L'herbe est verte chez Amélie Dubois

Amélie Dubois... (Imacom, Maxime Picard)

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Amélie Dubois

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Si on lui offrait de se réveiller un matin dans une autre vie que la sienne, Amélie Dubois refuserait net. Cette auteure, parmi les rares au Québec à vivre de sa plume, a trop de gratitude pour vouloir changer de draps et de destin. « J'ai atteint mon niveau de haute voltige de bonheur! » décrit la native de Danville.

Ce n'est pas le cas de Claire, l'héroïne de son nouveau roman Le gazon. À l'entrée de la quarantaine, cette mère et infirmière sherbrookoise sur le bord de la crise de nerfs est invitée à explorer ce que serait sa vie si ses choix avaient été différents. L'auteure de 33 ans, qui a vendu 225 000 exemplaires de ses dix romans féminins, n'a vraiment pas besoin d'aller jauger si l'herbe est plus verte dans la cour de sa voisine.

Entrevue avec une fille qui porte des talons hauts et du mascara allongeant mais qui pratique la méditation et le voyage sac à dos.

Dans ce nouveau livre, tu offres une dimension psychologique, voire une quête spirituelle, à ton personnage. On est assez loin de la chicklit habituelle...

Oui, j'avais envie cette fois d'intégrer un message, une réflexion à mon histoire. Je voulais aborder l'aspect du contrôle de sa vie. Claire se pose en victime de tout ce qu'elle vit, à la maison comme au travail. Mais qu'est-ce qu'on peut changer quand on est aussi insatisfaite de sa vie? J'avais aussi envie d'un personnage différent, qui ne me ressemble pas du tout. J'ai toujours écrit des aventures déjantées pour des filles extraverties, dégourdies. J'étais cette fois inspirée pour un personnage à l'opposé, qui ne dit pas ce qu'il pense. C'est un exercice que j'ai beaucoup aimé.

Pourquoi camper cette histoire à Sherbrooke, alors que tu es née à Danville et que tu habites maintenant à Montréal?

Comme mon personnage, ma marraine s'appelle Claire, vit à Sherbrooke et travaille comme infirmière au CHUS. La comparaison s'arrête là, mais j'avais envie de lui faire un clin d'oeil. J'ai fait mon cégep en sciences humaines ici, c'est une ville que je connais bien. La réalité des régions est celle que je connais et qui m'intéresse. Dans les salons du livre, les lectrices des régions me disent plus souvent qu'elles se reconnaissent dans mes personnages. Chicklit se passait en partie à Danville, la Gaspésie y était souvent évoquée, tandis que des filles de Gatineau se retrouvaient dans Ce qui se passe au congrès reste au congrès.

Tu as un rythme d'écriture très soutenu. Depuis 2011, tu as lancé deux romans par année. Comptes-tu maintenir la cadence encore longtemps?

Non, j'ai justement décidé de ralentir en 2015. Je ne publierai rien au printemps. Le prochain roman arrivera à l'automne. Je veux me laisser du temps. J'aime laisser reposer mes manuscrits, les retravailler. Bien sûr, j'ai créé des attentes auprès des lectrices, habituées à ce que je leur fournisse de nouvelles aventures, mais je dois me détacher de ça pour prendre du recul. Mon éditeur (Les Éditeurs réunis) l'a bien compris. Il est d'ailleurs toujours très compréhensif. Je ne signe jamais de contrat avant d'avoir fini mon manuscrit, pour me laisser la liberté de l'abandonner, si je le veux.

Tu as vécu une année 2014 bien remplie, avec la sortie du sixième et dernier tome de ta série Chicklit et du roman Le gazon, qui a continué de pousser dans les palmarès de ventes pendant le temps des Fêtes. Comment commenceras-tu la nouvelle année?

Je serai en voyage pendant un mois et demi en Inde. C'est la troisième fois que je visiterai ce pays. Cette fois, je vais le faire découvrir à une amie. Je voyage beaucoup, environ trois fois par année, avec mon sac à dos, et l'Inde reste mon pays préféré. J'aime être dépaysée et j'aime aussi l'aspect spirituel. Je médite chaque jour depuis cinq ans. Je lis beaucoup sur le sujet. Et je vais probablement retourner faire une retraite de méditation. Ça m'apporte un grand lâcher-prise. Je vis une paix neutre, j'ai trouvé l'équilibre.

Quels seront donc tes projets en 2015?

Je dois terminer l'écriture de Ce qui se passe à Cuba, le troisième volet de cette série. Je reviens d'ailleurs d'un voyage en tout-inclus à Varadero, où je suis allée faire de la recherche. L'été prochain, je ferai la tournée des festivals d'été, pour mon prochain roman, un manuscrit amorcé il y a deux ans et dans lequel j'ai envie de replonger. Ce sera une histoire d'amour qui se passera au Québec et au Manitoba. Il y a aussi de l'intérêt pour l'adaptation au cinéma de Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique. [En août dernier, le Fonds Harold Greenberg a financé la scénarisation du film, qui devrait être réalisé par Jean-Claude Lord.] J'aimerais aussi adapter un de mes livres pour un marché étranger. Une personne à ma maison d'édition travaille là-dessus.

AMÉLIE DUBOIS

Le gazon

ROMAN

Les Éditeurs réunis

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