Bobby Bazini: une voix pavée d'or

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Bobby Bazini

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Bobby Bazini fait mentir les statistiques. À l'heure où les albums peinent à trouver preneurs, ses disques à lui ne suivent pas les tendances de l'industrie. Ils se vendent. Bien et beaucoup. Le deuxième CD du chanteur de 25 ans, Where I Belong, a reçu cet automne la certification platine (80 000 copies vendues) au Canada, moins de six mois après avoir été lancé. Un exploit dans le contexte actuel, qui fait la vie dure aux artisans de la musique.

« En faisant le décompte, mon équipe et moi avons réalisé que ce disque-là se vend deux fois plus vite que le précédent, Better in Time, aussi certifié platine et pour lequel j'ai remporté le Félix de l'album anglophone de l'année, en 2010. Ça va bien. Vraiment bien. Les derniers mois ont été incroyables. »

Le musicien se pince presque. Et c'est en bûchant qu'il savoure son succès. Une fois le blitz d'enregistrement passé, il aurait pu avoir envie de remiser plume et papier pour se concentrer uniquement sur la scène. Prendre un temps de pause, un moment pour souffler. Il aurait pu. Mais non. Depuis qu'il a quitté le studio, après avoir mis son deuxième disque sur ruban, il écrit. Beaucoup. Et il en est le premier surpris.

« Ça m'avait pris du temps, après le premier disque, avant d'avoir du matériel pour un deuxième. Là, c'est comme si je n'avais pas eu besoin de transition. J'ai continué à composer. Ça sortait tout seul. Tellement, en fait, que j'ai presque assez de matériel pour un autre album. C'est difficile d'expliquer en quoi, mais ces chansons-là sont différentes de ce que j'ai fait auparavant. Je les avais mises de côté, puis j'ai osé les chanter à mon entourage... et les réactions ont été bonnes. Je pense que mon prochain disque permettra aux gens de voir une autre facette de moi. Et en tant qu'artiste, c'est important de toujours évoluer, d'aller ailleurs. »

Les impatients devront attendre. Ce troisième opus est loin d'être terminé. Bazini entend se donner du temps pour tout fignoler. Un an, un an et demi, minimum.

« Where I Belong est encore sur sa lancée. Je veux prendre le temps de le faire vivre, tout comme je veux prendre le temps de bien faire le prochain CD. C'est la seule avenue viable, parce que présentement, c'est difficile dans l'industrie musicale. La façon de durer, c'est de faire de bons albums. C'est l'aspect sur lequel on a de l'emprise. »

Rêver grand et beau

Prendre le temps de. Ça revient souvent, dans la conversation. Ça traduit une préoccupation réelle. Bobby Bazini voit grand et rêve beau, il ne fait pas de mystère sur la carrière internationale qu'il aimerait embrasser, lui qui a déjà mis les pieds en Europe et qui a fait une première percée aux États-Unis cet automne. Mais il a le souci de faire les choses dans l'ordre. En grimpant les marches une à une.

« Je me sens un peu étourdi, parfois, quand je regarde le chemin parcouru depuis sept ans! En même temps, je ne veux pas brûler les étapes. Il n'y a pas de rush. L'important, c'est que chaque disque et chaque tournée m'emmènent un peu plus loin. »

Sage. Très sage de la part d'un musicien qui s'est vite retrouvé propulsé dans les hautes sphères de la chanson québécoise. Découvert dans son Mont-Laurier natal alors qu'il n'avait que 18 ans, il a fait forte impression avec son grain de voix à nul autre pareil, ce grain de voix dont on lui parle souvent.

« Je ne sais jamais trop quoi répondre quand les gens me demandent d'où ça sort. Lorsque je chante, je suis tout à fait à l'aise, je me sens complètement en contrôle. Ma voix, c'est mon instrument. Au début, c'était plus dur, j'apprenais à la moduler. Mais plus les années passent, plus je découvre tout ce que je peux faire de ma voix. Quant au soul qui m'habite, ça paraît étrange, mais c'est naturel. C'est un beau cadeau. Honnêtement, j'ai cherché longtemps quoi faire dans la vie. En découvrant ma voix, j'ai trouvé ma voie. »

Une voie qui semble pavée d'or et d'étoiles, mais sur laquelle il y a quand même eu un peu de poussière à tasser : « Quand ça marche, il y a de l'argent qui rentre. Et ce n'est pas tout le monde qui réagit de la même façon... Je me suis fait un peu avoir par certaines personnes, j'ai perdu des sous. Mais j'ai appris. Maintenant, je sais à qui je peux faire confiance et j'ai toujours un oeil sur mes affaires, ce que je ne faisais pas au départ. Dans le fond, tout ça m'a peut-être rendu service pour l'avenir. »

Le rêve californien

L'enregistrement de la deuxième galette signée Bazini a été, en soi, un formidable rêve. À l'invitation du réalisateur Larry Klein, le chanteur québécois a mis le cap sur la Californie. En voiture. La traversée a été heureuse. Initiatique, presque.

« Je ne pensais pas vivre ça si jeune! Ce fut une superbe expérience. Et une fois là-bas, c'était vraiment cool. Je pense que la Californie est l'endroit idéal. Pas juste pour enregistrer un disque, mais aussi pour vivre. À cause de la mer, d'abord. Parce que j'adore la mer. Il y a aussi que là-bas, tout le monde est détendu. Il y a ce rythme de vie heureux dans lequel on se trouve vite confortable. »

Cet esprit-là, Bazini a voulu le transposer sur scène.

« Le studio était uniquement éclairé aux chandelles, il y avait beaucoup de tapis, on s'y sentait chez nous. Cette ambiance très feutrée, j'avais envie que le spectacle en soit teinté. Il n'y a pas de gros concept, ça reste simple comme l'est l'album, mais c'est chaleureux. On est huit sur scène. On interprète plusieurs chansons du deuxième disque, tout en revisitant le premier et en faisant quelques reprises. »

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