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Andrée A. Michaud reçoit un 2e Prix du GG

Andrée A. Michaud... (Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Andrée A. Michaud

Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse

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Laura Martin
La Tribune

(SHERBROOKE) Gagner un Prix littéraire du Gouverneur général est déjà un événement grandiose dans la vie d'un écrivain. En gagner un deuxième s'avère un fait d'armes exceptionnel, réservé à un club sélect de plumes. L'Estrienne Andrée A. Michaud en porte maintenant le badge.

Treize ans après avoir découvert le bon goût de ce prestigieux honneur avec Le ravissement, l'auteure de Saint-Sébastien-de-Frontenac, près de Lac-Mégantic, le retrouve aujourd'hui grâce à Bondrée, sacré meilleur roman canadien en langue française par le Conseil des arts du Canada. L'annonce des gagnants a été faite à Ottawa mardi matin.

«Cela fait énormément plaisir et donne le goût de poursuivre dans l'écriture. Le métier d'écrivain n'en est pas un facile, surtout quand on ne fait que ça, alors ça donne un élan», constate la lauréate, qui installe, dans son dixième roman, une intrigue sur la mort de deux adolescentes dans un repaire d'estivants situé à la frontière entre la Beauce et le Maine, à l'été 1967.

Au-delà d'un encouragement personnel, Andrée A. Michaud perçoit dans ce couronnement un éloquent symbole d'ouverture à l'égard du polar, un genre dénigré par tradition dans les hautes sphères littéraires. «Les préjugés tendent à se défaire. Que le jury ait choisi un polar - même si Bondrée contient beaucoup d'éléments qui excèdent la définition du genre - est un signe que les esprits s'ouvrent et la preuve qu'un roman de ce genre peut posséder des qualités littéraires. Plusieurs auteurs de polars - et j'en lis beaucoup - font un travail d'écriture remarquable», estime l'auteure, qui aborde avec subtilité les différences et les ressemblances culturelles entre francophones et anglophones dans ce roman paru le printemps dernier.

Habitée par la région

Dernier tome de sa «trilogie étasunienne» (après Mirror Lake et Lazy Bird) publiée chez Québec Amérique, Bondrée a remporté le prix Saint-Pacôme du roman policier et est finaliste pour le Prix littéraire des collégiens.

En toute logique, son auteure, aussi réviseuse linguistique, devrait être une star de la littérature québécoise; pourtant, son nom demeure méconnu.

Née à Saint-Sébastien, Andrée A. Michaud est revenue habiter le Granit il y a deux ans, après avoir longtemps vécu à la ville. «Les bois et les champs me manquaient.»

Bondrée, comme l'ensemble de son travail, est d'ailleurs inspiré par cette région, «ses paysages, sa géographie, son climat». «Ce n'est pas toujours dit clairement, mais moi, je le sais», dit celle qui prête son prénom à sa narratrice et son nom de famille à l'enquêteur, en guise de clin d'oeil, «pour rappeler que l'écrivain se trouve toujours derrière chacun de ses personnages».

Si les lieux de son enfance s'incrustent dans son oeuvre, la disparition d'enfants est un élément tout aussi récurrent. Le ravissement, «un protopolar» dans lequel elle explorait les codes du genre, traitait de l'enlèvement de deux fillettes. Rivière-Tremblante (2010), de celui d'une fille et d'un garçon. À Bondrée (une déformation de Boundary Pond, ce no man's land encerclé de chalets), ce sont les inséparables Zaza et Sissy que la forêt choisit de voler. «Des choses nous obsèdent, parfois, sans qu'on sache pourquoi. Je n'ai jamais connu un tel drame, mais je peux concevoir que la perte d'un enfant soit la pire chose qui puisse arriver à un humain», estime l'écrivaine qui n'a pas d'enfant, «mais une flopée de neveux et nièces. Et des chats aussi!»

Bien qu'aucune offre ne lui soit parvenue, Andrée A. Michaud est certaine que Bondrée ferait un bon sujet de film. L'adaptation de Mirror Lake au cinéma par Érik Canuel, en 2013, ne l'a pas échaudée, même si elle avait été esquintée par la critique; «des critiques injustes, parce que Lac Mystère n'était pas un mauvais film», selon l'auteure.

Pour toute la durée de novembre, l'heureuse lauréate met sur la glace l'écriture de son prochain livre, le temps de répondre aux sollicitations qui découleront de ce prix et de participer au Salon du livre de Montréal cette semaine. La file de lecteurs devant sa table pourrait être un peu plus longue qu'à l'habitude...

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