Stéphane Fallu : maturité à partager

Une décennie après son premier spectacle solo, Stéphane... (IMACOM, Jocelyn Riendeau)

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Une décennie après son premier spectacle solo, Stéphane Fallu a eu envie de remonter sur les planches. Très occupé par la télévision, les spectacles privés et la paternité ces dernières années, l'humoriste se sentait prêt à témoigner sur scène de la «belle maturité» gagnée au fil des ans. En rodage depuis six mois, Fallu vient donc présenter ses nouvelles trouvailles de stand up comic à Magog.

IMACOM, Jocelyn Riendeau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Mine de rien, voilà maintenant dix ans que Stéphane Fallu n'avait pas présenté de nouveau spectacle solo au grand public. Pas qu'il se soit tourné les pouces durant toute une décennie, au contraire. Les spectacles privés n'ont jamais cessé. La radio et la télé l'ont aussi beaucoup occupé, notamment ses participations à Sucré salé, Atomes crochus et plusieurs émissions spéciales. Sans oublier Animal cherche compagnie, qu'il anime depuis l'an dernier à la chaîne Casa.

La paternité s'est aussi faufilée dans son agenda. Arthur et Simone ont maintenant 4 et 2 ans... et leurs parents n'ont pas arrêté de vivre après leur naissance, souligne-t-il.

«On voyage beaucoup avec eux. Cinq heures d'avion, faut le faire! C'est pour ça que je m'achète toujours un billet dans une autre section», largue-t-il soudainement en riant.

«Je trouve pathétiques ceux qui disent qu'un enfant, ça te change. Ben voyons : c'est un enfant! Sérieusement, oui, ça te change, mais positivement. Ma vie est plus saine. J'ai perdu du poids parce que je mange moins de scrap. J'ai maintenant des fruits dans mon assiette comme eux autres. Je joue plus dehors. Un des avantages de les avoir eus un peu plus vieux, c'est d'avoir fait tout ce que je voulais avant.»

Souvenirs d'un show mystérieux

Pourquoi un retour sur scène maintenant, alors? «Tu veux la réponse honnête? Je pourrais répondre que je me renouvelais, que je trouvais mon karma...» répond-il sur ton faussement prétentieux, en admirant ses ongles. «Je trouvais simplement que j'avais atteint une belle maturité. Et cette fois, j'avais envie de vivre à fond l'expérience du spectacle solo.»

Non pas qu'il ait été déçu de son opus 1, show sans nom qu'il qualifie aujourd'hui de «mystérieux». «Il a eu une plus belle vie à la télé que sur scène. Super Écran, Canal D et Prise 2 l'ont diffusé. J'ai quand même fait le tour du Québec, j'ai donné environ 70 représentations et j'étais satisfait, mais c'était un peu tout croche et ça n'a pas été un gros hit. Je n'ai jamais vraiment eu les chiffres (peut-être que le comptable venait du gouvernement du Québec...). Je me rends compte maintenant qu'il faut vraiment que tout soit prêt. Là, je travaille avec Avanti pour la production et c'est vraiment tripant

La belle maturité dont parle Stéphane Fallu est celle d'un homme qui analyse, regarde les gens autour de lui et se demande ce qu'il a envie d'être pour le restant de sa vie. «Je me pose plus de questions qu'avant... même si c'est parfois très drôle et très niaiseux. J'aime aussi valider avec mon entourage... puis détruire ce que tout le monde me dit, parce que tu perçois toute la malhonnêteté! Par exemple, quand les filles disent ce qu'elles cherchent réellement chez un gars, elles parlent de gentillesse, de belles valeurs... On dirait que tout le monde préfère vivre sur un nuage.»

La pression des passions

L'humoriste est particulièrement fier de son numéro sur les passions. «Aujourd'hui, on ne peut plus simplement aimer quelque chose : il faut absolument être passionné. C'est la course à toujours en faire trop. Et même quand tu es paresseux, tu t'organises pour n'avoir jamais été aussi paresseux! On ne peut pas être juste dans la moyenne? Même les compressions du gouvernement sont extrêmes. Il faut tout couper d'un coup. On n'aurait pas pu couper un peu il y a 20 ans?»

D'où le titre du spectacle, Bon deuxième, car selon sa philosophie, on n'a pas besoin d'être le premier pour être bien. «Quand tu es le premier, tu vas redescendre un jour. J'en connais qui le sont, en humour, en sport... Ils vendent des billets en tabarnouche, mais ils sont stressés, ils n'ont pas de vie. Moi, j'ai besoin d'avoir quelques samedis soir de temps à autre.»

Le culte de la performance, les conventions, les situations qui le dépassent l'ont aussi inspiré. «Par situations qui me dépassent, je pense aux gens qui prennent tout au sérieux, par exemple péter une coche parce que tu n'as pas eu ton rabais à l'épicerie. Ou alors les gens à Cuba qui mettent une serviette sur une chaise longue, puis qui partent trois jours. Disons que les névroses des gens entrent plus dans ma bulle qu'avant. Mais je m'inclus aussi là-dedans, parce que je suis un gars désorganisé, ce qui peut faire ch... les autres.»

«En même temps, ça me dépasse de savoir que des enfants ne mangent pas à leur faim alors qu'on n'a jamais eu d'aussi grosses cabanes. J'y fais allusion, mais sans devenir trop sérieux, juste assez pour faire réfléchir les gens un peu après. J'ai envie que ça soit drôle, mais pas juste cute

Avec Dominic et Martin

S'il signe 85 pour cent de ses textes, Stéphane Fallu a quand même reçu un coup de main de Sébastien Ouellet à l'écriture. Il a aussi sollicité Dominic Sillon et Martin Cloutier, le premier comme coordonnateur d'écriture, le second comme metteur en scène.

«J'ai fait leur première partie pendant un an. On travaillait ensemble avant les spectacles. Mais jamais en même temps. Chacun a sa personnalité. Martin m'a donné des conseils que je trouvais encore plus pertinents du fait que son humour est complètement différent du mien.»

«J'ai surtout essayé de faire un spectacle qui me ressemble, qui respecte ma folie et ma façon de voir les choses», ajoute-t-il pour conclure.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Bon deuxième

Stéphane Fallu

Samedi soir, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 30 $

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