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Les souvenirs de Paul, la maison de Jules

L'illustrateur Paul Martin n'a vécu que six ans à Sherbrooke, mais ces six... (Photo fournie)

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) L'illustrateur Paul Martin n'a vécu que six ans à Sherbrooke, mais ces six années ont laissé une empreinte forte dans son imaginaire. Lorsqu'est venu le temps d'écrire le deuxième album de sa série Jules, il a replongé dans ses souvenirs pour raconter comment, enfant, il avait vécu son déménagement dans les Cantons-de-l'Est.

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Paul Martin

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« On habitait Ste-Foy, dans une maison pratiquement neuve, lorsque mon père a obtenu son poste de recteur à l'Université de Sherbrooke. Ma mère nous a montré une photo de la nouvelle demeure où nous allions vivre. Elle était immense, vraiment impressionnante, avec sa tour, ses trois étages, sa façade de briques rouges. Nous sommes six enfants, dans la famille, et tous, nous avons été fascinés par cette maison-là. Elle était pleine de racoins et de moulures, elle avait deux escaliers, des vitraux, des sculptures. »

Cette maison-là, c'est l'ancestrale résidence qui trône au coin des rues Dominion et London, et dans laquelle la famille Martin a vécu entre 1975 et 1981.

« Elle a malheureusement brûlé il y a tout près de 10 ans. Les propriétaires actuels l'ont reconstruite en respectant l'esprit qu'elle avait, dans la mesure du possible. Lorsque nous l'habitions, elle comptait 14 pièces, sans compter la cave. Elle avait son propre code postal, unique à elle, en plus d'avoir deux adresses civiques, l'une sur London, l'autre sur Dominion. C'est James Keith Edwards, un riche homme d'affaires qui a été maire de Sherbrooke, qui l'avait fait construire, au début des années 1900. C'était un inventeur, un homme fascinant. »

Dans l'écurie adjacente à la maison, les enfants Martin avaient d'ailleurs retrouvé une des inventions du premier propriétaire des lieux : une intrigante « machine à mouiller les timbres ».

« On avait aussi découvert des costumes et des photos datant des années dix et vingt. On y voyait la maison, alors. Comme c'était un homme qui voyageait beaucoup, Edwards avait décoré chaque pièce selon un thème. Il y avait une chambre asiatique, une autre africaine, par exemple. »

Dans une pièce désaffectée, la marmaille avait fait ses quartiers et aménagé un « studio de BD ». C'est là que Paul Martin a fait ses premières esquisses, là qu'il a imaginé ses premières histoires, là qu'il a laissé son imaginaire prendre son envol.

Aujourd'hui directeur artistique à l'Agence métropolitaine de transport, le Montréalais a créé le personnage de Jules avec le goût de lui faire vivre plusieurs aventures.

« L'idée, c'est de faire une série d'albums dans lesquels Jules trouve dans son imaginaire des solutions à ses problèmes. Je ne prétends pas régler de problème, je ne veux pas être prêchi-prêcha, mais j'espère donner des outils pour favoriser la discussion, la compréhension. Pour ce deuxième livre, j'ai choisi d'explorer le sentiment anxiogène que peuvent ressentir les enfants lors d'un déménagement. Jules imagine ce que sera sa nouvelle maison et ça lui fait peur. La réalité est cependant beaucoup plus positive que ce qu'il avait anticipé. . »

Au coeur du quartier Nord, à l'ombre des arbres immenses, Jules rencontre notamment Minh Thu, une petite fille asiatique qui lui tend la main.

« Minh Thu vient de loin. Elle comprend ce qu'il traverse, elle lui offre son amitié. Pour moi, c'est un clin d'oeil aux boat people qui sont arrivés à Sherbrooke à la fin des années 70. Je les ai côtoyés, c'était mon premier contact avec le multiculturalisme. »

La maison dans laquelle Jules emménage ressemble évidemment beaucoup, beaucoup à celle où le créateur a passé son enfance sherbrookoise.

« J'ai dû imaginer certains détails, mais j'ai tenté de respecter l'esprit de notre ancienne demeure. »

Le prochain tome des aventures de Jules est presque terminé. L'auteur-illustrateur y aborde le thème de la peur et de l'intimidation. D'autres projets sont aussi sur sa table à dessin.

« J'ai plusieurs idées. Le décor qui me vient spontanément, quand j'imagine mes personnages, c'est celui du quartier nord. Il n'y a pas de bâtiment précis, mais je pense aux rue Québec, Dominion, Portland, ce coin-là. »

Comme quoi raconter l'enfance, c'est aussi, un peu, replonger dans la sienne.

VOUS VOULEZ LIRE?

Paul Martin

La maison de Jules

Jeunesse

Bayard Canada

Pour en savoir plus : http//luniversdejules.com

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