Croire en ses mensonges

Dans le premier épisode, Rémi-Pierre Paquin est acculé... (Photo fournie)

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Dans le premier épisode, Rémi-Pierre Paquin est acculé à la ruine après s'être fait prendre à tricher dans des jeux-questionnaires télévisés.

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(SHERBROOKE) Joël Legendre organise des combats de chien illégaux. Julie Perreault lutte contre des esprits qui hantent sa maison. Gildor Roy est une vedette en Moldavie.

Ne cherchez pas la vérité parmi ces trois affirmations. Nous ne sommes pas à des Squelettes dans le placard, mais plutôt dans Une histoire vraie.

Tout n'est pas vrai, mais rien n'est tout faux non plus, dans cette série de documenteurs d'une demi-heure diffusée cet hiver à Télé-Québec.

Pour son premier concept télé, le Sherbrookois Marc-André Vigneault a eu envie de zigzaguer entre la réalité et la fiction, en allant planter de drôles de squelettes dans le placard de huit vedettes.

Ce diplômé en humour et en cinéma a commencé à développer l'idée de ces courts métrages confondants il y a sept ans, avec deux anciens camarades de classe (Benoît Cyr, scripteur, et Yannick Savard, réalisateur). Il avait alors envie d'écrire sa propre émission, après avoir vécu de décevantes expériences comme scripteur pour les Grandes Gueules et l'émission Qui l'eût cru, notamment. « Je suis tellement tête de cochon, je n'étais pas très agréable quand je travaillais sur les concepts des autres. J'avais envie d'un projet à moi », avoue-t-il, honnête.

L'émotion du McPoisson

Un pilote a d'abord été tourné avec Denis Houle. Le comédien derrière le M. Craquepoutte de Toc toc toc s'y guérissait d'un cancer en mangeant des McPoisson. « Notre objectif était de faire pleurer avec la ligne la plus ridicule possible. Et ça fonctionnait! Pour toute la série, on a essayé d'être dans l'humour, mais aussi dans l'émotion. C'est avec cette humanité qu'on peut aller chercher la crédibilité dans nos histoires », décrit l'auteur de 35 ans, qui vit à Montréal depuis presque vingt ans.

Parce que le budget de la série était difficile à dresser - « aucun épisode n'ayant les mêmes contraintes » -, son trio a essuyé de nombreux refus avant de réussir à vendre son idée à un producteur.

Il a fallu que la bible tombe entre les mains de Dominique Chaloult, alors directrice des programmes à Télé-Québec, pour que les choses avancent. C'est elle qui, enthousiaste, a convaincu Louis Morissette de produire la série avec sa compagnie KOTV. « Louis a tout de suite compris ce qu'on voulait faire. Il n'a pas dénaturé le projet. C'est l'avantage de faire équipe avec un producteur qui est lui-même auteur, il connaît nos préoccupations, sait comment nous prendre», estime Marc-André Vigneault, qui a fréquenté le Séminaire Salésien et l'école Montcalm avant de partir étudier dans la métropole.

Deuxième saison

Même si ce projet ajoute une couche de flou sur leur image publique, en révélant de faux potins dont se délecteraient les magazines jaunes s'ils étaient véridictes, la plupart des artistes approchés y ont sauté à pieds joints. « C'est un beau trip pour un comédien de se jouer lui-même, avec une perception complètement farfelue. Joël Legendre, par exemple, a été très ouvert, il ne voulait pas qu'on l'épargne. Chaque histoire était élaborée à partir d'un fond de vérité. Julie Perreault a réellement accouché de son fils le 11 septembre 2001, ce qui nous a inspiré une anecdote d'épouvante », explique celui qui gagne sa vie comme concepteur-rédacteur chez Cossette.

Ironiquement, le publicitaire compte notamment parmi ses clients... McDonald's, dont les McPoisson n'ont jamais sauvé personne. « Un profil comme le mien, avec des études en humour, est très recherché en agences. De la publicité, plus j'en fais, plus j'aime ça. C'est un art méconnu. »

Avant même qu'un seul épisode d'Une histoire vraie ait été diffusé, une deuxième saison a été commandée par Télé-Québec, qui la mettra en ondes en septembre 2015. « C'est un peu épeurant, parce que le laps de temps est court, mais c'est une belle nouvelle »

L'auteur rêve maintenant de ramener une sitcom sur les écrans québécois. « Et si ça peut prendre moins de sept ans pour se concrétiser, ce serait bien. »

Et il ne nous ment sûrement pas là-dessus!

Une histoire vraie

Mercredi, 19 h 30

Télé-Québec

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