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Anne-Élisabeth Bossé : constante variété

Anne-Élisabeth Bossé... (La Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Anne-Élisabeth Bossé

La Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Travailleuse sociale dans 30 vies, attachante prostituée dans Série noire, chiante amie des Bobos, frustrée royale déchargeant son fiel sur les Amours imaginaires, jeune avocate dans Toute la vérité et 56 000 personnages depuis sept ans avec les Appendices. Et c'est sans compter ceux du théâtre, dont l'émotive Gwendoline de L'importance d'être Constant et toute la drôle de faune de La déprime.

Pour Anne-Élisabeh Bossé, les rôles se suivent, ne se ressemblent pas et réjouissent totalement leur interprète. Ils laissent aussi l'impression d'une carrière supersonique, ce que s'empresse de démentir la principale intéressée.

«Depuis la sortie du conservatoire, j'ai monté les marches graduellement. Certains se retrouvent immédiatement avec un premier rôle dans un film. Moi, mon nom n'était pas sur toutes les lèvres. J'ai fait du théâtre jeunesse. Ensuite, les Appendices, qui n'attiraient pas énormément de monde au début. Ensuite du théâtre adulte, puis Les amours imaginaires [un petit mais frappant rôle de soutien lui ayant valu une nomination pour un prix Genie], 30 vies, puis des choses plus grosses comme Série noire. Ça s'est passé à un super beau rythme, le temps de m'acclimater à chaque étape. Ça n'a pas été fulgurant, mais je n'ai pas eu à gagner ma vie autrement que comme comédienne», reconnaît-elle.

Elle ne peut pas dire toutefois que cela s'est mieux ni moins bien passé qu'elle le croyait. «Parce que je n'anticipais rien. Pour faire ce métier-là, il faut une part d'insouciance, car on ne sait pas de quoi demain sera fait. J'avais des objectifs, des rêves, des ambitions passionnées et non malsaines, et je trouve que la vie me les apporte doucement. Je ne me projette pas trop dans l'avenir. Je prends les choses comme elles viennent.»

Elle s'étonne d'ailleurs qu'une anecdote, qu'elle a racontée à un magazine, ait pris une telle importance. Celle d'une de ses professeures de théâtre disant aux filles de sa classe que chacune pourrait jouer les jeunes premières... sauf, peut-être, Anne-Élisabeth.

«Depuis, tout le monde m'en parle. Au fond, c'était tellement banal. Je suis sûre que cette professeure ne s'en souvient même pas. D'une certaine façon, elle avait raison. Dans ce métier, il faut se désensibiliser à ce genre de commentaire. C'est sûr que ça m'avait peinée à l'époque, mais ça me fait sourire aujourd'hui. J'ai fait tellement de choses différentes depuis... C'est quand même mystérieux, le casting. Personne ne peut prévoir qui va jouer quoi. Il y a des visages de chérubins qui font des mafiosos toute leur vie. Alors jeune ingénue ou non... Bof!»

Célèbres aphorismes

Ces jours-ci, elle reprend, pour une tournée québécoise, le rôle de Gwendoline Fairfax dans L'importance d'être Constant d'Oscar Wilde par le Théâtre du Nouveau Monde. À l'invitation du metteur en scène Yves Desgagnés, elle incarne une jeune femme courtisée par un certain Constant. Ce dernier mène une double vie et s'appelle plutôt John. Se voyant refuser la main de son prétendant, Gwendoline s'enfuira pour partir à sa poursuite... et découvrir le pot aux roses.

«J'avais déjà lu le Portrait de Dorian Grey de Wilde, un roman totalement brillant, et j'ai trouvé cette pièce super drôle. Beaucoup des aphorismes célèbres d'Oscar Wilde s'y retrouvent. Il faut d'ailleurs être assez attentif : la drôlerie réside dans les jeux d'esprit. C'est une comédie intelligente et super raffinée.»

«Mais Yves n'était pas convaincu de ma proposition de départ. Je lui ai fait une Gwendoline bouillonnante, adolescente, avec des changements d'humeur rapides, très drama queen, même si nous sommes à l'époque victorienne et que toutes les filles portent des corsets. Il a fini par abonder dans le même sens que moi : les jeunes personnages étaient moins soumis à la pression sociale et pouvaient être plus expressifs. J'étais contente. Mon instinct ne m'avait pas trompée.»

Tout de suite après L'importance d'être Constant, Anne-Élisabeth reprendra l'autobus de tournée, cette fois pour La déprime avec le Théâtre du Rideau vert (le 18 février à Sherbrooke). Elle fait partie des quatre acteurs qui incarnent, dans un étourdissant ballet, une trentaine de personnages différents et doivent procéder à de déments changements de costumes en coulisses.

«C'est le festival du velcro! C'était ce qui me stressait le plus, mais maintenant, c'est ce qui me stresse le moins. La tâche était titanesque, il a fallu répéter énormément et être très concentré, mais on s'y fait.»

Par ailleurs, les Appendices ont été renouvelés pour une huitième saison par Télé-Québec (tournage l'été prochain). Et que peut-on dire de la suite de Série noire (qu'elle tourne en ce moment), sinon que la prostituée Charlène sera de retour?

«Absolument rien! Je viens justement de recevoir un courriel de la production en ce sens. Je regrette déjà ce que j'ai dit dans une autre entrevue à la radio hier!»

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