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Les « frappes identitaires » de Chantal Lagacé

Chantal Lagacé... (La Tribune, Christine Bureau)

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Chantal Lagacé

La Tribune, Christine Bureau

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<p>Christine Bureau</p>

(Valcourt) Les villes ont toutes un visage humain. Un visage d'autant plus humain qu'il est façonné par tous ceux qui les habitent, avance Chantal Lagacé. Avec son exposition Commencer au ras du sol, l'artiste sherbrookoise fabrique une fascinante carte de visite de sa ville, comme si elle était racontée par tous ceux qui y sont passés.

Présenté au Centre Yvonne L. Bombardier, Commencer au ras du sol débute par une série d'objets trouvés dans la rue, au gré des pas de Chantal Lagacé. Les yeux se faufilant entre ses pieds et les corniches des bâtiments sherbrookois, l'artiste a arpenté la ville avant d'exposer sa « récolte ».

Au total, plus de 400 objets du quotidien, rassemblés en autant de petits sacs de plastique mis côte à côte. « Pourquoi de petits objets? Quand ils sont petits, ils prennent encore plus de valeur. Comme lorsqu'on était petit et que l'on collectionnait les petits objets; ils devenaient alors extrêmement importants », relate-t-elle.

L'exposition se poursuit avec des assemblages d'objets, entrecoupés d'images de cartes routières. On y reconnaît tantôt le centre-ville, tantôt le quartier ouest ou même l'est de Sherbrooke, la ville qui a vu naître Chantal Lagacé. Passionnée d'histoire et de patrimoine, elle y habite toujours et préfère arpenter ses plus vieux quartiers, ceux qui en ont beaucoup à raconter.

L'heure des déclics

C'est en Europe il y a plusieurs années que Chantal Lagacé a eu son premier déclic urbain, sac sur le dos. « J'ai eu un premier choc et découvrant les différences, la diversité des villes européennes. En Italie, je me suis demandé : qu'est-ce qui fait que ces villes sont italiennes? » La même question est revenue en Espagne, puis ailleurs.

Un second déclic est survenu au Québec, en 2002, alors qu'elle venait d'entreprendre un diplôme d'études supérieures spécialisées en design d'événements à Montréal. En marchant dans la ville, elle a soudainement laissé le son de ses pas l'envahir. Puis, les matériaux, les odeurs et l'architecture environnante l'ont enveloppée. Et c'est ce second déclic qui lui a donné l'envie de découvrir comment l'identité culturelle façonne les villes. Ou comment les villes portent les traces de ceux qui l'ont habitée.

Sherbrooke n'y fait pas exception. « La chose la plus fondamentale qu'on voit ici, c'est le fait anglophone qui a été suivi du suivi du fait francophone, dont le paysage est entièrement marqué », fait-elle valoir. Une réalité historique d'autant plus évidente quand on porte attention aux bouches d'égout - ou « couvercles de regard » - disséminés à travers la ville. « Cet objet a été une révélation pour moi. C'est un objet qui a plusieurs lectures ». Le choix de la langue, par exemple, ou encore le nom des fonderies qu'on y lit parfois sont de vives « frappes identitaires », estime-t-elle.

Des frappes qui trouvent d'ailleurs une large place dans Commencer au ras du sol. « Je veux faire revivre des éléments qu'on ne voit plus. Il y a toujours une couche de nous que je tends à livrer à travers eux ».

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