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Olivier Martineau : l'humoriste qui deviendra notre ami

Nouveau venu sur la scène de l'humour québécois,... (IMACOM, Maxime Picard)

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Nouveau venu sur la scène de l'humour québécois, Olivier Martineau livre son premier spectacle solo avec beaucoup d'aisance et de professionnalisme. Il reste toutefois à créer un lien particulier avec le public. Un peu plus de 200 personnes sont allées le découvrir vendredi soir au Vieux Clocher de Magog.

IMACOM, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Magog) La seule chose qui manque au premier spectacle solo d'Olivier Martineau, c'est le temps. Temps, parfois, de reprendre sa respiration, tant le jeune humoriste mitraille les blagues à une vitesse supersonique. Mais surtout temps pour installer une relation privilégiée avec le public, qui lui permettra d'être un peu moins nerveux et de créer une réelle complicité avec la salle.

Ce n'est évidemment pas de sa faute s'il commence et ne peut encore s'appuyer sur un lien à long terme avec son auditoire. Mais il lui reste encore à apprendre comment établir un vrai contact avec l'assistance. Autrement dit, la prestation qu'il offre en ce moment est encore au stade du « il est vraiment bon », et pas encore à celui du « je l'aime, lui ».

Même si le spectacle qu'il présentait vendredi soir au Vieux Clocher de Magog (mis en scène avec beaucoup de justesse par Joseph Saint-Gelais) est déjà bien huilé et très efficace, il pèche néanmoins par un début trop raide, qui ne lui laisse justement pas le temps de faire les présentations, de dire qui il est, de faire suffisamment rire de lui avant de s'attaquer aux autres. C'est même un peu ironique de l'entendre se moquer du théâtre dans son monologue, alors qu'il n'a pas encore complètement réussi à faire tomber le quatrième mur.

Ses interventions avec le public, généralement bien envoyées, tiennent aussi majoritairement du gag bien placé que de la véritable improvisation. Il faut dire que le rythme effréné, voire olympique, de sa prestation ne lui permet pas de faire de trop longs apartés.

D'une fraise à l'autre

Mais il n'a pas à rougir du travail accompli jusqu'à maintenant. Son spectacle est fidèle à la plus pure tradition du stand-up comic, brossant sur tous les tableaux, passant du coq à l'âne en claquant des doigts, réussissant à faire des digressions aux coutures étonnamment bien camouflées (par exemple lorsqu'il passe du cabinet du dentiste à la cueillette des petits fruits).

Martineau, du reste, n'épargne personne : les vendeuses, les coiffeurs, le quatrième âge, le cinéma, sans oublier lui-même (bien qu'on ne rentre pas vraiment dans son intimité). Le nombre de flèches décochées, avec plus de pertinence que de gratuité, est même assez impressionnant. L'humoriste frappe fort, mais réussit presque toujours à obtenir l'assentiment général, notamment par la façon dont il pousse l'exagération pour faire ressortir les absurdités du monde contemporain. Il est d'ailleurs très fort dans la caricature. On retient sa serveuse qui souffle sur un café trop chaud.

Le spectacle se termine aussi brusquement qu'il a commencé, laissant encore une fois une impression plus théâtrale. Lorsque la scène deviendra véritablement le salon d'Olivier Martineau, les éléments de mise en scène trop forcés tomberont d'eux-mêmes.

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