côté s'habille sobrement sur scène - jeans, t-shirt et bottes de cuir - et ne s'appuie sur aucun décor. Seul accessoire : un tabouret qu'elle a fabriqué elle-même au tour à bois, avec des bancs d'église. « J'y ai même installé un rack à gourde! » lance fièrement celle qui se destinait à devenir accessoiriste de plateau avant d'oser l'humour. Au lieu d'assembler les planches, elle monte dessus.

Sa tournée comprend une vingtaine de représentations d'ici novembre. Aucune dans une résidence pour aînés. Elle retournera peut-être un jour à son premier public. Mais pas tout de suite.

Korine Côté

6 et 7 février, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Billets : 32 $

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