Les contradictions faites textiles

Les créations de Luanne Martineau dégagent beaucoup de légèreté. Probablement... (Imacom, Jessica Garneau)

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Imacom, Jessica Garneau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Les créations de Luanne Martineau dégagent beaucoup de légèreté. Probablement parce que l'exposition qu'elle présente en ce moment à la galerie Foreman est constituée essentiellement d'oeuvres en papier et en tissu, souvent de couleurs claires. Mais aussi parce que l'artiste y amalgame art moderne et artisanat, ce dernier étant très associé à la féminité.

« Il y a un certain sens de la sensibilité », confirme l'artiste originaire de Saskatoon, et qui est professeure adjointe en peinture et en dessin à l'Université Concordia. « Par exemple, on impose une sorte de ralentissement aux tissus manufacturés (comme le feutre industriel) lorsqu'on les travaille avec des techniques exigeant des habiletés manuelles. »

En fait, les contradictions et les oppositions occupent une grande part de l'oeuvre de Luanne Martineau. Parfois d'un strict point de vue plasticien, c'est-à-dire qu'elle juxtapose différents types de tissus pour en évaluer l'effet (comme l'ont fait de nombreux peintres avec les couleurs). Parfois par simple désir de créer du sens et de repousser des frontières en mariant des textures et des techniques qui pourraient sembler incompatibles.

« Par exemple, j'ai inclus des photos de mains féminines (les femmes ont perpétué l'artisanat du textile), affublées d'ongles très longs... qui nuisent à la création manuelle. »

L'exposition mélange ainsi lumière et obscurité, douceur et rugosité, abstraction et éléments figuratifs (comme des photographies).

« Même si elle a souvent des éléments figuratifs comme base, par exemple des photographies, la technique du collage offre un grand potentiel d'abstraction », souligne-t-elle comme autre paradoxe.

Luanne Martineau « cannibalise » aussi ses propres oeuvres : elle ne jette rien, les retailles ou études préparatoires d'une oeuvre pouvant très bien se retrouver au coeur de la création suivante. « C'est une pratique courante en artisanat », rappelle-t-elle.

Camouflage

Pour cette exposition, Martineau a créé une oeuvre murale de grand format intitulée Razzle Dazzle, qui rassemble en courtepointe une multitude de techniques traditionnelles d'art textile comme l'impression sur tissu, le feutre découpé, la broderie et l'applique. D'abord réalisée sous forme de collage de papier, l'oeuvre a ensuite été reproduite avec les tissus.

Pour réussir cette création qui a vu le jour sur une période de sept mois, Luanne Martineau s'est adjointe Geneviève Moisan, dont la maîtrise en arts visuels portait sur les tissus, et qui a exploré avec elle les techniques d'assemblage des différentes pièces en courtepointe. Il a aussi fallu trouver une façon d'utiliser l'impression à jet d'encre directement sur le textile.

« Le nom Razzle Dazzle fait référence à certaines techniques de camouflage durant la guerre, pour confondre l'adversaire », explique Luanne Martineau.

Ici, on peut l'interpréter comme la possibilité de voir dans l'oeuvre toutes sortes de formes et de textures, dont certaines sont trompeuses.

L'exposition comporte en tout une douzaine d'oeuvres récentes, dont plusieurs sculptures.

Luanne Martineau

Galerie d'art Foreman de l'Université Bishop's

Du mardi au samedi, de 12 h à 17 h

Les soirs de représentation au Théâtre Centennial

Entrée gratuite

Jusqu'au 14 mars

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