• La Tribune > 
  • Arts 
  • > François Massicotte : à votre bon jugement 

François Massicotte : à votre bon jugement

François Massicotte ne craint pas le jugement des... (IMACOM, René Marquis)

Agrandir

François Massicotte ne craint pas le jugement des autres. Depuis deux ans, l'humoriste se place lui-même la tête sur le billot avec son spectacle qu'il présente partout au Québec.

IMACOM, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Voilà presque deux ans que François Massicotte se fait juger sur les scènes de tout le Québec. Avec bonheur et bonne humeur. En étant bon joueur. On n'intitule pas son sixième spectacle solo Jugez-moi sans y avoir pensé deux fois. On n'arrime pas son tour de piste à son quotidien sans être bien certain de pouvoir vivre avec. Ce jugement-là, pétri de rires, il vit bien avec.

L'autre jugement, celui qui arrive là où on ne l'attend pas, qui remue les certitudes et qui bouscule le coeur, il est un peu plus difficile à avaler. Quand sa conjointe et lui ont annoncé, à la fin de l'automne, qu'ils comptaient adopter une fillette vietnamienne atteinte du VIH, ils ne pensaient pas déclencher pareille tempête. La plupart ont salué le geste du couple, mais d'autres l'ont décrié. Et pas de la plus élégante façon.

«Certains ont chialé en disant que c'étaient leurs impôts qui allaient payer la médication de cette enfant-là... Qu'est-ce qu'on peut répondre à ça? Je pense que tout le monde serait mûr pour une mise au point sur le VIH. Ce n'est plus comme avant. Avec la trithérapie, les personnes atteintes ont une qualité de vie. Une espérance de vie aussi. Le VIH devient alors une condition plus qu'une maladie.»

Une condition qu'on n'a pas à cacher.

«On nous a dit que cette enfant-là serait ostracisée à cause du VIH, qu'on n'aurait pas dû en parler... Je pense, au contraire, que la transparence est la meilleure option. Sinon, l'enfant a l'impression de trimballer quelque chose de honteux.»

L'appui de Guy

François Massicotte le sait. Parce qu'il vit avec la bipolarité. Et que le tabou de la maladie mentale aurait été lourd à porter s'il avait décidé de le nimber de mystère.

«Une fois que j'ai eu le diagnostic, le premier que je suis allé voir dans le milieu artistique, c'est Guy Latraverse, mon mentor. Il m'a dit : "Ça ne se guérit pas, mais ça se soigne facilement." À partir de là, j'ai fait face.»

Il ne l'a jamais regretté. Parce qu'il a besoin de jouer franc. Dans la vie, évidemment, mais aussi sur la scène.

«Je m'inspire de mon existence, je raconte un peu ce que je vis. Tout part de là. Il faut beaucoup d'autodérision, mais c'est ce qui fait la couleur de mon spectacle.»

Un spectacle en mouvement, tout le temps.

«En deux ans, il y a des numéros que j'ai enlevés. Quand tu as moins de fun, ça paraît, c'est pesant. Au début de la tournée, par exemple, j'avais quelque chose sur la commission Charbonneau. Deux ans plus tard, ce n'est plus un thème aussi fort.»

Il faut savoir se brancher sur les sujets de l'heure. L'an passé, l'ostentatoire avait la cote.

«Cette année, ça risque d'être l'austérité!»

Gros vélo-camion monstre

Air du temps ou pas, il y a des zones où Massicotte ne va jamais. La vulgarité, ce n'est pas tellement sa tasse de thé.

«Les jokes en bas de la ceinture, ça ne me dit rien, ça me met mal à l'aise. Je trouve ça de mauvais goût. Et en humour, il faut aller vers ce qui nous correspond.»

Le numéro qu'il a toujours hâte de faire?

«Celui, niaiseux, sur ma vente-débarras. Ça me permet de jaser surconsommation, de rire de mes travers. Parce que je suis un gadgeteux fini. Je ramasse un paquet de niaiseries, je succombe facilement aux cossins.»

Sa dernière tentation, l'humoriste l'a eue au Momo Sports de Sherbrooke, devant le fat bike monster truck.

«Je n'ai pas flanché, mais wow! C'est comme un vélo de montagne d'hiver, avec des pneus gros comme ça. Quand j'ai vu ça, j'avais de nouveau 11 ans, j'avais l'impression d'être devant un BMX de luxe.»

À sa façon, Massicotte est donc un gars de bicycle. Jugez-le : il s'y attend.

VOUS VOULEZ Y ALLER

Jugez-moi

François Massicotte

Ce soir, 20 h

Centre culturel de l'Université de Sherbrooke

Entrée : 38,50 $

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer